EMISSIONSL'édito d'Alexandre TaliercioPodcasts

Une loi anti-piratage au Fenua – Edito 17/10/2017

C’est sûr que quand on se contente de lire un titre et son illustration sans même jeter un œil sur l’article dont il assure la promotion – comme le font environ 60% des internautes – hier il y en a certains qui pouvaient donc en effet bondir de rage et crier au scandale. Les médias locaux se sont faits l’écho de la publication au journal officiel du code de la propriété intellectuelle polynésienne tant attendue depuis 2004 où la compétence a été transférée au pays. Jusque-là pas de quoi fouetter un chat, sauf que les titres faisaient mention de l’adoption par la même occasion d’une loi anti-piratage. Celle-ci instaure en effet des amendes pour tous ceux qui se rendraient coupable de téléchargement et distribution de contenus protégés par les droits d’auteur.

Mais pas non plus la peine de monter sur ses grands chevaux comme je l’ai lu où certains sont persuadés, je cite, que « le gouvernement trouve tous les moyens pour s’en mettre plein les poches » dans le sens où actuellement aucune agence ni dispositif technique n’existe pour faire la traque aux contenus illégalement téléchargés. Non pas qu’il soit question de s’en réjouir dans l’absolu, mais c’est un fait. Ainsi, tous les amateurs de films, ou de séries tv, qui s’en donnent à cœur joie au Fenua pour se servir en dehors des canaux officiels, ont encore de beaux jours devant eux.

Ainsi le cadre légal des peines encourues étant sur le principe posé, les autorités, avant de penser à sévir en créant par exemple un dispositif du genre de Hadopi en métropole, devront aller au bout de leur logique. Car réprimander est une chose, mais à condition de proposer dans le même temps aux utilisateurs un accès facilité aux contenus licites. Pour ce faire l’évolution tarifaire d’utilisation de plus gros débits, par le plus grand nombre, est primordiale. Cela peut notamment passer par une plus libre concurrence dans le secteur … Mais vous allez comprendre : autant il est hautement discutable de pirater quand l’on paye un abonnement à la fibre pour moins de 4000Fcp par mois, car il suffit pour quelques dizaines d’euros supplémentaires de s’abonner à des sources officielles, autant reproduire à l’identique ce principe avec les tarifs et les débits bridés locaux ce serait fâcheux. Et entre nous, je pense que c’est parce qu’heureusement dans les plus hautes sphères du pouvoir on en est bien conscients que de l’eau peut encore couler sous les ponts.

Mais le pire c’est que lorsque l’on a le civisme et la probité de vouloir consommer légalement des contenus, et alors que l’on paye déjà le prix fort pour bénéficier du meilleur accès à Internet à Tahiti, il faut encore dépenser des trésors d’ingéniosité pour techniquement tromper les serveurs qui n’autorisent pas les polynésiens à s’y connecter. C’est un comble. Comme quoi y’a encore vraiment du boulot …

 

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