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Un trentenaire accusé de viols en série aux assises

Le procès d’une affaire sordide, et jusqu’ici méconnue, de viols en série s’est ouvert mardi matin devant la cour d’assises de Papeete. Les cinq victimes, la plupart mineures au moment des faits, étaient présentes à l’audience. Mais l’accusé est soupçonné d’avoir fait une dizaine de victimes. Selon lui, elles étaient toutes consentantes.

Durant trois jours, les jurés de la cour d’assises de Papeete vont devoir se pencher sur une affaire des plus sordides et restée jusqu’à présent méconnue. Entre 2011 et 2014, un homme de 35 ans a violé plusieurs adolescentes à l’arrière de son van de service. C’est un appel à témoins lancé par la gendarmerie, après la plainte d’une jeune fille, qui avait révélé plusieurs autres victimes. Quatre d’entre elles ont porté plainte pour viol et une pour agression sexuelle.

Un mode opératoire bien défini

Le violeur en série a utilisé le même mode opératoire pour chacune de ses victimes. Les jeunes filles âgées de 15 à 19 ans attendaient leur bus. Le trentenaire s’arrêtait à leur hauteur et leur proposait de les ramener, en insistant si nécessaire. Une fois sur la route, le pervers leur proposait des rapports sexuels contre de l’argent. Toutes les victimes ont affirmé avoir refusé son offre. Certaines ont même tenté de le dissuader en lui proposant de se revoir une autre fois en laissant son numéro de téléphone… Sans succès. Il les conduisait sur un parking à l’abri des regards avant de les violer. Une fois l’acte commis, il redéposait les victimes où il les avait trouvées. Parfois, il leur offrait un « Mac do » alors de l’argent, qu’une des victimes a accepté par peur de sa réaction.

L’accusé a toujours contesté les faits, affirmant tout de même avoir eu des relations avec « 8 à 10 filles » mais toutes consentantes selon lui. Pourtant à l’audience, le violeur a multiplié les déclarations contradictoires. D’abord s’excusant de ses actes avant d’affirmer : « J’ai eu des rapports avec elles mais sans forcer ». Puis d’expliquer un peu plus tard : « Elles ne disaient rien alors je leur faisais ce que je leur avais proposé sans savoir si elles voulaient ». Pour l’accusé, l’argent accepté par certaines victimes était une preuve de leur consentement. « Si elle voulait pas, elle n’aurait pas pris les 10 000 Fcfp ». Le trentenaire se décrit lui-même comme un bon samaritain qui a voulu simplement rendre service en ramenant ces jeunes filles… Un portrait qui colle à celui dépeint par sa femme à l’audience. Son épouse a conté leur vie « merveilleuse » et leur sexualité « épanouie ». « Je ne suis pas contre ces demoiselles, parce que j’ai des filles aussi, mais je n’étais pas là, alors je lui pardonne » a déclaré, les larmes aux yeux, la femme du prévenu. Pourtant, l’homme a confessé avoir eu plusieurs fois recours à des prostitués avant de s’en prendre à des jeunes filles mineures. Il lui semblait difficile, mardi à l’audience, de faire la différence entre des professionnels du sexe et des mineures attendant leur bus.

Le procès doit se poursuivre jeudi et vendredi. L’accusé encourt 20 ans de réclusion criminelle. Un procès qui se tient à huis clos partiel. Pour protéger les victimes, nous ne donnerons donc aucun nom, ni aucun lieu précis permettant de les identifier durant toute la durée de ce procès.

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5 Commentaires

  1. Tiare 1
    1 juin 2017 à 7h06 — Répondre

    Se faire agresser sexuellement et de jour par un détraqué sexuel, est un comble.Ce nombre d’agressions pourrait être plus élevé compte tenu du fait que de nombreuses communes , par souci d’économie ne prennent même pas la peine d’allumer leurs lampadaires la nuit. La sécurité de leurs concitoyens est le cadet de leurs soucis.

  2. Dorothée
    1 juin 2017 à 8h52 — Répondre

     » Pour protéger les victimes, nous ne donnerons donc aucun nom, ni aucun lieu précis permettant de les identifier durant toute la durée de ce procès. »… ce qui veut dire que ce sera dit après ? j’espère que non. protégez les victimes svp !

    • 1 juin 2017 à 10h27 — Répondre

      Bonjour, la formule est effectivement ambiguë. Bien évidemment, nous ne donnerons aucun nom et lieu pendant et après le procès. Ce qui est d’ailleurs interdit par la loi lorsqu’il s’agit de victimes mineures.

  3. Natea Williams
    2 juin 2017 à 8h59 — Répondre

    Tiens botte politique a changé ? Vous ne citez pas de nom !!! Pourtant j’ai vu une de vos réponses qui affirmait que vous donner TOUJOURS les noms par ce que c’était votre politique. Bref c’est comme la politique à l’assemblée c’est de la merde

    • 2 juin 2017 à 9h36 — Répondre

      Bonjour, notre politique n’a pas changé. Elle est, et a toujours été, de donner tous les noms lorsque nous les avons (et à plus forte raison lorsqu’il s’agit de personnes publiques) parce que c’est notre devoir d’informer, sauf lorsqu’il s’agit de protéger l’identité de victimes ou d’auteurs d’infractions mineures. Ce n’est d’ailleurs pas juste un choix éditorial, mais c’est une obligation légale qui s’applique à tous les médias.

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