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Syrie: pénurie d'eau à Damas, la trêve mise à mal par les combats

Damas (AFP) – Les habitants de Damas étaient à bout à cause du manque d’eau courante, conséquence des combats entre régime et rebelles pour le contrôle de la principale source d’eau alimentant la capitale syrienne, qui mettent à mal la trêve établie par Moscou et Ankara.

Avec la poursuite des violences, le président français François Hollande a appelé au plein respect, « en particulier par le régime », du cessez-le-feu entré en vigueur le 30 décembre, pour permettre la tenue de négociations de paix envisagées par l’ONU en février à Genève.

A Damas, on ne reçoit que 12 heures de courant par jour à cause du manque de fioul pour alimenter les centrales électriques et les 4 millions d’habitants sont privés d’eau selon l’ONU depuis le 22 décembre.

« On se plaignait avant des coupures d’électricité, mais maintenant on s’aperçoit que c’est rien comparé à l’absence d’eau potable car l’eau c’est la vie », affirme Faez, un employé municipal de 50 ans.

Bastion du régime de Bachar Al-Assad, la capitale syrienne a été relativement préservée de la guerre civile qui ravage le reste du pays où plus de 310.000 personnes ont trouvé la mort depuis mars 2011.

Dans les autres régions syriennes, des millions de personnes ont été déplacées, leurs maisons détruites et leurs biens perdus. Certaines villes ont été assiégées pendant des mois et manquaient de tout.

Conséquence du manque d’eau durement ressenti par la population à Damas, les prix d’eau minérale ont flambé. En une semaine le prix d’un pack de six bouteilles d’eau d’1,5 litre a quasiment doublé passant de 650 livres syriennes (1,3 USD) à 1.000 livres (2 USD).

– Wadi Barada sous les bombes –

« Je n’ai pas pu prendre de douche et faire de lessive depuis une semaine. Je préfère garder le peu d’eau qu’il y a dans mon réservoir pour la cuisine et la vaisselle », affirme Riham, une employée de 49 ans, habitant Doumar, un quartier du nord de Damas.

Cette grave pénurie est la conséquence des affrontements à Wadi Barada, à 15 km au nord-ouest de Damas.

« Des combats se poursuivent entre les troupes du régime et son allié du Hezbollah libanais d’un côté et des groupes rebelles et des combattants de Fateh al-Cham (ex-branche syrienne d’Al-Qaïda) de l’autre », a indiqué le directeur de l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH), Rami Abdel Rahmane.

Wadi Barada, un secteur clé rebelle où se trouvent les principales sources d’approvisionnement en eau potable pour la capitale et ses environs, est la cible depuis plusieurs jours des forces prorégime qui tentent de s’en emparer. 

Celles-ci ont lancé mercredi soir « des dizaines de frappes aériennes et tiré à l’artillerie sur des secteurs de Wadi Barada, tuant un secouriste », selon l’OSDH.

La Turquie, soutien des rebelles, et la Russie, alliée de Damas, ont parrainé un accord qui a permis l’entrée en vigueur de la nouvelle trêve, la énième depuis de le début du conflit. Même si les combats ont cessé dans la plupart des régions, ils ont continué à Wadi Barada et dans quelques autres secteurs. 

Le régime accuse les rebelles de « contaminer au diesel » les réserves d’eau et de couper le réseau d’approvisionnement vers Damas. Il soutient aussi que le groupe jihadiste Fateh al-Cham, exclu de la trêve, est présent à Wadi Barada, ce que nient les insurgés. 

– Bilan à la baisse –

Le régime a par ailleurs bombardé mercredi soir plusieurs zones rebelles dans la Ghouta orientale près de Damas, tuant trois insurgés, ainsi que le secteur rebelle de Rachidine à l’ouest d’Alep, tuant un insurgé, selon l’OSDH.

Cette cessation des hostilités doit ouvrir la voie à des négociations de paix prévues fin janvier à Astana au Kazakhstan, menacées selon la Turquie par les violations de la trêve par le régime.

Cependant, l’intensité des combats est nettement plus faible. « Malgré les violations, les opérations militaires sur les principaux fronts ont beaucoup baissé », selon M. Abdel Rahmane. 

« Le bilan des pertes humaines a lui aussi beaucoup baissé. En une semaine, il y a 13 civils tués dans les zones concernées par le cessez-le feu, ce qui était le chiffre minimum de victimes quotidien avant l’arrêt des combats », explique-t-il.

La raison est que malgré les violations, « les adversaires évitent l’escalade pour ne pas être accusés par leurs parrains d’être responsable de la fin de la trêve », selon lui.

Une maison détruite dans la ville syrienne rebelle de Douma, près de Damas, le 30 décembre 2016 . © AFP

© AFP Abd Doumany
Une maison détruite dans la ville syrienne rebelle de Douma, près de Damas, le 30 décembre 2016

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