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Trafic de plantes : une épine dans le pied de Jean-Claude Tang

Jean-Claude Tang, chargé de mission à la présidence, et sa femme étaient jugés en appel ce jeudi pour importation illégale de plantes. Le couple avait été condamné en première instance à de la prison avec sursis et de fortes amendes. Le délibéré sera rendu le 3 octobre.

Jean-Claude Tang, sa femme Myrna Raoulx, la présidente de la fédération des horticulteurs Patricia Hoata, et l’horticulteur Hans Rausher, avaient été condamnés en avril 2019 à de la prison avec sursis et de fortes amendes pour avoir sciemment importé des fleurs interdites en Polynésie en avril 2017.  Patricia Hoata et Hans Rausher qui avaient fait appel dans un premier temps, se sont désistés de celui-ci.

Le couple Tang, absent ce jeudi, était représenté par leur avocate Me Laudon. Pour rappel, en première instance, l’homme avait été condamné à six mois de prison avec sursis et deux millions de Fcfp d’amende. Sa femme à six mois de prison avec sursis et un million de Fcfp d’amende. Le couple devait également verser 574 966 Fcfp chacun à la douane, ainsi que 400 000 Fcfp de dommages-intérêts pour le Pays.

À l’époque des faits en 2017, J.C. Tang était conseiller spécial d’Édouard Fritch en charge de l’agriculture, auparavant il était agent au Service du développement rural. Depuis il a été rétrogradé et occupe la fonction de chargé de mission.

En avril 2017, la douane avait contrôlé les 22 cartons en provenance de Paris au nom de Patricia Hoata et Myrna Raoulx, la femme de J.C. Tang. Ils  avaient découvert 3 500 plants pour la plupart interdits à l’importation. L’ensemble ne correspondant pas au listing validé par un agent du service phytosanitaire.

Pour sa défense, J.C. Tang avait indiqué ne pas être au courant du contenu des cartons et de la commande passée par sa femme.  Cela, alors qu’il avait donné sa carte professionnelle ainsi que sa carte bleue à Patricia Hoata et Hans Rausher pour qu’ils fassent achat des plantes à Rungis.

De plus, lors d’une perquisition à son domicile des plantes interdites avaient été trouvées en nombre dans la serre de sa femme. Une lettre anonyme qualifiant J.C. Tang de « Monsieur Plantes » et indiquant qu’il « profitait de ses missions à Paris pour ramener de la marchandise. » avait été envoyée aux enquêteurs. Pour le tribunal, si le procédé est discutable, il n’en demeure pas moins que c’est une charge de plus à l’encontre des accusés.

Me Jourdainne, représentant la Polynésie, a estimé ce jeudi que « les espèces envahissantes sont un sujet important  pour le Pays et un enjeu important pour protéger ses espèces endémiques. » Pour lui, le marché des plantes interdites représente « un sacré business » estimant la marchandise importée à «15 ou 20 millions » à la revente et que le délit d’importation de marchandise prohibée est « manifestement constaté ». L’avocat maintient donc les dommages-intérêts demandés en première instance.

Du coté des douanes, celles-ci demandent le maintien des amendes douanières, arguant que « le certificat phytosanitaire ne correspondait pas au contenu des cartons et que les propriétaires sont responsables selon le code des douanes.»

Du coté de la défense, Me Landon, a plaidé l’innocence de ses clients. Affirmant que « des plantes illicites, on en trouve partout en Polynésie ». Et de citer « les jardins du tribunal, To’ata, et les jardins des particuliers. »

Quant à la lettre anonyme, elle estime qu’une enquête approfondie sur sa provenance aurait du être menée. Pour elle, il s’agit d’une vengeance politique. « À l’époque M. Tang était une véritable machine de guerre politique au Tahoera’a, puis il est passé au Tapura » soupçonnant ainsi une vengeance d’un membre du parti délaissé. Pour elle ses clients doivent être relaxés.

Le délibéré sera rendu le 3 octobre.

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2 Commentaires

  1. Iritahua
    23 août 2019 à 5h25 — Répondre

    L’innocence de ses clients, à mourir de rire. Il a fait une couille, il paie, raconté des conneries qu’il ne savait pas que ces plantes sont interdites, de la foutaise totale.

  2. MATA
    23 août 2019 à 11h45 — Répondre

    BRAVO non mais BRAVO. Conseiller du président du pays en charge de l’agriculture, quel bel exemple!!! Faudrait penser à lui remettre la légion d’honneur pour son exemplarité.

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