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Syrie: les Etats-Unis tentent avec les Européens de relancer les pourparlers de paix

Lausanne (AFP) – Le secrétaire d’Etat américain John Kerry doit tenter dimanche à Londres de relancer avec les Européens les efforts pour mettre fin à la guerre en Syrie, après des discussions en Suisse avec la Russie et les acteurs régionaux.

M. Kerry doit s’entretenir avec les partenaires européens de Washington après les discussions qui ont eu lieu samedi à Lausanne (Suisse) et ont pris fin sans avancées concrètes.

La réunion de Lausanne, à laquelle les Européens n’étaient pas conviés, n’a pas permis d’élaborer un plan pour rétablir la trêve qui a volé en éclats en septembre, au moment où Washington et Moscou échangent de dures accusations et où les combats en Syrie se poursuivent sans relâche.

M. Kerry a toutefois déclaré que les discussions avaient produit « de nouvelles idées », qu’il s’agit de préciser dans les prochains jours pour tenter d’aboutir à un nouveau cessez-le-feu plus solide que les précédents.

« Il y a plusieurs idées qui doivent être rapidement creusées, avec l’espoir qu’elles puissent contribuer à résoudre les problèmes qui empêchaient la mise en oeuvre du précédent cessez-le-feu », a dit le chef de la diplomatie américaine. « Je ne peux pas détailler ces idées » pour le moment, a-t-il ajouté.

Les participants à la réunion de Lausanne étaient les Etats-Unis, la Russie, l’Iran, l’Irak, le Qatar, la Jordanie, l’Arabie saoudite, l’Egypte et la Turquie. Selon le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov, il a été décidé de « prolonger les contacts ».

MM. Kerry et Lavrov ne s’étaient pas revus depuis le début de l’offensive russo-syrienne sur les quartiers tenus par les rebelles dans l’est d’Alep, la grande ville divisée du nord de la Syrie.

Le responsable américain doit poursuivre ses efforts dimanche à Londres avec le ministre britannique des Affaires étrangères Boris Johnson et plusieurs autres de ses homologues européens.

– Une réunion plus productive –

La Grande-Bretagne, la France, l’Allemagne et l’Italie font partie du Groupe international de soutien à la Syrie (ISSG). Mais des responsables américains estiment à présent que ce groupe est trop important pour pouvoir prendre des décisions rapides et que la réunion de Lausanne a été plus productive parce qu’elle était centrée sur les principaux acteurs régionaux de la crise syrienne.

Entretemps, la Russie ne donne aucun signe d’atténuation de son soutien au régime du président syrien Bachar al-Assad. Les quartiers est d’Alep ont de nouveau été frappés samedi par des raids aériens intensifs, selon une ONG basée en Grande-Bretagne, l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH).

Sur le terrain, des combattants de l’opposition syrienne soutenus par la Turquie ont progressé vers la ville de Dabiq, située entre Alep et la frontière turque, pour la reprendre aux jihadistes du groupe Etat islamique (EI), a annoncé le président turc Recep Tayyip Erdogan.

La Turquie avait lancé le 24 août une offensive en territoire syrien pour chasser de la frontière les jihadistes de l’EI, mais aussi les rebelles kurdes syriens des Unités de protection du peuple kurde, les YPG. 

Depuis l’échec du dernier cessez-le-feu fin septembre, l’offensive russo-syrienne contre la partie d’Alep tenue par les rebelles a tué plus de 370 personnes, essentiellement des civils, selon l’OSDH.

Le régime de Damas et son allié russe déclarent bombarder ces quartiers pour éliminer les « terroristes », principalement les jihadistes du groupe Fatah al-Cham (ex-Front al-Nosra, la branche syrienne d’Al-Qaïda).

Moscou a proposé il y a deux jours une sortie sécurisée de la ville pour les rebelles, et l’ONU a présenté un plan visant à faire sortir d’Alep les combattants de Fatah al-Cham.

Mais l’opposition et ses soutiens craignent que sous couvert d’évacuer les combattants, le régime et son allié russe ne veuillent forcer une reddition complète.

Depuis mars 2011, le conflit en Syrie s’est complexifié et internationalisé, provoquant la mort de plus de 300.000 personnes et dévastant le pays. Plus de 13,5 millions de Syriens, dont six millions d’enfants, ont besoin d’aide humanitaire, selon l’ONU.

Le secrétaire d'État américain John Kerry (c) s'entretient avec ses homologues, le Saoudien Adel Al-Jubeir et le Jordanien Nasser Judeh (d), lors de pouparlers de paix sur la Syrie à Lausanne, le 15 octobre 2016. © AFP

© AFP FABRICE COFFRINI
Le secrétaire d’État américain John Kerry (c) s’entretient avec ses homologues, le Saoudien Adel Al-Jubeir et le Jordanien Nasser Judeh (d), lors de pouparlers de paix sur la Syrie à Lausanne, le 15 octobre 2016

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