EMISSIONSL'édito d'Alexandre Taliercio

Un monde au bord de l’embrasement – Edito 10/04/2017

Cela fait plus de cinquante ans que notre monde n’a jamais été aussi proche d’un embrasement, d’une nouvelle guerre mondiale. Avec le bombardement d’une base syrienne par les USA la semaine dernière et l’envoi en cours d’une de leur flotte nucléaire à portée de tir de la Corée du Nord, les motifs d’inquiétude sont bien légitimes. Tant de millénaires à construire une civilisation, à forger une histoire sur les cendres et le sang, pour montrer qu’au final on ne retient rien des leçons du passé, c’est édifiant.

Aussi à écouter les russes : pour éviter que le terreau du terrorisme radical ne prolifère il faudrait laisser aux manettes de la Syrie un tyran en costard. Un type qui n’hésite même pas à utiliser les moyens les plus sales, ici des armes chimiques, pour annihiler toute volonté de rébellion à l’égard de son régime. Combien d’enfants, de familles, fallait-il laisser périr ; combien de réunions stériles du conseil de sécurité de l’ONU où on y parle pour ne rien faire, fallait-il encore laisser se tenir, avant qu’on frappe pour tenter de faire retrouver la raison ?

J’étais de ceux qui trouvaient aberrant que Trump ait fini par se retrouver aux commandes de l’Amérique, y voyant la quintessence de la décadence d’un système qui aurait porté aux nues un bouffon incapable de gouverner. Il est bien loin d’avoir fait ses preuves encore, toutefois, sa dissidence par rapport à une nomenklatura lui permet justement de cesser de se perdre en conjectures stériles et rappeler que si aucune discussion ou acte diplomatique n’a permis au bon sens de prendre le dessus, la force, elle, est en mesure de le provoquer.

Bien entendu que le pari est risqué, mais peut-on par exemple laisser en Corée du Nord un despote laisser crever de faim sa population, la couper de tout accès à l’actualité du reste du monde, à l’obliger à un culte de sa personnalité placé au-dessus de toute ferveur religieuse, quelqu’un qui fait éliminer ses généraux renégats au canon anti char alignés devant un mur, se doter de missiles nucléaires ? Non. Et pourtant la Russie et la Chine implicitement disent oui.

Après les millions de morts des guerres passées, l’épuration ethnique et religieuse, la recrudescence du fanatisme, doit-on accepter de ne rien faire parce que le risque serait supposément de créer ce terreau fertile à ces derniers ? Le prétexte est fallacieux. C’est à mon sens tout le contraire. C’est justement en laissant l’impunité prospérer que l’on fait gage de sa faiblesse et que certains en profitent.

Aussi s’il faut à nouveau mettre notre monde à feu et à sang pour que les peuples de la Terre prennent conscience qu’ils sont avant tout une espèce unique sur laquelle il faut capitaliser tous ensemble, alors advienne que pourra.

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1 Commentaire

  1. 18 avril 2017 à 6h06 — Répondre

    A partir de quel moment est ton un despote ?
    Lorsque l’on refuse d’entendre les arguments tangibles d’une partie adverse ?
    Lorsque l’on désinforme la population pour faire passer des idées malveillantes ?
    Oui, à quel moment ?

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