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VTC: le gouvernement met la pression sur Uber, nouvelles actions vendredi

Paris (AFP) – Le gouvernement a accentué la pression sur Uber mardi après un nouvel échec des discussions entre la plateforme américaine et les chauffeurs de VTC, dont plusieurs organisations ont annoncé des actions vendredi aux aéroports parisiens.

« La société Uber n’a pas répondu favorablement » aux demandes du secrétaire d’Etat aux Transports, qui était l’hôte des discussions mardi. « Alain Vidalies déplore vivement ce choix, qui ne favorise pas le bon déroulement des discussions à venir », ont indiqué ses services dans un communiqué.

Une deuxième salve de critiques est intervenue peu après de la part du Premier ministre, Bernard Cazeneuve. Il a demandé à Uber de « s’engage(r) dans la voie du progrès », faute de quoi la plateforme « aura face à elle un gouvernement absolument déterminé ».

Plusieurs organisations de VTT ont appelé à relancer les actions vendredi aux aéroports de Roissy et d’Orly, la CFDT-Transports mentionnant des « filtrages » tandis que Capa-VTC évoquait des « blocages ». Une partie d’entre elles se rendront ensuite au siège d’Uber.

A l’issue de la réunion avec des représentants de chauffeurs, Alain Vidalies avait demandé lundi à la plateforme américaine, pionnière et très majoritaire sur le marché, de geler la hausse de sa commission passée récemment de 20 à 25%.

Les chauffeurs protestent contre des conditions de travail « indignes » avec un prix minimum de la course descendu à 6 euros (contre 8 initialement, ndlr). Ils se sont mobilisés à plusieurs reprises depuis jeudi. Leurs actions avaient été parfois émaillées de violences.

Uber a assuré dans un communiqué que ses tarifs et frais de service « permettent la rentabilité la plus élevée du secteur pour les chauffeurs et se situent à un niveau indispensable pour garantir la pérennité d’Uber face à des investissements importants en France ».           

La plateforme a également annoncé mardi la création d’un fonds de soutien de 2 millions d’euros. « C’est un effet d’annonce, une tentative pour nous endormir », a balayé Jean-Claude Resnier de VTC de France, tandis que Jean-Luc Albert (Actif-VTC) s’est déclaré « déçu par tout ce mépris ».

– Médiateur –

Alain Vidalies a appelé les parties à « l’apaisement » et à s’engager « dans un cycle de discussions, sous l’égide d’un médiateur nommé par le gouvernement, sur quatre thématiques: la tarification, les conditions de déconnexion des plateformes pour les chauffeurs (qui peuvent se voir privés d’accès sans préavis, ndlr), la protection sociale et et les charges ». Ces négociations sont censées se conclure d’ici le 31 janvier.

Le médiateur, Jacques Rapoport, ancien haut responsable à la SNCF, a pris ses fonctions dès mardi.

A l’exception de LeCab, d’autres plateformes – Allocab, Chauffeur privé, Marcel et Snapcar – réunies au sein de la Fédération française du transport de personnes sur réservation (FFTPR) n’étaient pas présentes aux réunions pour ne « pas interférer dans les discussions qui opposent Uber (aux) chauffeurs », selon Yves Weisselberger, président de la FFTPR.

Chauffeur privé a annoncé le lancement d’un « programme pour améliorer la rentabilité et la protection (sociale) de ses chauffeurs partenaires ». Cette application évoque la possibilité de laisser un pourboire mais aussi la négociation de « contrats-groupes » de prévoyance et de santé pour les chauffeurs inscrits.

Une proposition de loi du député socialiste Laurent Grandguillaume encadrant les plateformes VTC doit être définitivement adoptée cette semaine par le Parlement. 

Dans le sillage de la loi Thévenoud de 2014, elle a été conçue comme une réponse aux mouvements sociaux déclenchés début 2016 par l’ensemble des conducteurs, taxis, VTC et Loti (transport collectif à la demande), professions différentes qui se disputent une même clientèle.

Le texte précise les obligations des plateformes et leur interdit d’imposer des clauses d’exclusivité aux chauffeurs. Il prévoit également la mise en place d’un tronc commun d’examen dans les chambres des métiers pour les taxis et VTC afin d’éviter des fraudes.

Des affichettes collées sur le véhicule d'un chauffeur VTC lors d'une manifestation, le 15 décembre 2016 à Paris. © AFP

© AFP/Archives Lionel BONAVENTURE
Des affichettes collées sur le véhicule d’un chauffeur VTC lors d’une manifestation, le 15 décembre 2016 à Paris

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