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Syrie: Obama pourrait opter pour de nouvelles sanctions

Washington (AFP) – Poussé à agir face à la catastrophe humanitaire à Alep, le président américain Barack Obama, réticent à tout affrontement militaire avec le régime syrien, pourrait opter pour de nouvelles sanctions à l’encontre de Damas et de son allié russe.

Selon des diplomates et des responsables américains, la stratégie est encore en cours d’élaboration mais le premier volet de cette initiative pourrait passer par des sanctions onusiennes visant des personnes impliquées dans des attaques chimiques.

L’ONU a déjà établi la responsabilité de Damas dans deux attaques chimiques dans le nord de la Syrie en 2014 et 2015. Mais un nouveau rapport, attendu d’ici fin octobre, devrait offrir plus de précisions sur leurs auteurs.

Si l’essentiel du premier cercle du président Bachar al-Assad fait déjà l’objet de sanctions – en particulier gel des avoirs détenus aux Etats-Unis – viser cette fois des militaires de grades moins élevés pourrait, selon des responsables américains, envoyer un signal fort.

Mais le véritable impact serait d’abord diplomatique; Moscou se retrouverait en position délicate au Conseil de sécurité s’il devait s’y opposer et donc, par ricochet, défendre l’usage d’armes chimiques par Damas.

Si la voie onusienne échoue, Washington pourrait choisir une action concertée avec les Européens et d’autres alliés.

« A ce stade, on ne peut exclure des efforts multilatéraux en dehors de l’ONU pour imposer des sanctions à la Syrie, la Russie ou d’autres », a expliqué Josh Eanrest, porte-parole de Barack Obama, rappelant que cela avait déjà été fait par le passé évoquant les sanctions imposées à Moscou, en coordination avec l’UE, sur le dossier ukrainien.

Les sanctions pourraient viser en particulier des entreprises russes – producteurs de composants chimiques, fournisseurs pour l’aéronautique – ayant fourni des composants qui ont servi à bombarder des civils. Cela permettrait de ménager les capitales européennes hostiles à des sanctions trop larges envers un partenaire commercial russe de poids.

– Raids ‘barbares’ –

Mais face à la crise humanitaire dramatique qui secoue la Syrie et ses voisins, les pays européens seront peut-être moins réticents à prendre des mesures contre Moscou.

Lors d’un échange téléphonique la semaine dernière, Barack Obama et la chancelière allemande Angela Merkel ont dénoncé les raids « barbares » menés par les armées russe et syrienne sur l’est d’Alep, partie rebelle de la ville, « une zone où habitent des centaines de milliers de civils, dont la moitié sont des enfants ».

Une implication militaire américaine à Alep ne semble pas, elle, à l’ordre du jour. Nombre de responsables américains ont laissé entendre que M. Obama ne remettrait pas en cause des années d’opposition à une intervention armée contre le régime de Damas en autorisant des frappes aériennes.

« L’utilisation de la force militaire américaine contre le régime Assad aurait des conséquences significatives », affirmait cette semaine Josh Earnest.

Soulignant que cela pourrait « entraîner les Etats-Unis dans une autre guerre, avec des troupes au sol, au Moyen-Orient, il a mis en garde contre les dangers d’un tel scénario: « Ce serait onéreux, cela mettrait en danger des vies américaines et il n’y aurait aucune certitude sur l’issue d’un un tel conflit ».

Elu sur la promesse de sortir les Etats-Unis des guerres en Irak et en Afghanistan, Barack Obama a envoyé quelque 300 soldats en Syrie pour participer à la lutte contre les jihadistes du groupe Etat islamique, par ailleurs cibles de raids aériens lancés par une coalition internationale menée par Washington.

Il répète qu’il n’y pas de solution militaire au conflit. Mais à quelques mois de son départ, le siège et le bombardement de la deuxième ville de Syrie le placent dans une situation difficile, et mettent en lumière des tiraillements au sein de son administration sur le dossier syrien.

Des soldats pro-gouvernementaux syriens dans Boustane al-Bacha, un quartier tenu par des rebelles, le 6 octobre 2016 à Alep. © AFP

© AFP GEORGE OURFALIAN
Des soldats pro-gouvernementaux syriens dans Boustane al-Bacha, un quartier tenu par des rebelles, le 6 octobre 2016 à Alep

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