AFPINTERNATIONAL

Uber et chauffeurs de VTC se retrouveront mardi

Paris (AFP) – Des chauffeurs de VTC et des plateformes, notamment Uber, doivent reprendre les discussions mardi après-midi au secrétariat d’Etat aux Transports, pour tenter de nouveau de trouver une solution au conflit qui les oppose, et éviter de nouveaux blocages.

Les négociations, qui avaient duré trois heures lundi matin, ont brièvement repris lundi soir avec les plateformes Uber et Le Cab, avant d’être de nouveau suspendues jusqu’à mardi à 14H00.

Le secrétaire d’Etat aux Transports Alain Vidalies a demandé à Uber « une avancée immédiate en gelant temporairement l’augmentation de sa commission, récemment passée de 20 à 25%, le temps de mener ces négociations ».

« Uber, sans rejeter cette mesure temporaire, a demandé un délai supplémentaire afin de faire connaitre la position du groupe. Elle s’est engagée à faire part de sa réponse lors d’une nouvelle réunion qui se tiendra demain à 14H00 au ministère », ajoute le secrétariat d’Etat dans un communiqué diffusé à l’issue de la réunion.

Par ailleurs, « Alain Vidalies a fait (lundi) la proposition que les parties s’engagent dans un cycle de discussions, sous l’égide d’un médiateur nommé par le gouvernement, sur quatre thématiques: la tarification; les conditions de déconnexion des plateformes pour les chauffeurs; la protection sociale; et les charges. Ces négociations devront se conclure d’ici le 31 janvier 2017. Cette proposition a été reçue positivement », se réjouit le ministère.

A la sortie de la réunion, les syndicats de chauffeurs, très remontés, ont menacé d’appeler à une nouvelle mobilisation si la réponse donnée mardi par le siège californien d’Uber ne les satisfaisait pas.

« Après-demain matin, on réenclenche, demain avant 14H00/15H00 maximum on aura posé notre préavis d’autorisation officielle et on réattaquera après-demain », a déclaré Sayah Baaroun (Unsa-VTC), assurant qu’il « n’y aura aucune mobilisation ce soir ».

« Ce soir on a l’impression d’avoir un peu une réunion qui n’a servi à rien », a déploré Fabian Tosolini (CFDT-Transport), indiquant que « si demain à 14H00 il n’y a pas de réponse de la part de l’entreprise Uber, (…) la CFDT appellera à la mobilisation comme elle l’a déjà fait ».

– « Baratin habituel » –

« Uber était présent, soi-disant ils n’ont pas eu l’accord de leur patron aux Etats-Unis (sur la hausse des tarifs et sur la baisse des commissions). Ils n’ont pas eu cet accord-là et ils ont tout simplement botté en touche », a dénoncé Helmi Mamlouk (Capa-VTC).

« Uber a encore une fois usé de son baratin habituel et n’a absolument pas répondu à nos revendications. (…) Demain nous réunissons toutes les organisations qui ont été présentes ici pour décider de futures actions, de futures manifestations », a-t-il ajouté.

La réunion était présidée lundi soir par le directeur de cabinet d’Alain Vidalies, et non par le secrétaire d’Etat lui-même, celui-ci ayant fait « un léger malaise dans l’après-midi », indique-t-on au ministère.

Les chauffeurs de VTC (voitures de transport avec chauffeur), qui ont entamé jeudi leur mouvement, demandent une amélioration de leur rémunération et de leurs conditions sociales.

Dans un communiqué, Uber indiquait que des « décisions concrètes ont été prises depuis le 8 décembre avec une hausse des prix de 13%, en parallèle de la hausse de la commission de 5 points (de 20% à 25%) », ajoutant que « des discussions sont toujours en cours (…) afin de travailler aux évolutions du travail indépendant, à l’amélioration de la protection sociale, ainsi qu’à la rentabilité des chauffeurs VTC indépendants ».

D’autres plateformes – Allocab, Chauffeur-privé, Marcel et Snapcar – réunies au sein de la Fédération française du transport de personnes sur réservation (FFTPR) étaient absentes lundi, pour ne « pas interférer dans les discussions qui opposent Uber (aux) chauffeurs », a indiqué Yves Weisselberger, président de la FFTPR, dans un communiqué.

Contacté par l’AFP, il a également fait état d' »interrogations sur la représentativité des chauffeurs » et déploré les « actions violentes » des derniers jours.

Le député PS Laurent Grandguillaume, dont la proposition de loi encadrant les plateformes VTC doit être définitivement adoptée cette semaine par le Parlement, a estimé sur Twitter que « le modèle Uber c’est le Far West sans shérif ».

Devant le secrétariat d'Etat aux Transports à Paris, le 19 décembre 2016. © AFP

© AFP bertrand GUAY
Devant le secrétariat d’Etat aux Transports à Paris, le 19 décembre 2016

Article précedent

Un camion fonce dans un marché de Noël à Berlin: plusieurs morts

Article suivant

Suisse: un homme tire dans un centre islamique, trois blessés (police)

Aucun Commentaire

Laisser un commentaire


Dernières vidéos

PARTAGER

Uber et chauffeurs de VTC se retrouveront mardi