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Transport inter-îles : le Pays et Air Tahiti se donnent six mois de plus pour s’entendre


Le Pays a reporté de six mois l’attribution de délégation de service public dans l’aérien. La décision, révélée par Tahiti Infos ce matin, fait suite à l’échec du premier appel d’offre pour les lignes déficitaires vers les Tuamotu, les Gambier et les Australes. Les précisions du ministre en charge des transports interinsulaires, Jean-Christophe Bouissou.

La grande réorganisation de la desserte aérienne domestique ne sera pas actée au 1er janvier, comme l’avait prévu le gouvernement. Certes, l’assemblée a voté, à la mi-décembre, les derniers textes nécessaires à cette refonte, avec notamment la création d’un mécanisme de péréquation sur les tarifs des billets d’avion. Mais le report se profilait depuis que le Pays avait déclaré infructueux son appel d’offre sur le premier lot de la délégation de service public sur l’aérien. Un lot qui concerne 32 des 34 lignes de « désenclavement » – considérées comme déficitaires – et pour lequel seule Air Tahiti avait formulé une proposition. Problème : cette offre était en « décalage complet avec le cahier des charges introduits dans l’appel d’offre », comme l’explique Jean-Christophe Bouissou.

Le président Édouard Fritch s’apprête donc, comme il l’avait fait le 1er juillet, à signer avec la direction d’Air Tahiti une convention de desserte de 6 mois. Comme le rapportait Tahiti Infos ce matin, le conseil d’administration de la compagnie a donné son aval. Le nouveau document prévoit, comme le précédent, une subvention de 450 millions de francs à Air Tahiti, « net de TVA cette fois ». En revanche il ne précise pas, comme c’était le cas dans la dernière version, que la compagnie s’interdit tout licenciement sur la période.

L’idée est donc de s’accorder du temps pour remodeler le cahier des charges, et « échanger » avec la compagnie locale sur une desserte « qui soit dans l’intérêt de tous ». Bien sûr, qui dit nouvel appel d’offre, dit nouvelle candidature, et celle d’Air Tahiti ne sera pas nécessairement la seule en lice. « C’est un appel d’offre ouvert« , reprend le ministre, qui doute, tout de même, qu’après cette première phase, un nouvel acteur fasse son apparition.  « Sans compter que l’aérien est actuellement un domaine à risque ».

Et si Air Tahiti maintenait, dans sa future offre des offres tarifaires trop élevées ou des dessertes trop peu fréquentes des petites îles par rapports aux souhaits du Pays ? « Nous ne sommes pas dans une approche d’opposition avec l’opérateur (…) et je ne peux pas penser qu’Air Tahiti veuille se mettre dans une position conflictuelle », répond le ministre. D’après lui, les discussions entre la société et son actionnaire minoritaire (14%, sans compter les parts d’ATN ou de la Socredo au capital) vont se passer « en bonne intelligence ».

Avec 3 milliards de pertes prévues en 2020, Air Tahiti a pourtant toutes les raisons d’être prudente sur ses offres. Difficile, dans ce contexte, d’avancer vers une baisse de tarifs pourtant promise par le gouvernement, au moins dans les petites îles. Des efforts ne pourront probablement pas être demandés à Air Tahiti « dès demain », reconnait Jean-Christophe Bouissou, mais le gouvernement compte sur la reprise économique et touristique pour dégager des marges de manœuvre rapidement. Le directeur général de la compagnie, Manate Vivish, estimait il y a quelques mois que la pleine activité ne reviendrait pas avant « au moins 2023 ». D’après Jean-Christophe Bouissou, les nouvelles projections seraient moins pessimistes, et un retour à l’équilibre pourrait être atteint, dans le cadre du mécanisme de subvention des dessertes de désenclavement, dès 2022.

À noter que le deuxième lot de l’appel d’offre, lui, a bien été attribué, à la compagnie Tahiti Air Charter. Cette dernière, qui doit s’équiper de « nouveaux avions adaptés pour les pistes des Marquises », assurera donc bien, si elle obtient toutes les certifications nécessaires auprès de l’aviation civile, la desserte de Ua Pou et Ua Huka. Mais là encore, ce ne sera pas avant le 1er juillet prochain. « On ne veut pas que cette délégation de service public amène un opérateur à devoir faire tellement vite qu’il ferait mal », pointe Jean-Christophe Bouissou. La convention passée avec Air Tahiti oblige la compagnie à assurer cette desserte d’ici là, « avec une organisation nouvelle », et sans la bannière Air Archipels.

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