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Syrie: des familles tentent de fuir Alep assiégée

Alep (Syrie) (AFP) – Une centaine de familles ont tenté de fuir la partie assiégée d’Alep au moment où le régime progressait encore dans ce secteur rebelle de la deuxième ville de Syrie, qu’il veut à tout prix reconquérir.

Alors que la communauté internationale apparaît incapable à contrecarrer la détermination de Damas et de ses alliés russe et iranien d’en finir avec Alep, principal front du conflit, la France a annoncé qu’elle allait réunir début décembre les pays occidentaux et arabes soutenant l’opposition syrienne.

Son chef de la diplomatie Jean-Marc Ayrault a indiqué qu’il était « urgent de réagir », plus d’une semaine après le lancement par le régime de Bachar al-Assad d’une vaste offensive pour recapturer Alep-Est, où sont assiégés 250.000 civils.

Dans ce secteur, « une centaine de familles se sont rassemblées mardi soir près d’un passage entre le quartier (rebelle) de Boustane al-Bacha pour passer dans celui de Cheikh Maqsoud », a indiqué à l’AFP Rami Abdel Rahmane, directeur de l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH).

« Mais des tirs ont retenti alors que les civils tentaient de passer », a indiqué M. Abdel Rahmane, affirmant se baser sur des sources présentes sur le terrain.

Cheikh Maqsoud est une enclave du nord de la ville, tenue par les forces kurdes qui ne soutiennent ni le régime ni les rebelles. Elle est située entre Alep-Ouest tenu par le régime et le secteur est contrôlé par les rebelles.

Le régime a accusé mardi les rebelles de retenir les 250.000 civils de ce secteur qu’il assiège depuis quatre mois pour « les utiliser comme otages et boucliers humains ».

– ‘Rumeurs’ –

Déterminé à obtenir coûte que coûte la reddition du secteur rebelle d’Alep qui lui échappe depuis 2012, le régime a largué mardi des tracts appelant les insurgés à quitter la ville mais aussi à permettre aux « civils qui le souhaitent de partir ».

Interrogé par l’AFP, un responsable du groupe rebelle Noureddine al-Zinki a démenti toute tentative d’empêcher les civils de partir. 

« Ces informations n’ont rien à voir avec la réalité (…) Le régime tente à tout prix de relayer des rumeurs pour porter atteinte à la détermination des révolutionnaires et ceux qui les soutiennent au sein de la population à Alep », a assuré Yasser al-Youssef, du bureau politique du groupe.

Depuis une semaine, l’armée a avancé depuis dans la partie nord-est d’Alep, notamment à Massaken Hanano, dont elle « contrôle désormais presque la moitié », selon M. Abdel Rahmane. 

La prise de ce quartier permettrait au régime de couper le secteur rebelle en deux, en isolant le nord du sud.

Au total, 143 civils dont 19 enfants ont péri en une semaine de bombardements aériens et d’artillerie sur Alep-Est, tandis que 16 autres civils, dont 10 enfants, ont été tués par les tirs rebelles sur Alep-Ouest, selon l’OSDH.

Dans les quartiers rebelles, la progression des forces gouvernementales ajoute au désespoir des habitants qui n’ont pas reçu d’aide depuis le 7 juillet.

– ‘Aucun lieu sûr’ –

Le patron des opérations humanitaires de l’ONU, Stephen O’Brien, a dénoncé comme « une forme cruelle de punition collective » le recours à la tactique du siège en Syrie, qui affecte près d’un million de personnes.

Les habitants assiégés « sont isolés, affamés, bombardés et privés d’aide médicale et d’assistance humanitaire, afin de les forcer à se soumettre ou à fuir ».

Il n’y a « aucun lieu sûr pour les enfants dans ce conflit », a par ailleurs affirmé l’ONG Save The Children, via sa représentante en Syrie Sonia Khush, en dénonçant les exactions des deux côtés du front et notamment l’attaque rebelle dimanche sur une école d’Alep-Ouest qui a tué au moins huit enfants.

A Alep-Est, l’OSDH a fait état de plusieurs cas de suffocation d’habitants après la chute de quatre barils d’explosif sur les quartiers rebelles de Qaterji et Daher Awad. Des sources médicales pensent qu’il s’agit probablement de chlore.

L’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques (OIAC), qui examine « plus de 20 » accusations sur l’utilisation de telles armes en Syrie, a accepté mardi l’offre de la Russie de fournir des éléments « pouvant (lui) être utiles ».

L’armée russe affirme avoir les preuves de l’utilisation d’armes chimiques par les rebelles d’Alep.

Le dossier de la guerre en Syrie, qui a fait plus de 300.000 morts depuis 2011, ne semble pas mobiliser outre mesure le président élu américain. 

Dans un entretien mardi au New York Times, Donald Trump a survolé cette question, assurant seulement, sans plus de précision, avoir sur la Syrie « une perspective différente de tout le monde ».

Des Casques blancs syriens évacuent une femme d'un immeuble touché par des frappes aériennes, le 20 novembre 2016 à Alep. © AFP

© AFP THAER MOHAMMED
Des Casques blancs syriens évacuent une femme d’un immeuble touché par des frappes aériennes, le 20 novembre 2016 à Alep

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