
Il y a trois mois, la vice-présidente Minarii Galenon annonçait la création d’un « conseil des hommes bienveillants », qui devait s’impliquer dans la réflexion sur les violences faites aux femmes. Après plusieurs réunions de préparation, le conseil, désormais constitué sous forme d’association, a perdu son « bienveillant », s’est recentré autour de quelques personnalités du sport, de l’entrepreneuriat ou l’éducation, et a mieux défini ses objectifs. Il s’agit de favoriser le dialogue sur les questions d’identité masculine, de santé ou de relations familiales, de travailler à la prévention des violences, mais aussi des addictions ou sur « l’expression apaisée des émotions ». Le coach sportif Clay Ellis a été élu président, et le chef de cabinet de Minarii Galenon William Temahuki en est le secrétaire.
Après le Conseil des femmes de Polynésie qui fédère, depuis plus de quarante ans, les associations œuvrant pour la condition et les droits des femmes, des enfants et des familles, c’est aujourd’hui le Conseil des hommes qui voit le jour. Officiellement lancée lors d’une assemblée générale constitutive qui s’est tenue le 17 février dans l’amphithéâtre de l’IJSPF, cette nouvelle association, a comme objectif principal de créer un espace dédié aux hommes, de toutes générations et de toutes conditions, autour de questions sociétales, familiales, culturelles et personnelles.
Trois réunions et quelques changements.
C’est la vice-présidente et ministre en charge des Solidarité, de la Famille et de la condition féminine Minarii Galenon qui a poussé à la création de cette structure, appelée de ses vœux lors du lancement de l’Observatoire des violences faites aux femmes. Le constat de cet observatoire, créé avec la première présidente de la Cour d’appel Gwenola Joly-Coz n’est pas surprenant : la quasi-totalité de ces violences en question sont le fait d’hommes et l’ensemble des décès liés à ces violences, en tout cas ceux qui ont été jugés entre 2024 et 2025, sont imputables à des auteurs masculins. L’idée de Minarii Galenon, qui a longtemps présidé le Conseil des femmes, est de « mieux impliquer les hommes à la réflexion » sur la lutte contre ces violences et de s’appuyer sur les membres de cette structure pour amorcer des changements sociétaux, « à travers leurs attitudes, leur exemplarité et leur posture de respect ».
Une première réunion préparatoire avait été convoquée à la vice-présidence en novembre, avec parmi les invités autour de la table des personnalités comme le procureur général Frédéric Benet-Chambellan, le Mister Tahiti 2025 Nohoarii Thuau, le président du Medef Steve Hamblin, ou Karel Luciani, de l’association Cousins Cousines. Dès ce premier rendez-vous, certaines objections s’étaient fait connaître, sur l’objet exact de cette structure de réflexion, qui contrairement au Conseil des femmes, ne rassemble pas des associations active sur le terrain ou sur son nom. Trois réunions plus tard, le conseil des hommes n’est plus « bienveillant » – certains futurs membres étaient gênés par le qualificatif -, certaines personnalités n’ont pas participé aux échanges, mais les statuts ont été rédigés, et l’association a été formellement créée, sans liens formels avec la vice-présidence, mais tout de même avec le chef de cabinet de Minarii Galenon, William Temahuki, très actif dans ce lancement, comme secrétaire du conseil.
Parmi les axes prioritaires : identité masculine, vie familiale, santé et spiritualité
Les objectifs de ce conseil ont aussi été mieux définis : il s’agit, d’après le communiqué diffusé ce weekend, d’accompagner les hommes dans leur place au sein de la société contemporaine, en favorisant le dialogue autour de sujets parfois délicats mais essentiels : identité masculine, relations familiales, conditions de vie, santé ou encore valeurs culturelles et spirituelles. La prévention des violences intrafamiliales fait bien partie des premiers axes de réflexion, mais aux côtés de la prévention des addictions, des questions de santé mentale, de gestion du budget familial ou encore de l’“expression apaisée des émotions” . Des thématiques qui seront “appelées à évoluer à travers les échanges avec la société civile et les partenaires institutionnels et associatifs”, est-il précisé dans le communiqué. Pensé comme un acteur complémentaire des dispositifs existants, le Conseil des hommes veut développer une « démarche inclusive », axée sur la « responsabilisation », et le renforcement des liens familiaux et sociaux.
Des personnalités connues aux commandes
Le bureau de l’association a aussi été constitué. Clay Ellis, coach de natation, qui a été élu président, tandis que René Lou, coach de vie, Raoul Dogba, entrepreneur dans le bâtiment, et Léo Marais, conseiller municipal à Arue, composent le trio des vice-présidents. Aux côtés de William Temahuki, le secrétaire adjoint est Pitu Ateni, et le trésorier Pépin Mou Kam Tse, assisté de Hugo Thirouard.
À ce stade, ses membres ont choisi de rester discrets avant de s’exprimer officiellement. L’association attend que son enregistrement administratif soit finalisé et que sa création soit publiée au Journal officiel avant de révéler plus en détail ses ambitions et actions à venir. Une conférence de presse est prévue dans une dizaine de jours pour présenter, plus largement, le Conseil des hommes, ses objectifs et son programme d’action.
