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Trump face à la presse, attendu sur ses liens avec Moscou

New York (AFP) – Au lendemain des adieux de Barack Obama, les projecteurs se braquent vers Donald Trump qui doit répondre mercredi aux questions des journalistes après la publication de documents potentiellement explosifs sur ses liens avec Moscou.

A dix jours de sa prise de fonction à la tête de la première puissance mondiale, l’homme d’affaires de 70 ans tient sa première conférence de presse depuis son élection, il y a deux mois.

Le rendez-vous très attendu est fixé à 11H00 (16H00 GMT) dans la Trump Tower, au coeur de Manhattan. C’est dans ce même bâtiment de verre qu’il avait lancé, le 16 juin 2015, sa candidature après une descente d’escalator désormais célèbre.

Plusieurs médias américains ont fait état mardi soir d’un document de 35 pages contenant des informations compromettantes qui accréditent l’hypothèse de liens entre l’entourage de Donald Trump et le pouvoir russe.

Le document a été rédigé par un ancien agent du contre-espionnage britannique qui est jugé crédible par le renseignement américain.

Ces informations, malgré de nombreuses zones d’ombre, ont provoqué le trouble à Washington, et notamment au Congrès.

Selon CNN, les chefs du renseignement américain ont présenté à M. Trump, ainsi qu’à Barack Obama et plusieurs responsables du Congrès, un résumé de deux pages du document, ce qui souligne l’importance qu’ils accordent à ces informations.

– ‘Chasse aux sorcières’ –

« Fausses informations – une chasse aux sorcières totale! » a réagi le milliardaire sur Twitter.

Les notes détaillent notamment des informations sur des échanges de renseignements supposés pendant plusieurs années entre Donald Trump, ses proches et le Kremlin, dans les deux directions.

Les 35 pages ont été publiées mardi par le site d’information BuzzFeed, qui a cependant précisé qu’il n’était pas en mesure de les authentifier. Leur contenu n’a pas non plus été certifié par des sources officielles.

En plein bras de fer avec les services de renseignement au sujet du piratage informatique présumé par Moscou de la présidentielle américaine, M. Trump a martelé ce week-end que « seuls les imbéciles » pouvaient penser qu’avoir « une bonne relation avec la Russie était (…) une mauvaise chose ».

Selon un sondage Quinnipiac University publié mardi, 51% des électeurs désapprouvent (contre 31% qui approuvent) la façon dont il remplit son rôle de président élu. Et une majorité d’entre eux jugent qu’il devrait mettre fin à ses tweets.

Le septuagénaire, qui ne cache pas son mépris pour les médias, est un grand adepte de Twitter qu’il utilise quotidiennement pour prendre position ou railler ceux qui émettent des critiques à son encontre.

– Grand oral de Rex Tillerson –

Le président élu, qui n’a pas participé à une véritable conférence de presse depuis fin juillet, devait initialement se plier à l’exercice le 15 décembre pour s’exprimer sur le devenir de son empire immobilier mais avait annulé le rendez-vous.

« Même si la loi ne m’y oblige pas, je vais abandonner mes affaires avant le 20 janvier pour pouvoir me concentrer sur la présidence », avait-il alors tweeté, indiquant, sans autres précisions, que deux de ses enfants, Don et Eric, en auraient la charge.

Question centrale: comment le magnat de l’immobilier tracera-t-il une ligne étanche entre ses affaires et sa présidence tant sa famille a été étroitement associée à sa campagne et à la transition? 

Son groupe, Trump Organization, est une nébuleuse non cotée en Bourse, avec des activités dans 20 pays, de l’Ecosse à Dubaï via les Philippines, de l’hôtellerie au mannequinat en passant par les clubs de golf et les gratte-ciel résidentiels.

La société ne publie aucun chiffre, et faute de déclarations d’impôts que le milliardaire a toujours refusé de publier, impossible de se faire une idée précise.

Le flou est tel que l’évaluation même de la fortune de M. Trump est controversée: lui-même dit 10 milliards, Forbes 3,7.

L’orientation de sa politique étrangère, sur laquelle il entretient un très grand flou, devrait être largement débattue avant même sa conférence de presse, dès mercredi matin au Sénat. Et il sera aussi question du Kremlin.

L’ancien patron d’ExxonMobil Rex Tillerson, désigné par Donald Trump pour prendre la tête du département d’Etat, passera en effet son grand oral devant la puissante commission des Affaires étrangères.

Rex Tillerson, dont les liens avec la Russie suscitent des grincements de dent au Capitole, devra convaincre qu’il peut passer des sommets de l’industrie pétrolière à la tête du premier réseau diplomatique de la planète.

Le président américain élu Donald Trump fait une déclaration aux médias, le 9 janvier 2017 à la Trump Tower à New York. © AFP

© AFP TIMOTHY A. CLARY
Le président américain élu Donald Trump fait une déclaration aux médias, le 9 janvier 2017 à la Trump Tower à New York

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