
©Teiki Dev/Service de l’artisanat traditionnel
L’événement doit se dérouler au musée de Tahiti et des îles du 24 au 26 avril prochain. Mais l’appel à candidature a été lancé dès maintenant et les experts en préparation de matières premières ont jusqu’au 25 février pour se faire connaitre. Cette première édition du marché des matières premières, organisé par le Service de l’artisanat traditionnel, doit mettre en avant les préparateurs, les matières mais aussi les enjeux du secteur.
Les salons, les expositions, les ventes… Tous ces événements organisés au fil de l’année par des associations et soutenus par le Service de l’artisanat traditionnel n’existeraient pas sans les fournisseurs et les préparateurs de matières premières. Pourtant, elles sont rarement mises en avant, sauf quand elles manquent. Comme ce fut le cas pour le pae’ore il y a quelques semaines. La fibre de pandanus se fait rare quand la météo est capricieuse. Sans soleil, pas de pae’ore. C’est aussi la nacre qui manque souvent. Les artisans qui sélectionnent les plus belles et les achètent en petite quantité ne font pas le poids face aux pays asiatiques qui les achètent par conteneurs entiers. Le more aussi commence à se faire rare et cette fois c’est un problème de préparation, comme l’explique Vanessa Cuneo, responsable du développement et de la communication du Service de l’artisanat traditionnel.
Et sans matières premières, pas d’artisanat ou d’art. Une problématique prise très au sérieux par le Service d’artisanat traditionnel qui a donc lancé cet événement pour sensibiliser le public et permettre aussi aux professionnels d’enrichir leur carnet d’adresses pour trouver plus facilement des matières premières. Le Service de l’artisanat traditionnel va également profiter de ce premier marché pour présenter des solutions innovantes à la pénurie de matières, comme ce déshydrateur de pandanus. “Il y a un projet en cours de mise en place d’un déshydratateur pour les préparateurs de pae’ore. C’est un déshydratateur qui fonctionne un peu comme avec les feuilles de tabac. C’est un projet pilote qu’on met en place à Rimatara. Nous sommes en train de faire un marché pour trouver la personne qui pourra nous fabriquer ce premier déshydratateur sur Rimatara. Et c’est un projet qui a été porté également par la circonscription des Australes.” Il est question de mettre en place cette nouvelle machine d’ici la fin de l’année.
Ce premier marché des matières premières sera aussi l’occasion de mettre en avant des matières moins connues comme le roseau des montagnes, utilisé notamment à Rapa, la fibre de coco, “très difficile à préparer mais qui reste une matière incroyable car elle est imputrescible”, la pierre fleurie, très rare, les graines également dont certaines sont toxiques. Le Service de l’artisanat attend donc des préparateurs de ces matières mais également les sociétés comme celles qui peuvent fournir du bois ou de l’os. L’événement est d’abord dédié aux professionnels mais aussi aux amateurs d’artisanat, aux danseurs, aux costumiers et aux scolaires.
- Pour les préparateurs de matières premières qui souhaitent être sur ce marché, il suffit d’aller sur le site de l’artisanat traditionnel et de remplir la feuille de candidature. Et le marché, ce sera donc du 24 au 26 avril prochain, au Musée de Tahiti et des îles.