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Vente d’alcool le dimanche : doit-on tous payer pour les poivrots ? – Edito 12/12/2018

La proposition gouvernementale faite aux maires d’étendre l’interdiction de la vente d’alcool à toutes les communes de Polynésie le dimanche est de mon point de vue un double aveu d’échec. Il illustre en effet à la fois la défaillance manifeste de toutes les politiques publiques de prévention réalisées ces dernières années, mais aussi une reculade démocratique manifeste.

Car à partir du moment où l’on se sent le devoir de prendre des mesures liberticides, qu’on infantilise encore un peu plus la population et qu’on prive les citoyens raisonnables d’un droit, c’est bien qu’on a dû être mauvais quelque part.

Oui la recrudescence des morts sur les routes du Fenua nous fend le cœur à toutes et tous surtout lorsque l’on sait qu’un taux d’alcoolémie élevé en est majoritairement la cause ; et oui bien entendu qu’on s’apitoie sur les violences intrafamilliales qui sont trop souvent perpétrées à la suite de beuveries.

Mais il y a éventuellement tout un train de mesures à tester avant de s’avouer vaincu de la sorte. Par exemple, pourquoi l’alcool fort bon marché est-il autorisé et d’ailleurs souvent consommé par les plus jeunes ? Pourquoi peut-on sans limite s’approvisionner de ce que l’on veut à profusion sans aucun rationnement ? Pourquoi la publicité pour le tabac est d’un côté interdite et de l’autre celle pour les boissons alcoolisées si permissive dans notre Pays ? Communiquer sur une marque et son univers ce n’est pas la même chose que d’autoriser l’affichage des promotions qui faciliteront une biture rapide.

Pensez-vous sérieusement que l’interdiction de la vente d’alcool le dimanche ne vas pas inciter ceux qui veulent en consommer ce jour-là à acheter avant l’échéance et à stocker ? C’est en fait déjà largement le cas. Donc ceux qui vont en pâtir ce seront les petits consommateurs qui n’avaient pas nécessairement à l’esprit de se mettre minable.

Si on en est arrivé à ce point, et tant qu’on y est, on n’a qu’à interdire le vin de messe aussi non ? …

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2 Commentaires

  1. jfmake
    13 décembre 2018 à 8h02 — Répondre

    Il manque que le boom que cela provoquera pour le marché noir de l’alcool et le komo … Merci à nos élus, on a ceux qu’on mérite …

  2. Microstring
    14 décembre 2018 à 9h50 — Répondre

    Ce type d’interdiction est rétrograde dans un pays qui se veut démocratique.
    Cela me rappelle le temps où les boissons anisées étaient interdites. Et bien chacun se procurait des ampoules d’anis et faisait tranquillement son Ricard chez soi…
    Mais quand donc nos dirigeants politiques feront marcher leur tête ? Pour l’instant, il ne voit que le bout de leur nez…
    Idem pour le sucre et le tabac où on raisonne au premier degré.

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