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Syrie: cessez-le-feu en vigueur, malgré quelques affrontements

Damas (AFP) – Le cessez-le-feu en vigueur depuis minuit était globalement respecté vendredi par le régime et les rebelles à travers la Syrie, malgré des affrontements sporadiques près de Damas qui viennent rappeler la fragilité de l’accord parrainé par la Russie et la Turquie.

L’accord, conclu sans les Etats-Unis, prévoit des négociations en janvier au Kazakhstan pour tenter de mettre fin à la guerre civile en Syrie qui a fait plus de 310.000 morts et des millions de réfugiés depuis 2011.

Des affrontements ont éclaté au nord-ouest de Damas, dans la région de Wadi Barada, l’une des principales sources d’approvisionnement en eau potable de la capitale, privée d’eau courante depuis une semaine, a indiqué l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH).

« Les affrontements sont sporadiques et s’accompagnent de frappes aériennes menées par des hélicoptères contre des positions de groupes rebelles et de Fateh al-Cham », l’ex-branche syrienne d’al-Qaïda appelé autrefois Front al-Nosra, selon l’OSDH.

Depuis une semaine, quatre millions de personnes à Damas et dans ses environs sont privées d’eau selon l’ONU. Le régime a accusé les rebelles d’avoir « contaminé au diesel » l’eau qui arrive depuis Wadi Barada.

Le cessez-le-feu, qui ne concerne pas les groupes classés « terroristes » tels que l’organisation jihadiste Etat islamique (EI), avait été annoncé jeudi par le président russe Vladimir Poutine et confirmé notamment par l’armée syrienne.

« Depuis minuit, nous n’avons enregistré aucune perte civile », a souligné le directeur de l’OSDH, Rami Abdel Rahmane.

Dans la nuit déjà, des factions proches de la mouvance jihadiste, donc vraisemblablement exclues de l’accord, ont attaqué des positions du régime près de la ville de Mahrada dans la province de Hama (centre), selon l’OSDH, qui fait état de victimes parmi les forces du régime. 

– ‘Évolution positive’ –

Le cessez-le-feu intervient une semaine après la reprise totale de la ville septentrionale d’Alep par le régime de Bachar al-Assad, sa victoire la plus importante, qui n’aurait pas été possible sans le soutien de ses alliés indéfectibles, l’Iran et la Russie.

Depuis le début du conflit, plusieurs cessez-le-feu négociés par Washington et Moscou ont rapidement volé en éclats.

Mais cette fois-ci, les Etats-Unis, qui soutiennent la rébellion et sont en désaccord avec la Russie sur la Syrie, ont été écartés des négociations alors que la Maison Blanche attend l’arrivée prochaine du président élu Donald Trump.

« Tout effort pour arrêter la violence, épargner des vies et créer les conditions pour une reprise de négociations politiques constructives est le bienvenu », a toutefois réagi le porte-parole de la diplomatie américaine Mark Toner, reconnaissant « une évolution positive ».

En revanche, c’est la première fois que la Turquie, soutien des rebelles, parraine pareil accord. 

La coopération russo-turque sur le dossier syrien avait repris en juin après des mois de crise et avait permis d’imposer un cessez-le-feu à Alep et l’évacuation de civils et des combattants des derniers quartiers insurgés de la métropole.

Selon la Russie, le cessez-le-feu a été approuvé par « les principales forces » de la rébellion. Au total, sept groupes rebelles, dont le puissant Ahrar al-Cham, ont approuvé l’accord.

« Trois documents ont été signés: un premier entre le gouvernement et l’opposition armée sur un cessez-le-feu sur l’ensemble du territoire syrien », et le deuxième sur des mesures visant à contrôler le respect de la trêve, avait indiqué jeudi M. Poutine.

« Le troisième est une déclaration sur la volonté (des parties en conflit) de lancer des négociations de paix », avait-il poursuivi.

– Négociations –

A Ankara, le président turc Recep Tayyip Erdogan a salué une « opportunité historique » pour mettre fin à la guerre, assurant toutefois que l’offensive de la Turquie contre l’EI dans le nord de la Syrie se poursuivrait « avec la même détermination ».

« Le cessez-le-feu en Syrie est un succès majeur » sur lequel « il faut construire en attaquant les racines de la terreur extrémiste », a pour sa part estimé le ministre iranien des Affaires étrangères, Mohammad Javad Zarif.

L’accord doit ouvrir la voie à de nouvelles négociations sur un règlement pacifique du conflit.

« Nous commençons avec les Turcs et les Iraniens à préparer la rencontre d’Astana », a indiqué jeudi le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov.

« Il y a un réel intérêt et une urgence, au moins pour la Russie et la Turquie en particulier, à profiter de l’élan provoqué par l’évacuation d’Alep et capitaliser sur leur propre rapprochement », note Sam Heller, chercheur au Century Foundation pour qui « l’Iran et le régime seraient plutôt favorables à un règlement militaire ».

MM. Poutine et Assad avaient estimé lors d’un entretien téléphonique que le lancement des négociations à Astana « serait un pas important vers le règlement définitif de la crise », selon le Kremlin.

La réunion d’Astana, qui précèdera des négociations inter-syriennes organisées par l’ONU le 8 février à Genève, n’est pas une « alternative » mais « une étape complémentaire » au processus de Genève, selon le ministre turc des Affaires étrangères Mevlüt Cavusoglu.

Les présidents russe, Vladimir Poutine, et  turc, Recep Tayyip Erdogan, le 10 octobre 2016 à Istanbul. © AFP

© TURKISH PRESIDENTIAL PRESS OFFICE/AFP/Archives KAYHAN OZER
Les présidents russe, Vladimir Poutine, et turc, Recep Tayyip Erdogan, le 10 octobre 2016 à Istanbul

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