
Pas de stress, mais pas de relâchement non plus. Les prévisions annuelles de Météo France Polynésie pour la saison chaude 2025-2026 sont rassurantes : un risque cyclonique faible à modéré et des pluies attendues globalement proches de la normale, avec des averses prononcées aux Australes, et une sécheresses aux Tuamotu nord et aux Marquises. Des annonces positives, mais qui « ne dispensent pas des mesures de sécurité », rappelle le Haut-commissariat.
Pluies, chaleur, et journées qui se rallongent, la saison chaude débarque, de novembre à avril, et avec elle les risques cycloniques. Météo France, accompagnée par des représentants du Haut-commissariat, a présenté, ce jeudi, ses prévisions pour les six prochains mois.
« Chaque année, tous les pays du Pacifique et les grands centres météorologiques – États-Unis, Nouvelle-Zélande, Australie, Corée du Sud – se réunissent pour élaborer ensemble un scénario sur six mois, qui sert de prévisions », explique Victoire Laurent, responsable de la climatologie à Météo France. Des analyses qui ont permis de relever que depuis plusieurs années, « pendant la saison chaude, les chroniques de pluies ont évolué, à savoir qu’on peut, par exemple, observer pendant un mois ou deux, un déficit de pluies, et le troisième, on va avoir trois mois de pluies qui vont tomber en une fois », indique la climatologue.
Mais alors quelles sont les prévisions pour cette année ? Les experts évoquent « une saison pilotée par un rapide épisode Niña avant un retour à la normale dans le premier trimestre 2026 », un risque modéré pour les îles du Sud et faible pour celles du Nord, précise Victoire Laurent. La Niña est un phénomène de refroidissement des eaux autour de l’équateur, réduisant « le risque d’avoir des formations de nuages qui vont évoluer en dépression tropicale modérée, forte, voire en cyclone » en Polynésie. Par contre, « parce que cette eau chaude s’est déplacée vers l’ouest, le risque augmente dans cette zone, notamment autour de la Nouvelle-Calédonie », explique la responsable de la climatologie.
Et, « quand on regarde le cumul de pluies qui est attendu sur la Polynésie française, on constate qu’on va avoir un déficit sur les Marquises et les Tuamotu du Nord, et un excédent sur les Australes, voire les Tuamotu du sud, précise Victoire Laurent. Et des pluies qui sont proches de la normale sur la Société et l’extrême sud des Australes. »
Des prévisions similaires à celle de la dernière saison cyclonique (2024-2025), qui s’était révélées correctes. La saison avait été plutôt clémente dans le Pacifique sud : un seul cyclone tropical (Rae), deux dépressions fortes et une modérée, et seule Pita (la dépression modérée) avait frôlé les Australes en janvier. En revanche, plusieurs épisodes de pluies intenses mais brèves avaient inondé Paea (76,3 mm) et Papara (70,5 mm) en une heure, au début d’année.
« Anticiper, c’est protéger sa famille »
« La crise, ce n’est pas juste un exercice, c’est la réalité et anticiper, c’est protéger sa famille », insiste Chloé Demeulenaere, nouvelle directrice de cabinet du haut-commissaire. « Le PC de crise est mobilisé près de 40 jours par an », rappelle-t-elle. Mais la population aussi est appelée à ne pas « relâcher l’attention ».
« L’ensemble des documents sont à disposition sur le site internet du Haut-commissariat, précise Chloé Demeulenaere. Il faut préparer son petit kit d’urgence qui est composé du matériel qui serait nécessaire pour la survie d’une famille complète pendant les 2-3 jours de confinement que durerait l’épisode météorologique », comme de la nourriture, de l’eau, mais aussi des lampes, une radio, ou encore de l’essence pour pouvoir se déplacer. Elle recommande aussi de vérifier la toiture, les volets, et d’élaguer les arbres proches des habitations, qui pourraient être endommagées par les vents forts, et bien évidemment, de prendre connaissance des abris les plus proches.
« Et ensuite, la préparation, c’est aussi l’ensemble des acteurs de la chaîne, donc les tavana dans les communes, – avec la mise à jour des plans communaux de sauvegarde et les numéros de téléphone – l’ensemble des acteurs et des professionnels. Et avec mes collègues du Haut-commissariat, c’est une préparation que nous avons déjà commencée avec un premier exercice et dont on va dérouler la poursuite tout au long de la saison cyclonique », indique la directrice de cabinet.
Pendant la saison chaude, Météo-France produit des prévisions toutes les 6 à 24 heures selon la menace, et les envoie au Haut-commissariat, qui décide par la suite du niveau d’alerte, avant de le partager sur ses réseaux. Pour l’anecdote, le prochain phénomène cyclonique, s’il a lieu, s’appellera Urmil.