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Traitement du problème des SDF : on ne ressent pas l’urgence … – Edito 26/10/2018

L’association Te Torea, une des plus active dans le soutien au quotidien aux personnes sans domicile fixe organise aujourd’hui à l’ISSEP un colloque gratuit ouvert au public. Il sera question du thème de l’errance dans notre Pays. Manifestement elle saute de plus en plus aux yeux, quand ce n’est pas directement à la gorge. Des faits divers récents impliquant des violences perpétrées par des SDF sont relatés régulièrement dans la presse.

Selon les responsables de l’association il y a au fils du temps une proportion grandissante de personnes à la rue qui apparaissent comme dérangées psychologiquement et qui ne peuvent pas être aidés car aucune structure n’a les compétences pour les accueillir. Papeete se remplit donc doucement mais sûrement de quasi-zombies qui sous l’emprise de diverses drogues et de l’alcool se sont flinguées le cerveau et développent de l’agressivité.

Le phénomène de l’errance ne s’est pas installé en quelques semaines, ou quelques mois, cela fait des années que l’exode vers la capitale de notre Fenua s’amplifie et que les travailleurs sociaux alertent les autorités. On nous dit que des rendez-vous ont pourtant bien lieu, jusqu’au Président même encore tout récemment.

On a l’impression que quelle que soit la problématique à laquelle on est confronté dans ce pays, pour tenter de la résoudre il faut systématiquement se perdre en palabres et en lourdeurs administratives de toutes sortes quelle que soit la nature du péril. N’est-on capable de débloquer des budgets du jour au lendemain et se bouger qu’à la seule condition que les éléments se déchaînent ? Personne ne voit venir le tsunami social qui arrive ?

De visu la situation est pourtant en effet si épouvantable, l’urgence si palpable que l’on a du mal à s’imaginer qu’un des premiers réflexes d’un gouvernement revenant aux responsabilités n’ait pas été d’immédiatement mettre en place une cellule de crise interministérielle pour réaliser un brainstorming quotidien et se fixer des objectifs et un échéancier.

Ensuite, toutes les personnes impliquées dans ce secteur le disent sur notre antenne et partout ailleurs : les centres d’hébergement d’urgence sont saturés. Sont nécessaires des centaines de lits supplémentaires avec les commodités sanitaires qui vont avec.

Malgré toutes les bonnes âmes qui œuvrent sur le terrain de jour comme de nuit pour tenter de redonner de la dignité à ceux qui l’ont perdu ou croient l’avoir perdu il est temps que nos responsables redescendent de leur tour d’ivoire et parent au plus urgent. L’onanisme généralisé dans ces proportions devant un avion bleu ou dans des projets liés au « tout numérique » fait figure d’indécence chez tous ceux qui ont conscience des vrais chantiers prioritaires à mettre en œuvre pour éviter que la cocotte-minute n’explose.

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3 Commentaires

  1. simone grand
    29 octobre 2018 à 7h31 — Répondre

    Mais nos politiciens préfèrent manifester contre la France plutôt que de montrer leur savoir-faire dans la résorption de la misère.

    • Maraamu
      30 octobre 2018 à 13h13 — Répondre

      Les politiciens n’écoutent que ceux qui ont de l’autorité et du pouvoir sur eux. Ils et elles n’ont pour le moment de compte à rendre à personne. Ils et elles ont réussi à décourager et endormir la majorité de la population sur sa responsabilité personnelle en tant que citoyen.
      Si je ne peux pas résoudre ce problème et que ni le gouvernement ni l’assemblée ne le peuvent alors c’est sans espoir.
      Pourtant certaines associations menées par des personnes de bonnes volontés essaient de changer la vie de ceux qui acceptent leur aide.
      Il ya beaucoup à faire concernant la société, car le respect des aînés se perd de plus en plus. Surtout quand les aînés eux-mêmes sont encore mineurs ou bien qu’iqu’ils n’ont pas acquis les savoirs vivre en famille et en société.
      Comment peut-on aujourd’hui encore accepter qu’une fillette de 12 ans ou moins aient un enfant et que ce dernier reste dans la famille qui a permis cet état de fait. Les médecins qui voient cela tous les jours et qui je l’espère le rapporte aux services sociaux ne font que constater. Les services sociaux sont débordés et ne peuvent pas être efficace dans leur mission. Quel est le nombre de naissance de mère mineure, quel est celui issu des viols?
      La Polynésie est un paradis mais pour certains c’est un enfer qui est ignorée par une partie de la population et que la classe poljtique ne sait pas traiter.
      La colonisation et la politique de l’assistanat ont fait oublier à beaucoup qu’ils sont responsables de leurs choix et des conséquences de ceux-ci, mais qu’iqu’ils peuvent aussi s’ en sortir en cherchant les moyens mis à leur disposition. Ces moyens aujourd’hui vu l’ampleur du probléme ont besoin d’être mis à jour. Et cela viendra de la réforme en profondeur du système éducatif polynésien.

  2. Alexandre, n’oublie pas le DROIT au RSA. Je suis dispo pour toute interview sur le sujet. A+ René

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