EMISSIONSL'édito d'Alexandre Taliercio

Suffit-il de ne manquer de rien pour être heureux ? – EDITO 15/06/2016

En 1996 je passais mon BAC L. Et la semaine dernière c’était le tour de la promo 2016. J’ai eu la curiosité de chercher quels avaient été les sujets de Philosophie qui leur avaient été proposés. Je n’ai pas été déçu. C’est marrant je me sens beaucoup plus inspiré aujourd’hui que lorsque je devais plancher à l’époque.

En dehors de l’explication de texte de ALAIN il y avait deux sujets de dissertation au choix : « La politique est-elle une science ? », et l’autre : « Suffit-il de ne manquer de rien pour être heureux ? ». Je vais mettre de côté pour le moment le premier et m’arrêter aujourd’hui sur le second.

On pourrait se dire que c’est un grand oui qu’il faudrait avoir en tête d’entrée de jeu à la question de savoir s’il suffit de ne manquer de rien pour être heureux. Mais ce serait partir du postulat que le fait de posséder permet systématiquement d’être satisfait. Et c’est faux. Mon expérience, mes rencontres, me font me dire que ce n’est pas aussi simple. J’ai déjà vu des milliardaires qui avaient tout ce qu’ils voulaient, quand ils le voulaient, mais qui en fait s’ennuyaient comme des rats morts.

L’être humain est ainsi fait qu’il prend semble-t-il plus de plaisir à trouver et déployer les moyens lui permettant d’obtenir ce qu’il veut à termes, que lorsque sa quête est terminée. Ce n’est pas le tout d’avoir, je dirais qu’il faut savoir avoir. Savoir posséder, savoir utiliser ce qu’on est parvenu à obtenir pour être pleinement heureux. Oui, c’est aussi une question d’éducation. Ces nouveaux riches qui du jour au lendemain peuvent tout acheter, et ne savent pas en profiter, et finissent par tout gaspiller, ils ne sont pas heureux bien longtemps dans l’absolu. Avoir le sens des responsabilités c’est déjà un pas de plus vers la plénitude potentielle.

Manquer de quelque chose de vital c’est moche. Pa exemple crever de faim en 2016 c’est la preuve honteuse que quelque chose a mal tourné dans l’évolution à deux vitesses de notre civilisation. Ainsi, en effet, pouvoir manger à sa faim, se soigner, se loger, aimer qui l’on veut et éventuellement engendrer la vie forment le pré carré humain idéal a minima. L’on devrait donc être heureux à partir du moment où l’on a déjà ça. Mais ce serait faire fi de la société de consommation dans laquelle nous évoluons, de ces besoins à la fois abstraits et abscons que l’on se créée.

Cependant être suffisamment sage pour savoir se contenter de peu, ce n’est pas donné à tout le monde.  Pour être heureux peut-être faut-il posséder … la capacité à prendre la vie, avec philosophie.

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