EMISSIONSL'édito d'Alexandre Taliercio

United Airlines : comment traiter ses passagers comme du bétail – Edito 12/04/2017

Tous les médias du monde ont repris l’information hier, un passager qui avait pourtant payé son billet d’avion s’est fait expulser manu militari d’un vol de la compagnie américaine United Airlines. La vidéo amateur prise par un autre passager a tourné en boucle à la télévision et sur les réseaux sociaux tant elle est surréaliste. On y voit des agents de police extirper de toutes leurs forces hors de son siège le pauvre monsieur, ce dernier se cognant contre un accoudoir finira même le visage en sang, assommé, se faisant tirer à rude le sol entre les sièges.

Si le PDG de la compagnie s’est excusé par principe auprès du malheureux à propos des circonstances de l’expulsion il a pourtant enfoncé le clou en assurant que son personnel avait bien fait son travail. La police elle ne l’a pas entendu de la même oreille, et de manière conservatoire a préféré suspendre son agent trop zélé le temps d’une enquête.

Le surbooking aérien est la cause de cet incident. Il s’agit d’une pratique visant à vendre plus de sièges que le nombre réellement disponible sur le vol pour éviter en cas d’annulations de dernières minutes de partir avec des sièges vides. Elle est communément utilisée par toutes les compagnies du monde, sauf qu’on n’est pas censé attendre que les passagers soient déjà installés dans leur siège pour leur signifier l’impossibilité de les faire voyager. C’est avant l’embarquement qu’on doit s’organiser, pas après. Il fallait en l’espèce accueillir à la dernière minute 4 membres d’équipage devant rejoindre un autre vol, on est bien loin du cas de force majeure. Qui plus est le voyageur expulsé est en fait médecin et devait prendre sa garde à l’hôpital le lendemain matin où des patients devaient le consulter. Là par contre potentiellement on a mis des vies en péril pour privilégier l’organisation sans encombre d’un autre vol. C’est tout simplement scandaleux.

Qu’une compagnie aérienne accepte que ses clients soient moins bien traités que du bétail, est affligeant. Si j’en ai à nouveau l’occasion un jour, je ne volerai plus jamais sur United Airlines où une de ses filiales, par principe. Et a priori je ne serai pas le seul. En effet par solidarité des milliers de passagers ont annoncé avoir déchiré leur carte de fidélité.

Après c’est vrai la procédure a été appliquée, et le PDG peut toujours s’en féliciter. Mais peut-il en faire autant au sujet de l’image déplorable qui est à présent véhiculée ? Le préjudice est gigantesque sans compter les millions de dollars que ce médecin pourra assurément obtenir en justice. Pour United Airlines la zone de turbulence ne fait que commencer, et c’est bien mérité.

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