EMISSIONSL'édito d'Alexandre Taliercio

Tourisme éco-animalier ? On frise l’indécence – EDITO 22/11/2016

Une conseillère en charge du tourisme était interviewée hier par Tahiti Info au sujet d’une piste de développement touristique à laquelle on n’avait pas tout de suite pensé à dire vrai. Il s’agirait de développer l’écotourisme animalier.

On apprend ainsi que depuis l’an dernier des gens de tous bords se sont lancés dans un brainstorming de folie pour proposer d’autres pistes de tourisme en Polynésie ciblées sur les amateurs de faune locale. Mais quelle bonne idée, au lieu de se concentrer sur ce qui existe déjà à savoir faire des papouilles aux raies, ou faire coucou aux requins nourris par un professionnel, pourquoi n’y avait on pas pensé avant, il existe bien d’autres pistes !

C’est fou, personne avant ne s’était imaginé qu’on avait en effet plein de choses à partager à ce niveau-là. Bon sang mais c’est bien sûr, Ladies and Gentlemen,  Shinshi shukujo, signore e signori, venez à Tahiti où l’eau jaillit plus pure que le diamant, où l’amour et l’amitié couvrent l’immensité, mais pas seulement. Un petit pays où des meutes de chiens errants se reproduisent encore et encore dans tous les quartiers, où on trouve encore normal même d’en bouffer. Un Fenua où chaque île est un immense basse-cour, car on ne s’en rend même plus compte mais autant de poulets en liberté au mètre carré on comprend que ça peut faire drôle quand on n’y est pas habitué et alors que ces mêmes gallinacés sont confrontés lors de joutes ensanglantées. Un petit paradis où les tortues marines en voie de disparition que les stars de passage relâchent dans la mer après qu’on les ait soignées, sont toujours braconnées et débitées avant d’être vendues en plats à emporter.

Si comme j’ai pu le comprendre malgré le verbiage technico-anesthésiant de son auteur on veut faire remplir des fiches aux prestataires professionnels sur tout ce qu’ils voient dans leur environnement immédiat lors de leurs sorties, on risque d’avoir honte …

Il y a une bonne nouvelle dans tout ça, si le Pays a du fric à dépenser pour ces groupes d’études et ces projets discutables alors qu’on sait déjà qu’en terme de faune en dehors des poissons, des tortues et des baleines on n’a pas grand-chose d’autre dont on peut se vanter à montrer, c’est qu’il doit finalement y en avoir pour des choses plus urgentes. Renforcer les dispositifs pour que les lois existantes soient respectées quant à la chasse ou la consommation de certaines espèces animales ; financer des campagnes de stérilisation massives pour les animaux domestiques errants ; financer l’ouverture de fourrières dignes de ce nom ; mettre en place des campagnes de sensibilisation bien plus impactantes etc etc.

Après le fumeux cyber smart tourisme connecté, on tente de nous vendre une déclinaison certes ambitieuse mais encore bien trop précoce, cessons de brasser du vent, aujourd’hui la situation des animaux au Fenua elle est … galeuse.

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2 Commentaires

  1. 23 novembre 2016 à 10h53 — Répondre

    Super commentaire et bien envoyé. C’est ce qui me gène le plus en Polynésie chez certaines élites, et promoteurs de projets,le côté bling bling vain, la sottise incroyable de certains à vouloir être plus royalistes que le roi, d’être à la mode, de dépasser le reste du monde, et ça se termine par des projets foireux et carrément obsènes dont le monde entier se fiche. Rappelez-vous cette fumeuse idée d’aquarium dans le port pollué de Papeete. Quand j’étais au Québéc, les Québécois étaient les meilleurs au monde, en France, on est les meilleurs de l’univers, en Polynésie, on est fier d’être Polynésien, mais quand il s’agit du traitement des animaux, l’humanité est la pire espèce. On a pas le sens des priorités, on est aveugle, non! On veut pas voir. Savez-vous combien d’espèces d’animaux ont disparu ou sont en voie d’extinction au Fenua? Je vous laisse chercher.

  2. 30 novembre 2016 à 11h12 — Répondre

    Super commentaire oui ! Quand on voit le traitement fait aux animaux qui servent de jouet ou de souffres douleur pour certain sans parler de repas ,j’avoue que vraiment ,c’est hallucinant ! Que l’on commence par s’occuper de la stérilisation et de répression pour maltraitance .Empêcher les élevages de fausses races pour le fric,la vente sur le net ect… après on pourra parler d’éco tourisme animalier, encore faudrait il en avoir à montrer !

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