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Soupçons de viol collectif à l’InterContinental Moorea : Vahine Orama et l’UFFO apportent leur soutien à la victime présumée

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Dans la grève à l’hôtel InterContinental de Moorea, la première revendication est la réintégration de 4 hommes mis à pied par la direction, après qu’une employée a déposé une plainte pour viol en réunion, alors même que l’enquête de gendarmerie n’est pas encore terminée. L’association Vahine Orama de Moorea, qui a pris en charge la jeune femme, se déclare « tout à fait persuadée » qu’elle a subi de graves violences et s’interroge sur l’attitude du syndicat.

À Moorea le syndicat O Oe To Oe Rima réclame la fin de la mise à pied de quatre employés de cuisine, qu’une collègue de 24 ans accuse de l’avoir violée dans une chambre froide de l’hôtel Intercontinental. Des faits qui remonteraient à quatre ou cinq mois, mais qui n’auraient été connus que fin juillet, selon Lolita Sam Yiou, secrétaire de Vahine Orama Moorea qui a pris en charge le cas de la jeune femme.

Selon l’association qui a rencontré la jeune femme et son mari, elle était déjà victime de harcèlement avant le viol qu’elle dénonce; elle aurait ensuite subi des menaces de son entourage pour ne pas ébruiter l’affaire, et se serait réfugiée dans l’alcool. Refusant de retourner travailler, elle finira par raconter à son mari, lui aussi employé à l’hôtel, ce qu’elle a vécu.

Et c’est son mari qui l’aurait persuadée d’aller trouver la direction. Un long entretien qui laissera le directeur de l’InterContinental de Moorea convaincu qu’il s’est bien passé quelque chose de grave dans la chambre froide. Grâce à lui et à son mari, la jeune femme trouve le courage de porter plainte à la gendarmerie.

Le jour même, la direction informe le CHSCT (comité d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail) de l’hôtel, et les quatre hommes sont mis à pied. Ils portent plainte à leur tour contre la jeune femme, pour diffamation. Le lendemain,  O Oe To Oe Rima dépose un préavis de grève dont la première revendication est la réintégration des quatre employés désignés par la jeune femme.  Mais pour la direction, cette mesure conservatoire est inévitable : « Par rapport à la gravité des faits, il n’y a pas d’autres options, on ne peut pas rester sans rien faire,  dit Guillaume Epinette, le directeur général des hôtels InterContinental. Nous, on doit prendre des décisions pour assurer la sécurité du reste de l’équipe, et même celle des gens mis en cause. On ne peut pas les laisser cohabiter tous ensemble. » À noter que cette mesure ne peut se prolonger au-delà de vendredi 6 septembre.

La jeune femme, déjà fragilisée, aurait été très choquée par le soutien apporté à ses agresseurs présumés par le syndicat O Oe To Oe Rima, notamment les femmes grévistes. Elle aurait tenté de mettre fin à ses jours, avant d’accepter de faire un séjour à Jean Prince, où elle est traitée pour « dépression sévère » depuis vendredi. Lolita Sam Yiou lui a rendu visite ce mardi. Elle est « tout à fait persuadée » que la jeune femme a été victime de violences sexuelles.

Lolita Sam Yiou est choquée par l’attitude du syndicat. « Est-ce que c’est ça, leur défense ? Essayer de soustraire ces gars de la procédure prévue par la loi ? » 

Vahine Orama a fourni un avocat à la jeune femme. Dans un communiqué diffusé ce mardi l’association qualifie de « scandaleuse » « la réaction des syndicats, qui tentent d’instrumentaliser ce crime présumé à leur profit et au détriment de la jeune femme », une instrumentalisation qui a pour but « de taire ou de banaliser ces violences perpétrées contre nos vahine ».

L’Union des femmes francophones d’Océanie a elle aussi diffusé un communiqué, qui « dénonce le mélange entre des revendications salariales légales sur les conditions de travail et des pressions inadmissibles pour faire disparaître une mesure de protection légale normale lorsque l’on suspecte des faits gravissimes. (…) Nous apportons tout notre soutien à cette jeune femme et à son entourage Nous souhaitons que toute la vérité sorte sur cette affaire. Nous exhortons les organisations du monde du travail à agir, et encourageons les femmes victimes à parler pour que le silence ne règne plus.»

Le communiqué de presse de Vahine Orama :

Le communiqué de presse de l’UFFO :

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2 Commentaires

  1. DEMANGE
    4 septembre 2019 à 6h14 — Répondre

    La direction a bien fait de suspendre les 4 employés.

  2. simone grand
    4 septembre 2019 à 7h25 — Répondre

    Ahurissant syndicat

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