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Une règlementation qui passe mal au Marché de Papeete

Les commerçants du marché de Papeete dénoncent les « pressions » exercées par la directrice pour la régularisation de leurs assurances ou patentes. « Ils nous menacent, ils nous disent d’aller dehors. » De son côté la directrice du marché, Vaihere Tehei, affirme elle qu’elle ne fait que régulariser ce qui est demandé dans les textes et qui n’a pas été fait par ses prédécesseurs.

Les commerçants et artisans du marché de Papeete sont en colère. En effet, il y a plusieurs semaines, ces derniers ont été convoqués à une réunion par la directrice du marché, Vaihere Tehei. Elle leur a annoncé qu’ils devraient dorénavant prendre non seulement une patente dans le cadre de leur activité, mais aussi une assurance afin de couvrir les frais en cas d’accident devant leurs stands.

Pour les commerçants du marché, ces demandes se sont transformées aujourd’hui en chantage. S’ils ne régularisent pas leur situation, la directrice menace de les mettre à la porte du Marché. Par crainte de perdre leur place, certains d’entre eux ont d’ores et déjà pris attache avec un avocat. Ce que confirme une vendeuse du Marché de Papeete qui ne souhaitait pas donner son identité.

Un autre artisan du marché, Lewis, ne comprend pas cette nouvelle exigence de la directrice du marché. Sans conteste pour lui, l’assurance est du ressort de la commune. « C’est la mairie qui doit faire en sorte que tout se passe bien au Marché, l’assurance c’est de leur ressort. » Il dénonce aussi la politique de la « peur » imposée au Marché pour les vendeurs, obligés de payer s’ils ne veulent pas être mis dehors.

Certains commerçants se sont déjà renseignés auprès des assurances ainsi que de la Chambre de commerce (CCISM). L’assurance leur reviendrait à plus de 15 000 Fcfp par an et au moins 5 000 Fcfp pour la patente. Sans compter qu’ils paient déjà une « redevance » mensuelle à la mairie de l’ordre de 1 000 Fcfp par jour, soit 30 000 Fcfp par mois, pour l’installation d’une table de deux mètres.

Lewis affirme, dépité, « ils ne se mettent pas à notre place, car vendre ici au marché ce n’est pas facile. Parfois, on n’a pas de client et on ne gagne pas plus de 5000 Fcfp par jour ». Les artisans craignent qu’avec le paiement de la patente et l’assurance, il ne leur reste plus rien à la fin du mois.

Contactée, la directrice du marché de Papeete confirme qu’elle travaille à la régularisation de la situation des commerçants du marché. Elle précise que toutes ces demandes de patentes et assurances sont précisées dans les contrats des commerçants, mais que certains n’étaient pas en règle. « Nous ne faisons que nous conformer à la règlementation mise en place par le Pays », affirme-t-elle, indiquant que ses prédécesseurs avaient laissé l’irrégularité s’installer.

Selon la conseillère municipale de Papeete responsable du Marché, Agnès Champs, la mairie « est en train de leur demander de nous préparer des dossiers pour cette année pour que leurs contrats soient valables ».

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1 Commentaire

  1. Tihoti
    7 janvier 2019 à 8h18 — Répondre

    Voila ce qui se passe lorsque l’on se calque à la réglementation métropolitaine. Arrêt des activités traditionnelles, chômage et renforcement de la dominance de la grande distribution. Des lois sur mesures pour les gros portefeuilles.On vaut bien mieux que cela, ne faisons pas les mêmes erreurs.

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