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Suisse: vers un oui à la naturalisation des petits-enfants d'immigrés

Genève (AFP) – Une des deux conditions pour le succès du référendum suisse visant à simplifier la procédure de naturalisation des petits-enfants d’immigrés est remplie, selon les premiers chiffres publiés dimanche par l’institut gfs.bern.

59% des Suisses auraient dit oui à la proposition du gouvernement, après une campagne marquée par les propos antimusulmans de la droite populiste.

Pour être accepté définitivement, cet arrêté fédéral doit aussi recueillir la majorité des 26 cantons composant la Suisse.

D’après les premiers résultats, plus de 10 cantons ont pour l’instant dit oui, dont Zurich, Genève, Bâle, le Valais, Vaud et les Grisons. Les activités de dépouillement sont encore en cours dans d’autres cantons.

Le projet du gouvernement vise seulement à accélérer la procédure d’attribution de la nationalité suisse aux petits-enfants d’immigrés. Il exclut toute acquisition automatique de la nationalité.

Au cours des dix prochaines années, quelque 2.300 jeunes de la « 3e génération » pourraient bénéficier chaque année de la « naturalisation facilitée », une procédure plus rapide et moins coûteuse, selon le gouvernement. Actuellement, quelque 25.000 petits-enfants d’immigrés, en majorité originaires d’Italie, mais aussi de Turquie et des Balkans, remplissent les critières.

Une majorité du Parlement a soutenu le projet. Mais l’UDC (Union démocratique du centre, parti disposant du plus grand nombre de députés à la Chambre basse) a mis en garde les Suisses contre « la surpopulation étrangère et l’augmentation massive notamment du nombre de musulmans ».

« Dans une, dans deux générations, qui seront-ils, ces étrangers de la 3e génération? Ils ne seront plus guère italiens, ni espagnols, ni portugais », a expliqué avant le vote le député UDC Jean-Luc Addor, également coprésident du comité contre la naturalisation forcée.

Ce comité a collé devant les gares et les endroits fréquentés des villes une affiche montrant une femme vêtue du niqab (voile intégral qui ne laisse voir que les yeux) avec ce slogan: « Naturalisations incontrôlées? NON ».

– ‘Leur patrie est la Suisse’ –

En 2004, les Suisses avaient refusé la naturalisation automatique à la naissance pour la troisième génération et la naturalisation facilitée pour la deuxième génération.

Les derniers sondages publiés début février avaient indiqué que le « oui » l’emporterait cette fois.

Toutefois, les surprises électorales ne sont jamais exclues en Suisse. En 2009, les sondages avaient échoué à prédire l’acceptation de la proposition de l’UDC d’interdire la construction de minarets en Suisse.

Pour le gouvernement, « ces jeunes étrangers ont passé toute leur vie en Suisse et doivent donc pouvoir acquérir plus facilement la nationalité »: « leur patrie est la Suisse ».

Si la mesure est acceptée, les conditions de naturalisation resteront inchangées: le candidat doit maîtriser une des quatre langues nationales (allemand, italien, français et romanche) et respecter les lois et les valeurs fondamentales de la Constitution.

Le candidat doit être né en Suisse et y avoir fréquenté l’école pendant au moins cinq ans, être âgé de 25 ans au maximum. L’un de ses deux parents doit en outre avoir vécu 10 ans en Suisse et y avoir fréquenté l’école pendant au moins cinq ans. Enfin, un de ses grands-parents doit avoir eu un permis de séjour en Suisse ou y être né.

La limite de candidature fixée à 25 ans coïncide avec l’âge au-delà duquel un Suisse échappe au service militaire obligatoire.

Vue sur le lac Léman, le 22 novembre 2015. © AFP

© AFP/Archives FABRICE COFFRINI
Vue sur le lac Léman, le 22 novembre 2015

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