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Trois ans d’inéligibilité requis contre Flosse

Le procureur a requis un an de prison ferme et trois ans d’inéligibilité à l’encontre de Gaston Flosse, mardi après-midi, lors du procès de l’affaire de la vaisselle de la présidence. De son côté, la défense de l’ancien président a plaidé la relaxe en soutenant que la vaisselle retrouvée chez Gaston Flosse n’était pas légalement la propriété du Pays.

Le procès de l’affaire de la « vaisselle » de la présidence s’est déroulé tout l’après-midi de mardi devant le tribunal correctionnel de Papeete. L’ancien président Gaston Flosse et sa compagne, Pascale Haiti, comparassaient pour « détournement de biens appartenant à la Polynésie française ». Pour la première fois, le président du tribunal correctionnel est revenu en détails sur la genèse de cette retentissante affaire dont les faits remontent au retour de Gaston Flosse au pouvoir en 2013 et à la réception d’une délégation officielle de potentiels investisseurs chinois en Polynésie. « Lorsque nous sommes arrivés à la présidence, tout avait disparu », a raconté Gaston Flosse à la barre du tribunal. « Plus d’ordinateurs, plus de matériel de bureau, plus de papier à lettre… ». Les crédits de la présidence étant épuisés, l’ancien président du Pays a alors fait appel à deux « amis » et « sponsors », Franklin Sui et Jules Chang, pour leur demander de financer le service de vaisselle de la présidence. Les deux hommes ont accepté et financé l’achat, « auprès d’une cristallerie réputée de Moselle » et « de la boutique Christophe à Paris », d’un service complet de vaisselle en porcelaine de Limoges, de couverts en argent et de verres en cristal à l’effigie de la présidence de la Polynésie pour près de 7 millions de Fcfp. La vaisselle a ensuite été convoyée par le président de l’assemblée, Marcel Tuihani, avec une autorisation exceptionnelle de surpoids acceptée par la compagnie Air Tahiti Nui, avant d’être autorisée, tout aussi exceptionnellement, à sortir en urgence de la zone sous douane en échange d’une régularisation du dédouanement sous 72 heures. Mais cette fois-ci, c’est la présidence qui a réglé les frais de dédouanement pour près de 1,2 million de Fcfp. « La délégation chinoise a ensuite mangé avec cette vaisselle et le lendemain c’était le haut-commissaire », n’a pas manqué de rappeler malicieusement Gaston Flosse à la barre. Et ce n’est qu’après que ce même haut-commissaire ait signifié sa démission d’office à Gaston Flosse, le 17 septembre 2014, que Pascale Haiti a emporté le service de vaisselle au domicile du couple à Erima. « Elle estimait, en toute bonne foi, que cette vaisselle était la notre », a assuré Gaston Flosse.

Prison ferme et inéligibilité contre relaxe

Estimant que le couple s’était accaparé des biens appartenant au Pays, le vice-procureur Yann Hausner a requis une peine d’un an de prison ferme et de trois ans d’inéligibilité à l’encontre de l’ancien président du Pays au très lourd casier judiciaire. Contre Pascale Haiti, le représentant du parquet a requis une peine de 6 mois de sursis et de 1,5 millions de Fcfp d’amende. L’avocat du Pays, Me François Mestre, a également formulé une demande d’indemnisation pour l’image de la Polynésie à hauteur de 2 millions de Fcfp. Mais la défense, menée par Mes François Quinquis et Vincent Dubois, a soutenu mordicus « la relaxe » des deux prévenus. Le principal argument développé par les deux avocats réside dans la qualification pénale du « détournement de biens appartenant à la Polynésie française ». Pour la défense, il faut impérativement qu’il y ait une décision du conseil des ministres pour qu’un « don » tel que celui de la vaisselle puisse passer dans le patrimoine du Pays. Sans cette procédure, les deux avocats ont soutenu que leurs clients ne pouvaient se voir reprocher d’avoir détourné un bien appartenant au Pays. La réponse du tribunal à cet argument et le délibéré de l’affaire ont été fixés au 11 octobre prochain.

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2 Commentaires

  1. Daniel BUSSON
    10 août 2016 à 5h30 — Répondre

    Mais non, mais non, Madame Flosse a emmené la vaisselle pour la laver et elle attendait qu’elle soit bien égouttée et bien sèche pour la rendre. La preuve, quand la police est venue, Monsieur Flosse avait encore le torchon à la main. Alors? C’est la relaxe évidement!

  2. simone grand
    10 août 2016 à 16h05 — Répondre

    le Pays ayant payé le dédouanement reconnaît en être propriétaire d’autant que le budget a été approuvé par le CM et l’AP.

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