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Turquie: la purge s'intensifie, l'inquiétude à l'étranger aussi

Ankara (AFP) – Le président turc Recep Tayyip Erdogan a présidé une longue réunion du Conseil de sécurité nationale et réuni ses ministres mercredi tandis que la purge de l’après-coup d’Etat s’intensifiait encore, attirant à Ankara de vives critiques.

Arrestations, suspensions, limogeages… Le coup de balai touche 55.000 Turcs notamment dans l’enseignement, la police, l’armée et les médias et suscite l’inquiétude à l’étranger, d’autant que des mesures d’urgence pour reprendre le pays en main étaient attendues.

« Presque quotidiennement, de nouvelles mesures sont prises, qui sont contraires à un mode d’action respectant l’Etat de droit », a ainsi déploré mercredi Steffen Seibert, porte-parole de la chancelière allemande Angela Merkel.

Mais le secrétaire d’Etat américain John Kerry a apporté le soutien américain à M. Erdogan, en déclarant: « Nous soutenons l’élimination par le gouvernement du coup » d’Etat manqué de vendredi soir.

« Nous soutenons le gouvernement démocratique (…). Nous condamnons le coup » d’Etat, a insisté John Kerry devant la presse, refusant de « commenter » les purges opérées par Ankara.

La tentative de coup d’Etat, dans la nuit de vendredi à samedi, a fait plus de 300 morts et semé le chaos, notamment à Ankara, où le parlement et le siège de la police ont été bombardés par les mutins.

De retour dans la capitale pour la première fois depuis ces événements, M. Erdogan a présidé un Conseil de sécurité nationale qui a duré 4H40, avant un conseil des ministres à l’issue duquel un communiqué devait être publié, selon l’agence de presse progouvernementale Anadolu.

Cinq jours après la tentative de putsch, le plus grave coup porté au règne de 13 ans de M. Erdogan sur la vie politique turque, environ 55.000 personnes ont été suspendues de leurs fonctions ou limogées, ressort-il du comptage de l’AFP à partir des chiffres officiels et des médias turcs.

Par ailleurs, plus de 9.000 suspects ont été placés en garde à vue ou arrêtés, sans que l’on sache dans l’immédiat s’ils étaient comptabilisés parmi les quelque 55.000 victimes des purges.

Selon Anadolu, 99 généraux et amiraux ont été placés en détention provisoire en attente de leur procès. L’aide de camp de M. Erdogan, Ali Yacizi,a été placé en détention.

Un nouveau bilan officiel des événements sanglants du putsch a fait état de 312 morts, dont 145 civils, 60 policiers et trois soldats. 104 rebelles ont été tués.

– Erdogan galvanisé –

Ces deux réunions à Ankara interviennent a sur fond de reprise en main plus vaste encore mercredi.

Le Conseil de l’enseignement supérieur (YÖK) a ainsi interdit, jusqu’à nouvel ordre, toutes les missions à l’étranger des universitaires, a rapporté Anadolu.

Mercredi, l’armée de l’air a de nouveau frappé des positions en Irak des rebelles kurdes du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), signifiant à ceux qui pouvaient encore en douter que M. Erdogan avait repris le contrôle absolu de l’armée de l’air. 

Si l’identité des responsables du putsch reste floue, l’armée de l’air est soupçonnée d’y avoir joué un rôle central et son ex-chef, le général Akin Oztürk, se trouve derrière les barreaux dans l’attente de son procès.

Ces événements dramatiques ont apparemment galvanisé M. Erdogan, omniprésent auprès des foules stambouliotes. Il a appelé ses sympathisants à continuer de montrer leur soutien, en descendant nombreux dans les rues des grandes villes comme son fief politique Istanbul, Ankara et Izmir (ouest). 

Un responsable turc a indiqué à l’AFP que le président était arrivé mardi soir dans la capitale, où il a reçu, pour la première fois depuis le coup d’Etat avorté, un dirigeant étranger pour une réunion bilatérale, le Premier ministre géorgien Guiorgui Kvirikachvili. Signe que la vie reprenait son cours.

Mais mardi, les autorités avaient demandé la démission de plus de 1.500 doyens d’université et suspendu 21.738 employés du ministère de l’Education soupçonnés d’être liés au prédicateur Fethullah Gülen, accusé par le gouvernement d’avoir été l’instigateur du putsch mais qui a formellement démenti toute implication. Une vingtaine de médias audiovisuels ont perdu leur licence.

Illustration de l’inquiétude persistante, l’agence de notation SP Global Ratings a annoncé mercredi avoir abaissé d’un cran la note souveraine (BB au lieu de BB+) de la Turquie en raison de la « période d’incertitude accrue ».

Par ailleurs, le buteur allemand du club de football de Besiktas, Mario Gomez, a annoncé qu’il quitterait son équipe stambouliote à cause de la « situation politique » en Turquie.

Les autorités turques ont en outre bloqué mercredi l’accès au site internet WikiLeaks, après la publication de près de 300.000 emails de responsables du Parti de la justice et du développement (AKP, islamo-conservateur), au pouvoir en Turquie.

Le président turc Erdogan (c) lors des funérailles d'une victime du putsch, le 17 juillet 2016 à Istanbul. © AFP

© AFP/Archives ARIS MESSINIS
Le président turc Erdogan (c) lors des funérailles d’une victime du putsch, le 17 juillet 2016 à Istanbul

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1 Commentaire

  1. tupai
    21 juillet 2016 à 9h02 — Répondre

    la Turquie de M. Erdogan ne peut plus faire partie de l’Union Européenne

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