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Syrie: l'EI perd une ville, les Occidentaux évoquent de nouvelles sanctions

Beyrouth (AFP) – Des rebelles soutenus par la Turquie ont infligé dimanche une défaite au groupe Etat Islamique (EI) en prenant Dabiq, une ville syrienne symbolique pour les jihadistes, alors que les Occidentaux menacent le régime et son allié russe de nouvelles sanctions.

A Londres, où étaient réunis dimanche des pays soutenant l’opposition syrienne, le secrétaire d’Etat américain John Kerry a déclaré des « crimes contre l’humanité » étaient perpétrés lors des frappes contre les quartiers d’Alep tenus par les rebelles. Il a prévenu que des « mesures supplémentaires » étaient envisagées contre « le régime et ceux qui le soutiennent ».

A Alep (nord), un front stratégique dans cette guerre, le régime et son allié russe ont lancé fin septembre une offensive pour s’emparer des quartiers tenus par les rebelles et poursuivent sans relâche leurs bombardements.

Dans la province du même nom, mais sur un autre front, des rebelles soutenus par la Turquie « ont pris la ville de Dabiq après le retrait des jihadistes de l’EI », selon une ONG, l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH).

Un de ces groupes rebelles, l’Union Fastaqim, a confirmé sur Twitter que Dabiq était tombée « après de violents combats avec Daech », acronyme en arabe de l’EI. 

Dans une vidéo filmée à Dabiq par un correspondant de l’AFP, on voit des rues quasiment désertes. Des drapeaux de l’EI sont peints sur les murs, ainsi que des slogans comme « Notre cause, c’est l’établissement du califat ».

En treillis avec le drapeau de la révolution syrienne sur la poitrine, le chef de la « Brigade 51 » Haitham Ibrahim Afassi affirme: « Je remercie Dieu qui nous a donné la victoire sur les gamins de (Abou Bakr al-)Baghdadi (ndlr: calife autoproclamé de l’EI). Les héros de l’Armée syrienne libre ont libéré la région ».

Le ministre turc des Affaires étrangères Mevlut Cavusoglu a déclaré dimanche que les rebelles soutenus par la Turquie allaient désormais avancer vers Al-Bab, ville tenue par les jihadistes à une trentaine de kilomètres au sud-est de Dabiq.

Le secrétaire américain à la Défense Ashton Carter a salué dans un communiqué dimanche soir la libération de Dabiq, « qui donne un nouvel élan à la campagne pour infliger une défaite durable » à l’EI en Syrie.  

– Prophétie –

Dabiq a une forte portée symbolique pour les jihadistes car selon une prophétie de l’islam, cette localité sera le site d’une bataille entre les armées chrétiennes et musulmanes, où ces dernières, après avoir frôlé une humiliante défaite, finiront par triompher.

Les jihadistes faisaient le rapprochement avec leur guerre contre la coalition « croisée », comme ils désignent la coalition internationale menée par les États-Unis.

Selon l’agence officielle turque Anadolu, les rebelles soutenus par la Turquie se sont emparés de 1.130 km2 de territoire syrien depuis le début, à la fin août, d’une opération militaire visant à chasser l’EI, mais aussi des rebelles kurdes syriens, de la frontière syro-turque.

Dans la deuxième ville de Syrie, Alep, les quartiers rebelles ont de nouveau été visés dimanche par d’importants raids aériens du régime du président Bachar al-Assad et de son allié russe, selon un correspondant de l’AFP.

L’OSDH a indiqué qu’au moins 31 civils avaient été tués, dont une quinzaine par des raids russes sur le quartier de Qaterji.

Selon l’agence officielle syrienne Sana, trois civils ont été tués par des tirs de roquettes des rebelles sur des secteurs prorégime d’Alep.

– ‘Crimes contre l’humanité’ – 

Depuis son lancement, l’offensive russo-syrienne contre la partie d’Alep tenue par les rebelles a tué plus de 370 personnes, essentiellement des civils, selon l’OSDH. Le régime et son allié déclarent viser les « terroristes », principalement les jihadistes du Front Fateh al-Cham, l’ex-branche syrienne d’Al-Qaïda.

M. Kerry a qualifié dimanche les bombardements contre des civils à Alep de « crimes contre l’humanité ». A Londres, le chef de la diplomatie américaine a averti que les alliés occidentaux envisageaient d’imposer de nouvelles sanctions économiques ciblées contre Damas et Moscou.

« Le président (américain Barack) Obama n’a exclu aucune option pour le moment », a déclaré John Kerry, qui a toutefois minimisé la possibilité d’une action militaire en indiquant: « Je ne vois nulle part en Europe un grand appétit pour partir en guerre ».

De « nombreuses mesures », « dont des mesures supplémentaires contre le régime et ses soutiens », ont été proposées, a déclaré son homologue britannique Boris Johnson après cette réunion.

Le Conseil de sécurité des Nations unis doit une nouvelle fois débattre de la guerre en Syrie lundi.

Le conflit syrien, qui a débuté après la répression en 2011 par le régime du président syrien Bachar al-Assad de manifestations prodémocratie, a fait plus de 300.000 morts.

Des combattants de l'Armée libre syrienne combattent les jihadistes de l'EI à la périphérie de Dabiq, le 15 octobre 2016 en Syrie. © AFP

© AFP Nazeer al-Khatib
Des combattants de l’Armée libre syrienne combattent les jihadistes de l’EI à la périphérie de Dabiq, le 15 octobre 2016 en Syrie

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