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Syrie: pilonnage à Alep, appel aux rebelles à quitter la ville

Alep (Syrie) (AFP) – L’armée syrienne a continué mardi à pilonner les quartiers rebelles d’Alep tout en appelant les insurgés à quitter leurs positions et à laisser fuir les civils dans le cadre de son offensive pour reprendre la totalité de la deuxième ville du pays.

Plus de 140 civils ont péri en une semaine d’intenses bombardements à l’artillerie et depuis les airs, selon l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH).

En dépit des condamnations à l’étranger, la communauté internationale semble plus que jamais impuissante à contrecarrer la détermination de Damas et de ses alliés russe et iranien à reconquérir l’ensemble d’Alep, principal front d’un conflit qui a fait plus de 300.000 morts en cinq ans et demi.

L’aviation du régime a largué mardi des tracts sur lesquels était représenté un bus comme celui utilisé par le passé pour transporter des civils et rebelles depuis les zones reprises par le gouvernement.

« A ceux qui portent des armes, nous vous tendons notre main. Réservez votre place avant qu’il ne soit trop tard », affirme l’armée. « Permettez aux civils qui le souhaitent de partir, arrêtez de les utiliser comme otages et boucliers humains », ajoute-t-elle.

Les forces de Damas, qui assiègent depuis plus de quatre mois les secteurs Est de la cité septentrionale, ont également appelé les rebelles à distribuer de la nourriture aux civils.

L’armée de l’air frappait dans le même temps les quartiers rebelles de Sakhour, Massaken Hanano ou Cheikh Najjar.  

– ‘Rien à manger’ –

Au moins une femme et un enfant ont été tués par l’explosion de barils d’explosifs à Al-Mayssar, selon l’OSDH. 

L’ONG a aussi fait état de plusieurs cas de suffocation d’habitants après la chute sur les quartiers de Qaterji et Daher Awad de quatre barils d’explosif. Des sources médicales pensent qu’il s’agit probablement de chlore.

Au total, 143 civils, dont 19 enfants, ont été tués dans Alep-Est depuis le 15 novembre, tandis que 16 autres civils, dont 10 enfants, étaient tués par les tirs des rebelles dans Alep-Ouest contrôlé par le régime.

L’un des quartiers les plus disputés est celui de Massaken Hanano, où les derniers bombardements pousssent au départ de ceux qui continuaient de résister.

Les forces gouvernementales, soutenues notamment par les forces du Hezbollah libanais, contrôlent désormais un tiers de Massaken Hanano, a indiqué le directeur de l’OSDH, Rami Abdel Rahmane. Ce quartier est stratégique, selon lui, car sa prise permettrait notamment, pour le régime, de « séparer le nord d’Alep-Est du reste » des secteurs assiégés.

Le progression des forces gouvernementales ajoute au désespoir grandissant des quelque 250.000 personnes d’Alep-Est, qui ne sont plus ravitaillées ou secourues depuis plus de quatre mois.

– ‘Stratégie de la guerre totale’ –

L’offensive du régime suscite l’indignation à l’étranger, l’ambassadeur de France à l’ONU, François Delattre, dénonçant une « stratégie de guerre totale pour reprendre Alep à tout prix ». Il a parlé d’une situation « catastrophique ».

Le patron des opérations humanitaires de l’ONU Stephen O’Brien a lui aussi dénoncé le recours aux sièges à Alep et ailleurs en Syrie, faisant état de près d’un million de personnes assiégées à travers le pays.

Les habitants « sont isolés, affamés, bombardés et privés d’aide médicale et d’assistance humanitaire afin de les forcer à se soumettre ou à fuir ». « C’est une tactique délibérée (…) une forme cruelle de punition collective » », a-t-il souligné.

Damas avait repoussé ce week-end une proposition de trêve de l’ONU, jugeant qu’elle « récompenserait les terroristes », un terme utilisé par le régime pour désigner tous les groupes s’opposant à lui par les armes.

Le chef de la diplomatie russe, Sergueï Lavrov, a accusé mardi l’émissaire de l’ONU pour la Syrie, Staffan de Mistura, de « saboter » les pourparlers de paix visant à mettre fin au conflit. Et il a prôné l’organisation d’un « dialogue intersyrien » entre « les opposants patriotiques et le gouvernement syrien ».

En Iran, autre grand allié de Damas, un responsable a fait état de la mort en Syrie d’un millier de combattants envoyés par Téhéran.

Un secouriste syrien porte une femme sauvée des décombres d'un immeuble après des bombardements dans le quartier d'al-Hamra à Alep, tenu par les rebelles, le 20 novembre 2016 . © AFP

© AFP THAER MOHAMMED
Un secouriste syrien porte une femme sauvée des décombres d’un immeuble après des bombardements dans le quartier d’al-Hamra à Alep, tenu par les rebelles, le 20 novembre 2016

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