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Syrie: combats de rue dans Alep, impasse diplomatique

Alep (Syrie) (AFP) – Les forces du régime syrien poursuivaient mardi leur progression à Alep au détriment des rebelles, au moment où l’impasse diplomatique semblait totale entre Washington et Moscou qui a déployé des batteries de défense aérienne dans l’ouest du pays.

Rue après rue, les combattants progouvernementaux avancent depuis plusieurs jours dans Alep-Est, la partie de la grande ville du nord contrôlée par les insurgés.

Ils « progressent petit à petit dans le centre » où leur priorité est de prendre « les grands immeubles, qui servaient autrefois de bâtiments administratifs et d’où ils peuvent surveiller des quartiers entiers », a expliqué le directeur de l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH), Rami Abdel Rahmane.

Leur objectif est d’occuper les quartiers proches de la ligne de démarcation avec Alep-Ouest, contrôlés par le régime, et du nord, afin de cantonner les forces rebelles au sud-est de la ville.

Cette vaste offensive sur Alep a été lancée le 22 septembre, avec des bombardements massifs du régime et de son allié russe qui suscitent l’indignation de nombreux pays.

Elle est l’une des raisons avancées par les Etats-Unis, qui soutiennent l’opposition syrienne, pour justifier leur décision annoncée lundi soir de suspendre les pourparlers engagés avec la Russie sur la Syrie. 

Moscou a déclaré regretter la décision de Washington, disant espérer que « la sagesse politique » prévaudra à Washington. 

La décision américaine « ne veut pas dire que la partie russe va renoncer à ses projets (…) d’assistance aux forces aériennes syriennes dans la lutte contre le terrorisme », a indiqué en outre le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov.

– Défense anti-aérienne russe –

Et dans la foulée, le ministère russe de la Défense a annoncé avoir déployé des systèmes de défense antiaérienne S-300 à Tartous, ville côtière du nord-ouest de la Syrie.  

Ces systèmes complètent de fait le dispositif de défense mis en place sur la base aérienne de Hmeimim (nord-ouest) avec l’arrivée en novembre 2015 de S-400 de dernière génération. 

Avec ses S-300 et ses S-400, la Russie s’assure une défense aérienne de ses deux points d’ancrage en Syrie, le port de Tartous et Hmeimim, dans la province de Lattaquié, où l’aviation russe dispose de dizaines de bombardiers, d’avions d’attaque au sol et d’hélicoptères.

Le secrétaire d’Etat John Kerry avait accusé plus tôt Damas et Moscou d’avoir « rejeté la diplomatie pour la poursuite d’une victoire militaire en passant sur des corps brisés, des hôpitaux bombardés et les enfants traumatisés ».

Il a toutefois assuré que les Etats-Unis n’avaient « pas abandonné » la Syrie et pas renoncé à rechercher un plan de paix.

Les relations entre les deux grandes puissances n’ont cessé de se dégrader depuis l’échec de la trêve qu’elles avaient initiée en septembre et qui n’avait duré qu’une semaine.

La décision de Washington a été annoncée après la destruction totale lundi du plus grand hôpital du secteur rebelle d’Alep dans un bombardement aérien.

– Un camp de réfugiés attaqué –

Les ONG et l’ONU s’alarment chaque jour davantage du sort des quelque 250.000 habitants d’Alep-Est, dont 100.000 enfants, confrontés aux pénuries, aux coupures d’eau et à la forte dégradation des conditions sanitaires.

Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), il ne reste que six hôpitaux fonctionnant partiellement, dont un seul capable de traiter les grands blessés. Et moins d’une trentaine de médecins « tentent de répondre aux besoins » de la population en travaillant « 24 heures sur 24 », a précisé lundi une porte-parole, Fadela Chaib.

Save the children a dénoncé de son côté mardi la situation humanitaire à Khan Eshieh, un camp de réfugiés palestiniens près de Damas, parlant du largage « d’au moins 50 barils d’explosifs » en cinq jours.

L’ONG a fait état de la mort lundi dans les bombardements d’au moins deux travailleurs humanitaires, employés d’une association offrant une aide éducative et psychologique aux enfants du camp. 

Les auteurs des attaques sur les travailleurs humanitaires « doivent rendre des comptes, il s’agit aussi d’attaques contre des enfants malades et des familles vulnérables », a déclaré Sonia Khush, de Save the children.

La Russie a pour sa part indiqué que son ambassade à Damas avait été touchée lundi par un obus qui a provoqué des dégâts. 

La guerre en Syrie, où combattent de nombreuses forces régionales et internationales sur un territoire complètement morcelé, a fait plus de 300.000 morts en cinq ans.

Un blessé transporté après des raids aériens, le 30 septembre 2016 à Alep. © AFP

© AFP/Archives THAER MOHAMMED
Un blessé transporté après des raids aériens, le 30 septembre 2016 à Alep

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