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Une fête de l’autonomie boudée par la population

Autonomie-29 juin

Les gradins sont restés clairsemés lors de la fête de l’autonomie. Il y avait bien un peu de monde sur la pelouse mais ce 29 juin n’a pas fait recette auprès de la population. Qu’importe pour le vice-président Tearii Alpha, qui menait la manifestation en l’absence du président Fritch, l’important est de « respecter les symboles ».

On était loin des grandes fêtes avec défilés et feu d’artifice. La cérémonie du 29 juin a duré une petite heure avec chorale, prière et discours du vice-président Tearii Alpha, devant des gradins assez vides. Ce n’est pas faute de l’animateur qui a invité plusieurs fois les spectateurs présents, préférant l’herbe aux chaises en plastique, à venir s’asseoir. Mais même en comptant ceux-là, la population a vraisemblablement boudé les célébrations officielles. Après la traditionnelle prière, la chorale a entonné les hymnes polynésiens et français avec la montée des couleurs et Tearii Alpha a pris le micro. « Le président Fritch m’a chargé de vous dire qu’il était avec nous pour cette cérémonie importante pour la vie politique du pays », a-t-il commencé avant de rendre hommage à tous les hommes politiques grâce auxquels l’autonomie de la Polynésie française a été rendue possible : « Il faut penser aux pionniers, Pouvanaa a Oopa, Jacques Teuira, Gaston Flosse, Alexandre Léontieff, Oscar Temaru… Chacun d’eux a apporté sa pierre à notre édifice commun. » Oscar Temaru, cité parmi les présidents qui ont œuvré pour l’autonomie, ça ne manque pas de piquant car pendant ce temps-là, le leader indépendantiste réunissait sa population à la stèle de Tavararo à Faaa « pour commémorer la perte de notre souveraineté ». Mais pour Tearii Alpha, il a dirigé la Polynésie française et a donc gouverné avec ce statut d’autonomie.

Le vice-président a continué à expliquer que « même si tout n’est pas parfait, nous avons fait de la Polynésie un pays moderne. Les dirigeants des îles océaniennes nous envient notre maillage numérique, nos infrastructure routières, le port et les aéroports, les équipements médicaux de pointe, les écoles… Le statut d’autonomie est une chance pour les Polynésiens. Elle nous permet d’affirmer notre identité et notre culture, en faisant notres les valeurs universelles. Par ce statut, nous sommes libres de décider nous mêmes ce que nous voulons pour notre pays. Il faut arrêter de lorgner une indépendance idéalisée mais se retrousser les manches ».  Malgré l’absence de spectateurs, Tearii Alpha a assuré que l’important était de « respecter les symboles ».

La délégation s’est ensuite avancée vers le village des artisans pour inaugurer le festival. Éric Requet, le secrétaire général du Haut-commissariat, représentant l’État, marchait aux côtés de Tearii Alpha mais il a refusé de s’exprimer, expliquant qu’il s’agissait de « la fête du Pays ». Ce qui n’est pas tout à fait exacte puisque cette date a toujours fait polémique avec d’un côté les partisans de l’autonomie ayant choisi le 29 juin pour fêter le statut obtenu en 1984 et de l’autre, les partisans de l’indépendance commémorant cette date comme un jour de deuil puisqu’elle rappelle le don par Pomare V de ses états à la France en 1880 et donc l’annexion. Par ailleurs, la date du 29 juin ne correspond à aucun statut d’autonomie, Gaston Flosse lui-même rappelait lors d’un débat organisé autour du choix de cette date qu’il l’avait choisi « par commodités. C’est la fin de l’année scolaire, le début des vacances, c’est plus pratique ». Il reconnaissait même : « Nous aurions dû choisir une autre date, le jour où l’autonomie a été publiée au journal officiel, le 4 septembre 1984. » Encore une autre erreur car elle a été promulguée le 6 !

C’est la nouvelle Miss Tahiti, Tumateata Buisson, qui a eu l’honneur de couper le ruban pour inaugurer le village des artisans. « Le festival Tahiti Tia Ma’i, c’est de la danse, des chants, du sport, mais aussi la valorisation d’un savoir-faire ! Celui de nos artisans et de nos entreprises locales qui fabriquent et confectionnent nos instruments, nos costumes, nos habits et nos parures », a expliqué mamie Fauura Bouteau, avant d’accompagner la délégation à faire le tour du village. Pour Odile Tcheou, responsable de la cellule action et promotion commerciale à la CCISM, c’est une grande satisfaction.

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1 Commentaire

  1. simone Grand
    30 juin 2021 à 10h05 — Répondre

    E pa’i
    Je ne suis guère indépendantiste mais choisir la date de perte de souveraineté pour fêter l’autonomie est une injonction paradoxale qui comme chacun le sait, peut rendre fou.

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