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Syrie: le régime tente d'éviter le siège de ses quartiers à Alep

Beyrouth (AFP) – Le régime syrien tentait dimanche d’éviter l’encerclement total des quartiers qu’il contrôle à Alep, deuxième ville de Syrie, où il a subi un grave revers la veille face à une coalition regroupant rebelles islamistes et jihadistes.

« L’armée syrienne et ses alliés ont subi une très sérieuse défaite », a affirmé Rami Abdel Rahmane, directeur de l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH). 

Les rebelles, a-t-il rappelé, ont renversé la situation à Alep brisant le siège imposé depuis trois semaines par le régime aux quartiers qu’ils contrôlent dans l’est et encerclant les zones tenues par le pouvoir de Bachar al-Assad à l’ouest.

Le régime reconnu implicitement la menace qui pèse sur les quartiers progouvernementaux d’Alep où les habitants ont commencé à stocker de la nourriture.

« Nos forces se sont redéployées après avoir absorbé le choc de l’attaque de milliers de mercenaires et l’armée a trouvé une voie alternative pour permettre l’acheminement de nourriture et de carburant » vers les quartiers gouvernementaux, a affirmé dimanche la télévision d’Etat syrienne.

Devenue un enjeu majeur de la guerre en Syrie, qui ensanglante le pays depuis plus de cinq ans, la ville septentrionale d’Alep est divisée en deux depuis 2012.

Samedi, une alliance de groupes rebelles, islamistes et jihadistes, a affirmé avoir pris le quartier gouvernemental de Ramoussa, à la périphérie sud d’Alep, d’où ils ont fait la jonction avec les quartiers rebelles de l’est.

– « route dangereuse »-

Le siège total imposé par le régime Assad à ces quartiers et leurs 250.000 habitants depuis le 17 juillet a ainsi été brisé, ont précisé les rebelles. Les médias officiels syriens ont démenti que la fin du siège.

Les rebelles ont eux diffusé dimanche des photos de sept camionnettes remplies de fruits et légumes entrant dans leurs secteurs.

La route qui permet désormais de désenclaver les quartiers de l’est reste toutefois dangereuse pour les civils, a souligné l’OSDH, son directeur Rami Abdel Rahmane faisant état de « combats et raids aériens sporadiques, mais de moindre intensité ».

Il a souligné que c’est maintenant au tour des quartiers ouest d’être « assiégés ». 

« Il n’y a plus de route sûre pour les civils se trouvant dans les quartiers gouvernementaux pour entrer ou sortir de la ville », a indiqué M. Abdel Rahmane.

– Anxiété à Alep ouest –

Des habitants de la partie gouvernementale d’Alep ont indiqué dimanche à l’AFP qu’une foule de gens s’est pressée au marché pour acheter de la nourriture et de l’eau en prévision d’un siège.

« Le prix du sac de pain a été multiplié dimanche par quatre passant de 200 (0,36 euros) à 800 livres syriennes (1,4 euros). Nous avons  de ce qui arrivera si la route reste coupée longtemps », affirmé à l’AFP Walaa Hariri, 48 ans mère de 4 enfant du quartier gouvernemental de Fourkane, dans le centre de la ville.

« Les enfants ont été à l’école mais ils étaient très nerveux. Au lieu des cours normaux, l’instituteur leur a appris comment se comporter en cas de  bombardements », a-t-elle ajouté.

L’agence de presse officielle syrienne Sana a fait état de 10 civils tués samedi dans des bombardements rebelles de deux quartiers tenus par le régime.

Selon l’OSDH, au moins 130 civils ont été tués depuis l’offensive lancée par les groupes rebelles sur le sud d’Alep le 31 juillet.

Le pape François a dénoncé dimanche sur la place Saint-Pierre de Rome le nombre « inacceptable » de victimes civiles à Alep.

« Il est inacceptable qu’autant de personnes sans défense – et tant d’enfants – aient à payer le prix de ce conflit », a déclaré Jorge Bergoglio devant des milliers de fidèles réunis pour l’angélus.

Signe de la violence des affrontements dans cette bataille vitale pour les deux camps, 200 combattants ont péri dans la seule journée de samedi, portant à 700 le bilan des belligérants tués depuis le début de la contre-offensive rebelle le 31 juillet pour briser le siège d’Alep, selon l’OSDH.

Autre développement important, des combattants arabes et kurdes soutenus par l’Occident ont remporté une victoire contre les jihadistes du groupe Etat islamique (EI) en s’emparant de leur fief de Minbej, à quelque 60 km au nord-est d’Alep.

La guerre en Syrie qui a débuté en mars 2011 après la répression de manifestations pacifiques pro-démocratie par le régime a fait plus de 280.000 morts.

Des combattants  le 6 août 2016 à Alep où le siège des quartiers gouvernementaux a été brisé par une coalition de groupes rebelles, islamistes et jihadistes . © AFP

© AFP THAER MOHAMMED
Des combattants le 6 août 2016 à Alep où le siège des quartiers gouvernementaux a été brisé par une coalition de groupes rebelles, islamistes et jihadistes

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