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« Tu veux pas affaire ton rein » ? – Edito 17/10/2018

Manifestement l’association un Don de vie et le service spécialisé en greffe rénale du CHT du Taaone notent une baisse des dons sur l’année écoulée. Pourtant depuis 2016 en Polynésie aussi, en l’absence de s’être exprimé de son vivant contre un prélèvement il se trouve que nous sommes tous donneurs potentiels. Cependant des considérations irrationnelles rentrent en ligne de compte et pour ne pas faire d’histoire, les médecins ne prélèvent rien lorsque l’on n’est pas tout à fait sûr. D’où l’importance de faire connaître fermement notre position à nos proches quand nous le pouvons encore.

On pourrait croire qu’il s’agit d’un problème vis à vis des religions, mais ce n’est pas le cas, aucune des grandes confessions religieuses du Pays ne s’oppose au don et à la greffe. Les « conditions irrationnelles » dont je faisais allusion plus haut c’est par exemple s’imaginer que comme nous sommes venus au monde entier, l’on doit repartir entier aussi.

Il ne s’agit pas de stigmatiser ceux qui ne veulent pas donner, c’est leur droit le plus … entier, mais il faut cependant mettre en perspective les peurs irrationnelles avec la souffrance vécue par des centaines de personnes dialysées. Passer 3 fois 4 heures par semaine à faire filtrer son sang et devoir en subir le contre coup avec un changement radical de son quotidien, c’est poignant.

Je ne pense pas pouvoir aujourd’hui vous l’exprimer mieux qu’en 2015 où sur le sujet, je vous disais qu’en donnant un organe on ne fait pas que refiler un bout de bidoche à quelqu’un qui en a besoin, en fait, on offre la vie.

Quel incroyable et merveilleux cadeau fait à l’humanité de permettre la préservation de l’espèce en participant à faire taire les souffrances de son prochain et lui permettre de connaître encore de nombreux moments de joie auprès de ceux qu’il aime.

Mais il y a des choses que j’aurais préféré ne pas lire ces dernières 48h. Ainsi certains se disent prêts à soutenir le don d’organe à condition que celui qui en bénéficie participe au financement des obsèques du donneur. Je n’avais pas imaginé qu’au final les attaches religieuses ou morales pouvaient aussi être supplantées par des considérations bassement matérielles. Sans doute des gens en perte de repères qui auront pris au 1er degré l’expression « ça coûte un rein ». Ceux-là même qui sans le savoir se mettent sur la liste d’attente pour une greffe de jugeote ou juste d’un tout petit supplément d’âme …

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