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Syrie: les Etats-Unis réclament une enquête pour "crimes de guerre" à Alep

Washington (AFP) – Les Etats-Unis ont réclamé vendredi une enquête pour « crimes de guerre » visant le régime syrien et son allié russe après une nouvelle frappe contre un hôpital à Alep, où la situation humanitaire reste catastrophique.

« La Russie et le régime (syrien) doivent au monde plus qu’une explication sur les raisons pour lesquelles ils ne cessent de frapper des hôpitaux, des infrastructures médicales, des enfants et des femmes », a tonné le secrétaire d’Etat américain John Kerry, demandant « une enquête adéquate (pour) crimes de guerre ».

Appuyé par l’aviation russe, le régime de Damas a lancé il y a deux semaines une offensive de grande envergure pour reprendre les quartiers rebelles d’Alep, ravagés par des bombardements d’une extrême violence qui ont tué des centaines de personnes et détruit des infrastructures civiles.

« Ceux qui commettent ces (actes) devront être tenus pour responsables de leurs actions. Cela va bien au delà de l’accident. C’est une stratégie ciblée pour terroriser les civils et quiconque se dresse sur le chemin de leurs objectifs militaires », a protesté le chef de la diplomatie américaine lors d’une conférence de presse aux côtés de son homologue français Jean-Marc Ayrault.

Ancienne capitale économique de Syrie, Alep est divisée depuis 2012 entre prorégimes à l’ouest et insurgés à l’est. La ville est devenue un front crucial du conflit qui déchire la Syrie et a fait plus de 300.000 morts depuis son déclenchement en 2011.

Cette semaine, des bombardements ont détruit le principal hôpital des quartiers rebelles assiégés, où vivent plus de 250.000 personnes. Selon M. Kerry, « le régime a encore attaqué un hôpital la nuit dernière », tuant 20 personnes et en blessant une centaine.

– Réunion d’urgence à l’ONU –

A New York, le Conseil de sécurité de l’ONU tenait vendredi une réunion d’urgence à la demande de Moscou autour de la crise syrienne. « La priorité est d’arrêter le bain de sang à Alep », a déclaré l’ambassadeur français François Delattre à des journalistes.

Les membres du Conseil de sécurité discutent depuis plusieurs jours d’un projet de résolution préparé par Paris, qui prévoit un cessez-le-feu à Alep pour permettre un accès humanitaire à la population assiégée.

La réunion intervient au lendemain de l’avertissement de l’envoyé spécial de l’ONU pour la Syrie, qui s’en était pris jeudi à Moscou et s’était alarmé d’une possible destruction totale des quartiers rebelles d’ici janvier. 

Staffan de Mistura avait suggéré que Moscou bombardait sans discernement les zones rebelles de la ville pour tenter d’éradiquer quelques centaines de jihadistes.

Vendredi, la Russie s’est dit « prête à soutenir » cette initiative si les jihadistes du Front Fateh al-Cham (ex Front Al-Nosra) quittent la ville.

« Si le Front Al-Nosra avec toutes ses armes part en direction d’Idleb où ses forces principales sont basées, nous serons prêts à soutenir cette approche et serons également prêts à appeler le gouvernement syrien à l’accepter », a déclaré le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov à la chaîne de télévision publique russe Pervy Kanal.

– ‘Insupportable’ –

Sur le terrain, les forces progouvernementales continuaient de progresser vendredi. Selon l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH), elles ont pris une colline dans le quartier de Cheikh Saïd, située dans le sud de la ville. Mais les rebelles y ont parallèlement repris quelques positions qu’ils avaient perdues il y a quelques jours.

Dans un entretien à une chaîne danoise diffusé jeudi, le président syrien Bachar al-Assad a nié que ses forces aient délibérément ciblé des infrastructures sanitaires ou restreint l’aide aux civils à Alep, comme les en accusent les rebelles et les Occidentaux qui ont parlé de « crimes de guerre ».

Carlos Francisco, responsable de la branche syrienne de Médecins sans frontières (MSF), a décrit les conditions humanitaires à Alep comme « insupportables ».

De leur côté, les Casques blancs syriens, qui figuraient parmi les prétendants au prix Nobel de la Paix, ont félicité le président colombien Juan Manuel Santos pour avoir reçu la prestigieuse distinction.

« Pour nous, sauver une vie reste le prix le plus important que nous puissions recevoir », a déclaré à l’AFP leur chef Raed Saleh. « Cela nous rend plus riche que n’importe quel autre prix. »

Des Casques blancs syriens évacuent un blessé après des frappes aériennes, le 4 octobre 2016 à Alep. © AFP

© AFP THAER MOHAMMED
Des Casques blancs syriens évacuent un blessé après des frappes aériennes, le 4 octobre 2016 à Alep

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