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Valls et Hamon lancés dans une âpre campagne d'entre-deux-tours

Paris (AFP) – Benoît Hamon et Manuel Valls, représentant chacun une extrémité du parti socialiste, entament lundi une semaine de campagne d’entre-deux-tours déjà âpre dans un parti qui peine à se compter alors que la participation au premier tour reste floue.

Selon les derniers résultats partiels fournis par la Haute autorité des primaires citoyennes, Benoît Hamon est sorti grand vainqueur du premier tour avec 36,35% des suffrages contre 31,11% pour Manuel Valls. Mais le doute demeure sur le nombre d’électeurs s’étant réellement déplacés dimanche pour cette primaire organisée par le parti socialiste.

Annoncée d’abord comme « proche de 2 millions », la participation a été nettement revue à la baisse dans le courant de la nuit. 

A 11H00, elle s’élevait à 1,6 million de votants sur 92,75% des bureaux de vote, selon la Haute autorité de la primaire (HAPC). Le point précédent, dimanche à 23H00, portait sur 1,33 million de votants. Entre les deux, la ventilation des votes entre les candidats n’a pas bougé d’une décimale, éveillant la suspicion de certains observateurs.

« Inutile d’alimenter des polémiques artificielles. Les chiffres sont clairs et accessibles », a balayé dans un tweet la Haute autorité lundi midi, tout en admettant auprès de l’AFP qu’il fallait encore « affiner » les résultats.

Au-delà de cette incertitude, les couteaux s’affûtent dans chaque camp. Avec un net avantage grâce au soutien du troisième homme (17,52%) Arnaud Montebourg, et celui de Martine Aubry et de ses partisans engrangé lundi, M. Hamon s’affiche serein, presque décontracté, promettant qu’il ne lâchera rien sur la transition écologique et surtout sur le revenu universel d’existence qui a cristallisé toutes les critiques de ses concurrents pendant la campagne.

« Il y a un message assez clair qui a été passé hier, à la fois parce que les électeurs m’ont placé en tête (…) et parce qu’ils ont donné aussi un score important à Arnaud Montebourg: cela veut dire que la volonté de tourner la page est claire », a estimé M. Hamon lundi sur France inter.

A l’inverse, M. Valls a sèchement résumé l’enjeu dès dimanche soir, évoquant un « choix très clair » pour les électeurs entre deux gauches. Avec Benoît Hamon, c’est la « défaite assurée » tandis qu’avec lui « la victoire (est) possible », l’un représentant les « promesses irréalisables » et l’autre « la gauche crédible ».

– Présidentialité contestée –

Lundi, l’ancien ministre de l’Éducation a dédaigné cette attaque. « Tout ça c’est de la vieille politique. Ce genre d’arguments, je le lui laisse. Je n’ai pas dénigré qui que ce soit dans cette campagne, je ne procède pas par oukazes, je suis ravi de débattre avec lui, j’espère qu’il aura un deuxième argument », a-t-il répondu.

« La gauche, ses valeurs, seront toujours là mais des valeurs n’ont de sens que si elles peuvent se traduire dans une action gouvernementale », a maintenu M. Valls sur RTL, craignant que « la gauche qui gouverne » puisse « disparaître » ou « être marginalisée » en cas de victoire de M. Hamon.

Celui qui avait théorisé le principe de deux « gauches irréconciliables », à l’époque en référence au projet de Jean-Luc Mélenchon, engage en effet les hostilités sur la « présidentialité » qu’il conteste à son concurrent, moins à même selon lui d' »incarner » les plus hautes fonctions de l’État, après seulement deux ans au gouvernement, dont juste six mois comme ministre de plein exercice.

Tous deux se sont engagés à soutenir le vainqueur mais au vu de lignes politiques et économiques antagoniques, un rassemblement est-il possible dimanche prochain ? 

« Les deux finalistes ne sont d’accord sur rien, ni l’un ni l’autre ne parviendra à rassembler », a tweeté le député Richard Ferrand, un des plus proches soutiens d’Emmanuel Macron.

De fait, c’est bien dans le camp de l’ancien ministre de l’Économie qu’on se frotte les mains devant le ballottage défavorable à Manuel Valls à l’issue du premier tour. Un échec de l’ancien Premier ministre pourrait en effet faire affluer chez lui des électeurs socialistes opposés à la ligne frondeuse. 

Pour l’instant placé par les sondages d’intentions de vote en 5e position eu premier tour de la présidentielle, le candidat PS aura quel qu’il soit fort à faire pour créer une dynamique, aujourd’hui plus évidente du côté de MM. Macron et Mélenchon.

Les affiches électorales de Manuel Valls et Benoît Hamon collées par leurs militants le 12 janvier 2017 à Paris. © AFP

© AFP/Archives JACQUES DEMARTHON
Les affiches électorales de Manuel Valls et Benoît Hamon collées par leurs militants le 12 janvier 2017 à Paris

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