EMISSIONSL'édito d'Alexandre TaliercioPodcasts

Toujours plus de voitures au Fenua. Jusqu’à quand ? – Edito 16/01/2020

La Polynésie dans de nombreux secteurs a pourtant le potentiel d’oser et être précurseur sur bien des solutions de problématiques que rencontrent certains plus grands pays. Que ce soit en termes d’utilisation des énergies renouvelables, de mesures qui impacteraient sur notre utilisation des moyens de transports terrestre, de règlementations strictes pour une meilleure hygiène de vie de la population, ou encore tout ce qui concerne la pollution.

Pourtant comme ailleurs la pression d’acteurs économiques qui seraient directement concernés par des changements de paradigme dans leur domaine est non seulement palpable mais ô combien puissante et s’apparente en fait à autant de mini lobbies. Et à l’échelle de notre territoire il apparait dangereux pour un politicien tout aussi courageux et de bonne foi soit-il à la base de se les mettre à dos.

De fait, les urgences et autres périls sociétaux pourtant parfaitement identifiés et dénoncés auxquels nous sommes confrontés, sont traités avec une prudence exagérée qui reste molle. On revient même parfois sur des avancées comme on l’a vu dernièrement dans le dossier des boissons sucrées ; les justifications données, on les entend, mais elles paraissent néanmoins avoir tous les atours d’une énième méthode pour noyer le poisson.

Défigurer encore un peu plus nos vallées, exproprier des gens, faire couler des tonnes de goudron, pour permettre à toujours plus de véhicules encore largement polluants de circuler plus facilement et rapidement ce n’est pas aller dans le sens d’un avenir écologique comme on se le rêve. On nous dit que le tracé envisagé de la route du Sud a été abandonné, dont acte. Mais ce qui ne devrait pas l’être par contre c’est de mener une profonde réflexion sur la pertinence, en 2020, dans une si petite île, de n’exercer aucun contrôle ni aucune restriction sur le nombre de véhicules, quant à leur nature, pouvant être mis en circulation au même moment.

Je ne souhaite évidemment pas la mort de tous les concessionnaires qui gagnent honnêtement leur vie et profitent d’un état de fait. Toutefois il n’est pas crédible de s’imaginer que même eux et leurs familles ne soient pas impactées à l’avenir par une absence d’objectifs responsables afin de rationaliser la donne.

S’il s’agit d’attendre que notre Polynésie de demain soit composée de hordes de personnes obèses qui créent des bouchons sur 50km dans des véhicules qui roulent au Diesel et où ils sont seuls à l’intérieur, ça risque d’être un poil trop tard.

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4 Commentaires

  1. Leprêtre
    17 janvier 2020 à 6h35 — Répondre

    Trop de véhicules O.K trop de pollutions O.K Il semble que certains véhicules auto et motos font au moins autant de bruit qu’un avion au démarrage (plus de 80 décibels..A quand les contrôles?

  2. LEPRETRE M
    17 janvier 2020 à 6h39 — Répondre

    Trop de véhicules OK mais le bruit alors n’en parlons pas des véhicules qui font plus de bruit qu’un avion (carrément en échappement libre .A quand les contrôles?

  3. Teriivaea
    20 janvier 2020 à 5h44 — Répondre

    Ce qui caractérise nos politiques c’est leur absolue lâcheté, qu’ils qualifient sans doute dans leur for intérieur être un astucieux pragmatisme, face aux pouvoirs économiques bien organisés. Ils pensent, et jusqu’à présent cela fonctionne bien pour eux, qu’il est plus adroit et payant electoralement de faire semblant que de faire réellement lorsque cela pourrait déplaire à ces pouvoirs économiques. Et faire semblant, ils savent bien faire.

  4. TAINA COLOMBANI
    20 janvier 2020 à 15h50 — Répondre

    Merci Alex pour cet Edito, depuis le temps que je pense à tout ce que tu viens de décrire. Les concessionnaires sont aidés pour continuer de vendre des voiture avec la prime à la casse. Les commerciaux gagnent bien leur vie. Mais je pense aussi qu’il faut vraiment révolutionner les transports en commun et le développement des voitures électriques car bien qu’à l’achat ils sont pour l’instant plus chers, ils reviennent beaucoup moins chers à l’entretien et même permettent une énergie gratuite avec une énorme économie des foyers lorsque l’énergie est solaire puisque chacun peut charger sa voiture chez soit au même titre que son téléphone. Et a savoir que même si la voiture est chargée avec EDT, cela revient beaucoup moins cher que d’acheter de l’essence…
    Aussi, les bus électriques ont une autonomie extraordinaire, ils peuvent faire le tour de l’île sans recharge, et cette facilité à la fois énergétique et économique doit se répercuter aisément sur le prix du transport et permettre un essort économique pour tous les domaines économiques de notre pays, et l’accès à l’emploi des plus modestes. Mais ces lobbyings nous empêchent d’aller vers le bon sens si aisé, si accessible. Alors c’est effectivement des gens de pouvoir courageux et des acteurs économiques courageux aussi qui peuvent changer cela. Cette force de conviction doit être dans chaque membre de la population pour renverser cette tendance malsaine de notre société grâce à des gestes forts à l’échèle de chacun, et beaucoups de messages envers nos enfants dont la force de conviction grandie aura plus d’énergie à révolutionner leur société…

    Taïna C.

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Toujours plus de voitures au Fenua. Jusqu’à quand ? – Edito 16/01/2020