EMISSIONSL'édito d'Alexandre TaliercioPodcasts

Un jour peut-être nous serons immortels … un jour … – Edito 05/02/2018

5Ce weekend hautement pluvieux m’a permis de faire ce qu’on appelle du binge-watching. C’est d’autant plus une tendance à la mode depuis qu’en Polynésie aussi nous avons la possibilité de nous abonner à des services audiovisuels à la demande. Vous vous trouvez une série, et vous enchaînez de manière boulimique épisode après épisode jusqu’à l’épuisement, ou … que la pluie s’arrête. J’ai ainsi pu découvrir sur Netflix une toute nouvelle série de science-fiction plutôt captivante, son nom « Altered Carbon ». Je vous fais le pitch vite fait : l’humanité a trouvé le moyen de se rendre immortelle, chaque humain porte une pile spéciale qui stocke sa conscience et ses souvenirs, et quand l’enveloppe charnelle est altérée, on se télécharge dans un nouveau corps, en tout cas celui qu’on peut se payer … Si la pile venait à être endommagée, c’est la vraie fin, sauf pour une caste de riches devenus des Dieux des temps modernes qui ont les moyens de faire un backup, une sauvegarde à distance de leurs données pour les déverser dans un clone de leur ancien corps. Intrigues diverses, sexe et sang, luttes des classes pour un accès à une immortalité sans concession font les ingrédients de cette série aux moyens colossaux qui rappelle un peu l’ambiance de Blade Runner.

Cela fait rêver surtout lorsque l’on est bien conscient de la fragilité de notre corps, des injustes événements qui peuvent l’endommager de manière irrémédiable et prématurée nous obligeant à vivre avec un terrible handicap, ou tout simplement à passer de vie à trépas sans avoir pu remplir tous les objectifs que l’on s’était lancé. Si l’immortalité est en effet un vieux rêve de l’humanité on en retrouve même la trace dans les promesses de certaines religions qui vous encouragent à embrasser leur foi pour accéder à la vie éternelle. Mais en attendant d’être touché par le doigt de Dieu, ou de développer des techniques anticipées par la science-fiction, on se débrouille avec les avancées de la médecine pour nous permettre de reculer au maximum l’échéance funeste, non pas par coquetterie et caprice de confort, non, juste pour que sa vie soit autre chose qu’un purgatoire rempli de souffrances au quotidien.

Aussi, lorsque j’ai lu un article de mes confrères de TNTV hier qui nous annonçait qu’en Polynésie le taux de refus de don d’organes était de 60% soit deux fois plus qu’en Métropole, ça m’a fait tiquer. Il y a donc des patients qui en raison de ces refus, attendent année après année de recevoir leur greffe de rein, la seule que l’on peut pour le moment réaliser chez nous. Ils doivent supporter un véritable calvaire, à subir jusqu’à trois dialyses par semaine. Arriver aux aurores au centre, attendre des heures sur une chaise, et enfin se faire dialyser pendant encore un bon moment à regarder son sang se faire filtrer par une machine. Certains ne tiennent pas le rythme et nous quittent. Tout ça pour un bout de bidoche qu’on aura préféré laisser pourrir au lieu qu’il puisse servir. Le prélèvement d’organe n’est pas une boucherie, il faut cesser de se faire des images fausses, il se fait dans le respect du défunt et de sa dépouille. Aussi au lieu de laisser nos proches tergiverser parce qu’ils ne savent pas qu’elle aurait été notre volonté, et qu’on loupe alors l’occasion de sauver quelqu’un, ayons tous le réflexe de manifester notoirement notre choix avant qu’il ne soit trop tard. L’immortalité est hors de portée, mais nous avons chacun en nous le potentiel que pour autrui elle soit plus longue la vie.

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