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Trump à Mexico: les Etats-Unis ont le droit "de construire un mur" à leur frontière

Mexico (AFP) – Donald Trump a réaffirmé mercredi à Mexico le droit des Etats-Unis de « construire un mur » à leur frontière, lors d’une rencontre controversée avec le président mexicain qui a signifié au candidat républicain à la Maison Blanche son refus de payer pour édifier ce mur.

Jouant l’apaisement, Donald Trump a adopté un ton policé, vantant les qualités de l' »incroyable » peuple mexicain, tout en se gardant de revenir sur sa principale promesse de campagne: la construction d’un mur pour tenir à distance les problèmes de son voisin du sud.

Le président mexicain Enrique Pena Nieto a toutefois réitéré sur Twitter son refus de régler la facture de son éventuelle construction. « Au début de la conversation avec Donald Trump, j’ai indiqué clairement que le Mexique ne paiera pas pour le mur », a-t-il écrit.

Lors de cette visite éclair de trois heures, M. Trump a surtout tenté de convaincre les électeurs américains de sa stature d’homme d’Etat. Il a également essayé de persuader du bien-fondé de sa proposition en matière de lutte contre l’immigration illégale, les trafics de drogue ou d’armes, tout en assurant que les Etats-Unis avaient le droit « de construire un mur ».

« L’immigration illégale est un problème pour le Mexique ainsi que pour nous », s’est-il justifié. « Les drogues sont un problème terrible pour le Mexique comme pour nous. Ce n’est pas une rue à sens unique » a noté M. Trump.

Le président mexicain a de son côté souligné la nécessité de travailler ensemble pour avoir une frontière « plus sûre et efficace », mais a insisté sur l’importance d’empêcher les flux d’armes et d’argent en provenance des Etats-Unis qui alimentent les organisations criminelles implantées plus au sud.

« Beaucoup de vies pourraient être sauvées des deux côtés de la frontière » a-t-il rappelé.

Dans un communiqué, l’équipe de campagne de M. Trump a qualifié la rencontre de « discussion » et « non de négociation ».

– ‘Humiliation à domicile’ –

Le milliardaire américain a quitté Mexico vers 16h00 locales (21h00 GMT).

Cette visite surprise a suscité de nombreuses critiques dans les médias mexicains et sur les réseaux sociaux depuis son annonce mardi soir par les deux hommes, qui jusqu’alors s’étaient affrontés à distance avant de se tendre la main.

« Nous ne l’aimons pas, nous ne voulons pas de lui » avait déclaré l’ancien président mexicain Vicente Fox sur CNN, « au nom des quelque 130 millions de Mexicains ».

La rivale démocrate de M. Trump, Hillary Clinton, avait raillé de son côté la « séance photo » de son adversaire. 

A l’issue de la visite, les commentaires n’ont pas été plus tendres pour le président mexicain dont la cote de popularité est au plus bas dans les sondages.

« Voici la phrase qui résume la visite de #Trump à Mexico: +Humiliation à domicile+ », a tweeté la chroniqueuse Denise Dresser après la visite.

« J’ai honte de voir un président aussi soumis », a commenté de son côté le professeur et militant des droits de l’homme Sergio Aguayo. 

Le parti de gauche PRD n’a pas été en reste, déplorant sur Twitter « la honteuse et déplorable image présidentielle donnée par Enrique Pena Nieto ».

M. Trump, également malmené dans les sondages, pourra se vanter devant ses militants d’avoir fait preuve de diplomatie, et d’entretenir de bonnes relations avec Pena Nieto en dépit de ses déclarations explosives sur les clandestins mexicains.

Le magnat new-yorkais avait bâti sa campagne en accusant le Mexique de lui envoyer ses pires éléments. 

Ses propos avaient scandalisé les Mexicains qui avaient brûlé ses effigies dans plusieurs villes du pays en mars lors de la Semaine sainte.

Le président mexicain avait quant à lui exclu de régler la facture et comparé Donald Trump à Adolf Hitler et Benito Mussolini.

« Je crois au dialogue pour promouvoir les intérêts du Mexique dans le monde et, principalement, pour protéger les Mexicains, où qu’ils se trouvent », avait justifié sur Twitter M. Pena Nieto, après avoir invité les deux candidats à la Maison Blanche. 

L’épilogue de cette journée se déroulera en fin de journée à Phoenix (Arizona, sud-ouest des Etats-Unis), où Donald Trump doit clarifier ses propositions sur le sort des quelque 11 millions de clandestins, en majorité mexicains, qui vivent aux Etats-Unis.

Le candidat à la présidence des Etats-Unis Donald Trump (D) en compagnie du président mexicain Enrique Pena Nieto à Mexico City le 31 août 2016. © AFP

© AFP YURI CORTEZ
Le candidat à la présidence des Etats-Unis Donald Trump (D) en compagnie du président mexicain Enrique Pena Nieto à Mexico City le 31 août 2016

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