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Syndicats/politique : mais dîtes moi pas que c’est pas vrai ! – Edito 21/03/2018

On vit dans un pays formidable, où plus rien ne nous étonne. Si à chaque jour semble suffire sa peine celle qui nous a été infligée hier a été de donner à la Polynésie française les aspects d’un pays du tiers monde aux relents communistes dans tout ce qu’il a de plus laid, époque 1917 en Russie.

L’intersyndicale à l’origine de la grève générale autour de la réforme de la PSG s’est donc positionnée politiquement pour les futures territoriales en appelant à censurer le parti majoritaire, et l’un de ses membres a même indiqué soutenir un parti en particulier. La politisation syndicale existe dans ce genre de formes encore actuellement précisément dans tous des pays où la masse populaire est la moins éclairée et où elle se fait manipuler par quelques individus à l’intellect qui se veut au-dessus du lot. Il n’est pas garanti que ce soit le cas partout … Sauf que les salariés au Fenua ne sont pas censés être des moutons de Panurge, la situation est donc d’autant plus hallucinante d’énormité quand ça se passe chez nous.

Le timing de cette annonce est en lui-même aberrant. On sort à peine d’une crise où le gouvernement a littéralement lâché l’affaire pour que ça se calme, disant que sans pouvoir le prouver il estimait que la grève était politiquement manipulée. Les réactions à cette affirmation : totalement scandalisées. Comment osait-on soupçonner cela ? Cette annonce, maintenant, est à double tranchant et ressemble à une balle que l’on se tire dans le pied et dans celui de ceux que l’on inclut aux yeux de tous dans l’équation. Comment continuer de donner du crédit en leur bonne foi quand tout porte à croire que des masques sont tombés ? Il est toujours possible de laisser le bénéfice du doute au parti orange, mais dans les faits la posture que tient le leader de l’intersyndicale le discrédite au plus mauvais moment en laissant penser que toutes les indignités sont autorisées pour parvenir à ses fins. C’est un cadeau empoisonné.

Travailleurs, travailleuses, vous êtes-vous faits berner ? Ceux qui se disaient vos défenseurs étaient-ils en fait en service commandé ? L’actualité est chargée d’éléments de réponse. Si c’était le cas c’est toute la légitimité du mouvement qui s’en trouverait entachée et on serait en droit de douter de chacun des arguments qui étaient avancés. Quoi qu’il en soit, sur le principe, dans une démocratie digne de ce nom, à l’époque moderne à laquelle nous sommes censés vivre, il est hautement anormal qu’un syndicat se politise aussi ouvertement. Les appétits sont-ils aiguisés au point qu’il soit devenu impossible de les réprimer plus longtemps ? S’avérer incapable de faire semblant au moment où pourtant il l’aurait fallu c’est plutôt ballot.

Comment cela devrait-il être contre attaqué ? Lorsque la technique du poker menteur finit par se retourner contre les supposés bluffeurs, si vous êtes un joueur couillu vous surenchérissez pour les mettre hors-jeux. En l’espèce, vous pourriez par exemple ne plus surseoir à l’étude d’un certain texte puisqu’on est encore dans les temps, et vous les prenez à leur propre piège. Échec et mat. Osera, osera pas ?

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2 Commentaires

  1. simone grand
    23 mars 2018 à 10h23 — Répondre

    Ils ont gagné, nous sommes tous perdants.

  2. HEIA
    26 mars 2018 à 9h22 — Répondre

    MANIPULATEUR celui là pppffff

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Syndicats/politique : mais dîtes moi pas que c’est pas vrai ! – Edito 21/03/2018