EMISSIONSL'édito d'Alexandre TaliercioPodcasts

Une époque où on clique plus vite que notre ombre – Edito 18/09/2020

Nous avons manifestement un nouveau Ministre de l’Economie, des Finances et de l’Energie particulièrement féru de nouvelles technologies puisque c’est lui-même qui nous révélait qu’il était le nouveau détenteur de ces portefeuilles en mettant à jour de bon matin son profil sur le réseau LinkedIn. On n’est pas en train de parler du plus connu qui est Facebook, donc dans mon propre entourage il y a des gens pour qui LinkedIn ça ne parle pas. Et cela doit être le cas bien plus largement. Certains ont donc tenté une traduction littérale en français qui donnerait « Lié dedans ». Alors de là à s’imaginer qu’Yvonnick Raffin avait un profil sur une version « amateurs de cordages » d’un site de rencontres, il n’y avait qu’un pas.

Mais en fait ce n’est pas ça du tout, mais alors pas du tout. D’un, parce que le monsieur que je connais un peu quand même et qui est doté d’un sacré sens de l’humour (heureusement), n’en a pas besoin et ne verse pas là-dedans – du moins à ce que je sais – mais surtout parce que « LinkedIn » n’a pas cette vocation … Ce site est en fait un portail de mise en relation des professionnels entre eux. D’où le « truc » à propos de la notion de lien. C’est ouvert à tout le monde mais contrairement à Facebook il y a des options payantes qui permettent de débloquer des fonctions. Comme par exemple savoir qui vient consulter votre profil, où vous permettre d’envoyer un message qui atterrira directement dans la boîte email professionnelle de la personne que vous souhaitez contacter. Ce site sert à la fois à se faire remarquer au besoin si on nourrit un plan de carrière, en y présentant son CV et les éventuelles recommandations d’autres pros, mais aussi à y entretenir son réseau de contacts en le tenant au courant de son évolution et de ses achèvements. Le tout sans être pollué par une épidémie de création d’avatars, de statuts complotistes et autres vidéos de barbaque grillée qu’un gars assaisonne en y faisant tomber du sel tout en donnant à sa main et son avant-bras la posture d’un cou de cygne. Oui … ce n’est définitivement pas le même monde en effet …

J’ai fait ma petite enquête, et il s’avère que notre nouveau ministre a eu en fait le doigt qui a ripé. C’est tout. Il préparait la mise à jour de son profil pour la mettre en ligne plus tard dans la matinée et sans s’en rendre compte il a publié avant l’heure ces modifications. Cela peut arriver à tout le monde, c’est bien moins grave que d’écrire des messages sur Twitter qui ont le potentiel de déstabiliser des démocraties. N’est-ce pas Donald ?

Gageons en tout cas que ce sympathique et ambitieux polynésien sorti de l’Ecole Centrale de Marseille avec un diplôme d’Ingénieur obtenu après une Maîtrise en Electronique de Puissance saura dans le monde impitoyable des électrons libres de la politique contribuer à œuvrer pour un équilibre des forces au bénéfice des Polynésiens qui pour beaucoup aujourd’hui sont au bord du court-jus.

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Répondeur de 7:30, le 18/09/2020

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