EMISSIONSL'édito d'Alexandre TaliercioPodcasts

Tout le monde a-t-il droit a une seconde chance ? – Edito 16/03/2018

Lorsque l’on a payé sa dette à la société en purgeant une peine de prison et que l’on fait preuve publiquement de repentance, doit-on pour autant cesser d’exister ? Après la sentence appliquée de la justice des hommes, et avant plus tard et ailleurs de subir la version divine pour ceux qui y croient, peut-on tous s’ériger en juge entre temps et continuer de faire payer à quelqu’un sa faute passée ? Ici et là j’entends et je lis que ça dépend de la gravité de l’acte commis.

En métropole un chanteur vedette qui en battant sa compagne l’a tué sans en avoir initialement l’intention – comme l’a estimé la justice – éprouve aujourd’hui de grandes difficultés à pouvoir se reconstruire. Ce, y compris artistiquement, alors pourtant qu’un public achète des places pour le voir se produire, mais que certains l’en empêchent.

A 18 000km de là, chez nous au Fenua, un autre artiste connaît un destin bien différent, certes il n’a pas tué, mais il a quand même braqué une banque un couteau à la main et a traumatisé une pauvre guichetière. Sa peine de prison purgée, le voilà revenu dans son groupe, tout le monde chante ses louanges dans les médias car entre temps il s’est retrouvé une vertu, a arrêté la drogue et tient un discours de prévention plein de contrition. Alléluia.

Ainsi, dans un cas la réinsertion est convenue mais pas dans l’autre et pourtant nous sommes dans la même République et répondons aux mêmes lois. Mais il est vrai que c’est sans compter sur ceux qui parviennent donc à établir en dehors de tout cadre légal une échelle virtuelle de la gravité de la faute commise autorisant ou pas à faire de la vie de ceux qui ont payé leur dette, un purgatoire permanent. Vivre avec une rancœur, une haine, c’est plus un fardeau qu’autre chose, cela entretient dans une souffrance qui rend incompatible toute forme de cicatrisation. Évidemment, le processus est lent pour passer à autre chose si nous nous trouvons dans le premier cercle de sa ou ses victimes passées. Cependant si ce n’est pas le cas, pourquoi ne mettrions-nous pas de côté une morale à géométrie variable tout simplement pour permettre à quiconque le souhaite de se reconstruire ? Dans les deux cas cités plus haut, le regret parait bien sincère, et pourtant l’un des deux seulement à ce jour a droit à une deuxième chance.

Pourquoi ? De quoi a-t-on peur en fait ? Qu’il y ait récidive ? Dans ce cas c’est le serpent qui se mord la queue, car ne met-on pas justement plus de chance dans la balance pour que celle-ci arrive à force d’exacerber les frustrations, plutôt que de créer les conditions pour que l’après soit meilleur que l’avant ?

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