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Te Tura ma’ohi, quand l’opéra se met au reo tahiti

Les élèves de plusieurs sections du Conservatoire ont donné dimanche au Tahiti by Pearl Resorts une représentation de Te Tura ma’ohi, une version en tahitien de l’opéra italien Cavalleria rusticana.

C’était du jamais vu à Tahiti : un opéra en un acte, adapté en tahitien, chanté et joué par les élèves et les professeurs du conservatoire. Une transposition insolite de la Sicile romancée du 19e siècle à la Polynésie, mais rendue possible par l’universalité du thème : amours contrariées, jalousie, duel, issue fatale.

Te Tura ma’ohi est un projet de longue date – il y travaille depuis 2013 – cher à Gaby Cavallo, et servi par plusieurs sections du conservatoire : musiciens classiques, percussions traditionnelles, danseurs et surtout les élèves en art lyrique et leur professeur, Emmanuelle Vidal, dans le rôle féminin principal. Elle était entourée notamment des solistes Ahiata Aparari Schyle, Anne Lechard, Manarii Maruhi, et André-Yves Nasone. On écoute deux brefs extraits :

Gaby Cavallo a conclu la soirée en disant : « Nous avons planté une graine que nous aimerions voir germer. Ce pays regorge de bonnes voix. Elles ne peuvent s’exprimer pleinement que lorsqu’elles chantent dans leur langue. Le tahitien est une langue musicale, comme l’italien, tout en voyelles. Et nous avons un potentiel de légendes qui ne demandent qu’à être chantées. Le ‘ute, le ‘orero auraient toute leur place dans un opéra. Il ne faut qu’une chose, la volonté. Est-ce que c’est un rêve ? Si oui, tant mieux, parce que nous le ferons !»

Comme pour tout spectacle innovant, le public était parfois désarçonné par cette « appropriation culturelle » inversée. « C’est toujours enrichissant de faire se rencontrer les cultures, disait un spectateur à la sortie, mais sur la comparaison entre italien et tahitien, je ne suis pas sûr ; l’italien est plus suave, le tahitien plus tonique. Et la rencontre entre la danse polynésienne et l’art lyrique occidental, je ne suis pas sûr non plus. »

Moins de réserve de la part de Philip Schyle, venu encourager sa fille Ahiata qui tenait le second rôle féminin, et qui a découvert les talents lyriques de plusieurs jeunes artistes qu’il ne connaissait pas encore sous ce jour : « Je suis d’accord avec Gaby Cavallo, je pense qu’il y a un potentiel. »

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