EMISSIONSL'édito d'Alexandre TaliercioPodcasts

Vers une Amérique écarlate – Edito 28/09/2020

La crise sanitaire mondiale, et le Grand Confinement qui en a découlé, ont eu des répercussions terribles sur tous les secteurs de l’économie, pas un seul pays n’a été épargné. Nous étions bien contents pendant ces longues semaines d’enfermement de pouvoir tenir le coup en se faisant des marathons de visionnage de nos films et séries préférés. Toutefois, ce faisant, à Hollywood où tout se décide, ou presque, la magie n’opérait plus, les unités de production et de tournage, les scénaristes, les acteurs, etc., tous étaient bien obligés de suivre le mouvement. Ce sont ainsi des centaines de projets audiovisuels qui accusent des retards qui empêcheront leur diffusion aux dates initialement envisagées.

Après c’est sûr que « chacun ses goûts » mais Il y a une série en particulier dont je me languis de découvrir la suite. Il s’agit de « The Handmaid’s Tale », en français « La Servante Ecarlate ». Je vous fais le pitch ultra rapidement : aux USA où le taux de natalité s’était réduit à peau de chagrin, une secte religieuse parvient à force d’attentats et d’infiltrations dans les arcanes du pouvoir à réaliser un coup d’état et à fonder la République de Gilead. Un système de castes sociales avec uniformes et rites obligatoires est instauré, la surveillance généralisée et la délation sont érigées en vertus, des femmes fécondes sont réduites à l’esclavage pour devenir un mélange de gouvernantes et d’utérus de substitutions pour les couples nobles incapables d’avoir des enfants par eux-mêmes. C’est une Amérique bien sombre et inquiétante qui est ici dépeinte dans cet univers au futur dystopique. Mais en y regardant de plus près, il ne s’agit pas d’un avenir totalement improbable, et c’est sans doute ça qui induit aussi le succès d’audience de la série.

En effet les dangers du radicalisme religieux ont trop tendance à n’être abordés par les médias que sous le prisme de l’islamisme. En attendant, à côté de ça, des congrégations religieuses radicales qui ont pignon sur rue, se renforcent notamment à coups de télévangélisation avec des levées de fonds colossales qui participent à leur donner toujours plus de pouvoir. Elles surfent et capitalisent sur les peurs et diabolisent même les durs acquis des mouvements féministes. L’antiavortement est ainsi posé en tant que credo fondateur et parfois le suprématisme blanc comme ciment alternatif liant les fidèles.

C’est ainsi que pour remplacer la récemment défunte progressiste Ruth Bader Ginsburd en tant que juge à la Cour Supreme des Etats Unis, Donald Trump vient-il de nommer Amy Coney Barret. Le vote de validation du Sénat à majorité Républicaine ne sera qu’une formalité. Donc  pour contribuer à juger en dernier recours de la constitutionnalité des lois et des décisions de justice c’est une quasi intégriste religieuse de notoriété publique qui a été choisie, soupçonnée d’entretenir des liens étroits avec un mouvement religieux qui n’a rien à envier aux instigateurs de la fictive République de Gilead.  Doucement mais sûrement, une nouvelle Amérique intégriste se façonne « sous son œil » …

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