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Syrie: le régime d'Assad intensifie ses bombardements contre Alep

Alep (Syrie) (AFP) – Les habitants des quartiers rebelles d’Alep étaient terrés chez eux vendredi par peur des raids aériens et surtout des bombardements d’artillerie, les plus violents depuis deux ans, signe de la détermination du régime syrien à s’emparer à tout prix de toute la ville.

Le secteur rebelle d’Alep échappe depuis 2012 au régime de Bachar al-Assad qui, appuyé par son allié russe, a déjà mené cette année plusieurs campagnes de bombardements pour le reprendre, sans succès.

L’actuelle campagne de bombardements du régime sur Alep-Est, tenue par les insurgés, a commencé mardi et, pour le quatrième jour consécutif, les forces progouvernementales pilonnaient vendredi plusieurs quartiers.

Selon le correspondant de l’AFP sur place, ces bombardements d’artillerie sont sans précédent depuis deux ans par leur intensité.

Il a entendu plusieurs dizaines d’obus et de roquettes s’abattre, dans un bruit terrifiant et en quelques minutes, sur plusieurs quartiers, faisant trembler le sol.

Le directeur des Casques blancs (service de secours) dans le quartier rebelle d’Al-Ansari a lui affirmé à l’AFP n’avoir « jamais entendu des bombardements d’artillerie aussi intenses » à Alep.

« Il est difficile pour nous de se déplacer en raison des bombardements », a indiqué Najib Fakhouri. « Tout à l’heure, on a reçu un appel à l’aide pour aller éteindre un incendie mais on ne peut pas car les obus s’abattent dans les rues ».

– Les immeubles tremblent –

Parallèlement, des hélicoptères militaires larguaient vendredi des barils d’explosifs sur plusieurs quartiers rebelles de l’ancienne capitale économique de Syrie, devenue le principal front d’un conflit syrien qui a fait plus de 300.000 morts depuis 2011.

A Massaken Hanano, les immeubles tremblaient à chaque frappe, d’après le journaliste de l’AFP et l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH).

Les habitants d’Alep-Est, qui appellent à l’aide en vain, étaient terrés chez eux, comme la veille au soir, quand ils avaient éteint les lumières de leurs maisons par peur d’être visés par des bombardements déjà nourris, a indiqué le correspondant de l’AFP.

Dans la nuit, des combats ont opposé les rebelles aux forces prorégime à Cheikh Saïd, un quartier du sud d’Alep que l’armée tente de prendre depuis plusieurs semaines.

« Les affrontements sont très violents, avec des bombardements mutuels (d’artillerie) », a affirmé à l’AFP Rami Abdel Rahmane, directeur de l’OSDH. « Le régime a progressé avant d’être repoussé par les rebelles ».

Ces derniers ont lancé une quinzaine de roquettes sur la partie gouvernementale de la métropole, sans faire de victime, d’après l’OSDH.

– Raids sur Idleb, Douma –

Depuis la reprise mardi des bombardements sur les quartiers rebelles d’Alep, après une suspension d’un mois, les tirs d’artillerie et les largages de barils d’explosifs par le régime ont tué au moins 65 civils selon l’OSDH.

Les habitants d’Alep-Est connaissent en outre depuis quatre mois les affres d’un siège et aucune aide ne peut leur parvenir.

Les dépôts des ONG locales sont désormais vides et des habitants ont attaqué cette semaine des dépôts de vivres du conseil municipal rebelle et les ont vidés, selon le journaliste de l’AFP sur place.

La reprise des bombardements intervient une semaine après l’élection à la présidence des Etats-Unis de Donald Trump, qui a annoncé que sa priorité sera la lutte contre les jihadistes et non pas la chute de Bachar al-Assad.

La Russie, qui intervient en Syrie depuis plus d’un an pour soutenir le régime, ne participe aux bombardements aériens à Alep-Est et concentre à l’heure actuelle ses frappes sur la province voisine d’Idleb (nord-ouest).

Dans cette région contrôlée par une alliance de rebelles et de jihadistes, les avions russes et syriens continuaient vendredi de bombarder plusieurs  villes et localités, selon le correspondant de l’AFP dans la province.

Mardi, la Russie a pour la première fois mené des raids aériens en Syrie à partir de son porte-avions Amiral-Kouznetsov, qui est arrivé la semaine dernière au large des côtes syriennes pour renforcer le dispositif militaire russe dans ce pays.

A l’est de la capitale Damas, l’artillerie du régime pilonnait par ailleurs Douma, l’une des principales villes aux mains des rebelles dans cette région, selon le correspondant de l’AFP dans la ville.

Des habitants recherchent des victimes dans les décombres des immeubles après une frappe aérienne du régime de Damas, le 17 novembre 2016 à Douma, en Syrie. © AFP

© AFP Abd Doumany
Des habitants recherchent des victimes dans les décombres des immeubles après une frappe aérienne du régime de Damas, le 17 novembre 2016 à Douma, en Syrie

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