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Uber face aux chauffeurs, le conflit se poursuit au ministère

Paris (AFP) – Le conflit entre les chauffeurs VTC et les plateformes, notamment Uber, se poursuivait lundi, avec une réunion au secrétariat d’Etat aux Transports pour tenter de trouver une issue, après plusieurs blocages et une plainte d’Uber pour des menaces.

Les syndicats Capa-VTC, UNSA-VTC et Actif-VTC et l’association de chauffeurs de VTC indépendants AMT (Alternative mobilité transport) étaient présents lundi matin autour de la table, pour cette rencontre organisée à partir de 10H15 sous l’égide du secrétaire aux Transports Alain Vidalies.

Vent debout contre les plateformes de réservation, notamment Uber, et leur politique tarifaire jugée défavorable et décidée sans concertation, ils ont d’ores et déjà prévenu qu’ils pourraient relancer leur mouvement – débuté jeudi – s’ils n’obtenaient pas satisfaction.

Sayah Baaroun (Unsa-VTC) a indiqué à l’AFP attendre de cette réunion une « augmentation immédiate des tarifs », ainsi qu’un « calendrier de réunions sous la tutelle du ministère pour la rentabilité, les commissions discipline et différents aspects techniques du métier ».

« On est venu démolir l’+ubérisation+ », a-t-il déclaré, estimant qu’il s’agit d' »une économie qui ne marche pas et qui ne marchera pas ».

« Uber a un positionnement dominant sur le secteur. L’objectif c’est de forcer l’ensemble des plateformes à s’organiser pour qu’il y ait plus de concurrence entre elles pour pouvoir rehausser les tarifications des chauffeurs », a nuancé auprès de l’AFP Fabian Tosolini (CFDT-Transport).

Chez Uber, « le kilométrage parcouru n’est pas rémunéré, on a des chauffeurs payés au temps (à la durée, NDLR), avec des charges toujours plus importantes. Aujourd’hui c’est une double peine pour eux », a-t-il ajouté, précisant que le syndicat « a travaillé depuis huit mois pour tenter de construire un dialogue social dans le secteur », sans réussir à trouver un « accord sur l’ensemble des points ».

– Absence des plateformes françaises –

Face à eux pour négocier, l’américain Uber, principalement visé par les chauffeurs, et sommé par le gouvernement de dialoguer.

D’autres plateformes – Allocab, Chauffeur-privé, Marcel et Snapcar – réunies au sein de la Fédération française du transport de personnes sur réservation (FFTPR) n’ont pas souhaité participer, estimant ne pas être concernées.

« Nous remercions le ministère de nous avoir conviés mais nous ne voulons pas interférer dans les discussions qui opposent Uber et les chauffeurs, ce qui risquerait de les compliquer. A ce stade, notre présence ne nous semble pas appropriée », a indiqué Yves Weisselberger, président de la FFTPR dans un communiqué.

Une première rencontre avait été organisée vendredi dernier au ministère.

« Uber défie l’État de droit en permanence, refuse depuis des mois le dialogue avec les chauffeurs VTC. C’est une posture irresponsable », a dénoncé lundi sur Twitter le député PS Laurent Grandguillaume, dont la proposition de loi encadrant les plateformes de VTC (voitures de transport avec chauffeur) doit être définitivement adoptée cette semaine par le Parlement.

« Le modèle Uber c’est le Far West sans shérif, le mythe de l’ubérisation heureuse est tombé », a ajouté le député, pour qui « le conflit entre Uber et les chauffeurs VTC est le résultat du refus de dialogue depuis des mois avec les chauffeurs ».

L’Assemblée nationale doit examiner lundi en seconde lecture ce projet de loi, qui vise à « pacifier » les relations dans le transport public de la personne, notamment entre taxis et VTC, lutter contre l’emprise des plateformes sur les chauffeurs et durcir l’accès à cette dernière profession.

Des VTC grévistes jettent de la farine sur une voiture d'un chauffeur non-gréviste, le 16 décembre 2016 sur l'autoroute reliant Paris à l'aéroport Roissy-Charles-de-Gaulle.. © AFP

© AFP/Archives GEOFFROY VAN DER HASSELT
Des VTC grévistes jettent de la farine sur une voiture d’un chauffeur non-gréviste, le 16 décembre 2016 sur l’autoroute reliant Paris à l’aéroport Roissy-Charles-de-Gaulle.

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