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Vignettes anti-pollution: premier test à Paris et à Lyon

Paris (AFP) – Une semaine seulement après l’introduction des vignettes anti-pollution Crit’Air, Paris et Lyon vont interdire lundi la circulation aux véhicules les plus polluants, une première en forme de test au moment où plusieurs régions souffrent d’une surconcentration en particules fines.

Alors que la circulation alternée, à l’efficacité souvent contestée, autorise les voitures à circuler selon leur plaque d’immatriculation (paire ou impaire), la circulation différenciée fonctionne avec les vignettes rendues obligatoires depuis le 16 janvier à Paris et dans 69 communes de la petite couronne. 

Lundi, à partir de 05H30, les véhicules non classés (pour la plupart dont l’immatriculation est antérieure à 1997) et les véhicules de classe 5 (immatriculation entre 1997 et 2001) ne pourront donc pas circuler dans le périmètre de l’A86, en région parisienne. 

Seuls les véhicules de la classe 1 à 4 selon la baromètre Crit’Air, ainsi que les véhicules « zéro émission moteur » pourront rouler dans ce périmètre.

Les contrevenants risquent une amende de 22 euros si le réglement intervient immédiatement, mais les autorités entendent faire preuve de « pédagogie » sachant qu’un quart des véhicules sont équipés ou vont l’être des fameux macarons de couleur.

– Décès prématurés –

En parallèle, les autorités recommandent le covoiturage et de prendre les transports en commun. Les tickets seront moins chers dans les transports en commun avec l’instauration d’un forfait jour à 3,80 euros.

A Lyon et Villeurbanne, où les vignettes anti-pollution ne sont pas encore obligatoires, la préfecture mettra en place lundi un double système de circulation alternée et différenciée: les véhicules avec une plaque paire ne pourront plus circuler à partir de 05H00, sauf ceux dotés de vignette verte (zéro émission) ou de la classe 1 à 3. 

Après un épisode de pollution intense en décembre, l’Hexagone est de nouveau touché depuis ce week-end, avec une météo combinant froid, anticyclone et absence de vent.

En Ile-de-France, « on a prévu de dépasser le seuil d’alerte (80 microgrammes/m3) ce dimanche ainsi que demain », estime Charles Kimmerlin, prévisionniste chez Airparif, l’organisme chargé de la surveillance de la qualité de l’air. 

Il s’attend lundi à une pollution un peu moins élevée avec le retour du vent, « mais on ne prévoit pas de passage sous le seuil d’alerte. Pour le reste de la semaine, on va rester dans ces conditions au vu des prévisions météorologiques ».

A l’est, le pic de pollution s’est étendu dimanche, touchant la majeure partie de Rhône-Alpes. Une situation qui a engendré dès ce week-end des réductions de vitesse de 20 km/h et des interdictions de brûlage.

Des mesures similaires ont été prises dans l’ouest de la France: la Bretagne, les Pays de la Loire, ainsi que l’Eure et la Seine-Maritime en Normandie étaient placés en procédure d’alerte pollution dimanche.

Début décembre, Paris mais aussi le Nord ou Rhône-Alpes avaient subi un pic de pollution hivernal inédit depuis 10 ans par sa longueur et son intensité. Alimentées par le chauffage au bois et le trafic, les concentrations de particules avaient atteint jusqu’à 146 microgrammes/m3.

La pollution atmosphérique, troisième cause de mortalité évitable, est responsable de 48.000 décès annuels prématurés en France, selon une évaluation de santé publique France. Elle est pour une bonne part liée aux transports.

Contrôle anti-pollution le 10 janvier 2017 place de la Concorde à Paris. © AFP

© AFP/Archives JACQUES DEMARTHON
Contrôle anti-pollution le 10 janvier 2017 place de la Concorde à Paris

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