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VTC: les discussions dans l'impasse entre Uber et les chauffeurs

Paris (AFP) – Uber et les chauffeurs de VTC se sont séparés mardi sans parvenir à s’entendre sur les termes d’une rémunération, le gouvernement accusant la plateforme de réservation américaine d’être responsable de cet échec.

« Lors de la nouvelle réunion d’aujourd’hui (mardi), la société Uber n’a pas répondu favorablement » aux demandes du gouvernement. « Alain Vidalies déplore vivement ce choix, qui ne favorise pas le bon déroulement des discussions à venir », a indiqué le secrétariat d’Etat aux Transports dans un communiqué.

A l’issue d’une réunion avec les représentants des chauffeurs, des associations pour la plupart, Alain Vidalies avait demandé lundi à la plateforme américaine, pionnière et très majoritaire sur le marché, de geler la hausse de sa commission passée récemment de 20 à 25%, le temps de mener des négociations avec les chauffeurs.

Ces derniers protestent contre des conditions de travail « indignes » avec un prix minimum de la course descendu à 6 euros (contre 8 initialement, ndlr). Ils ont entamé la semaine dernière un mouvement social, émaillé de violences, et menacé d’appeler à une nouvelle mobilisation dès mercredi.

La plateforme a annoncé mardi la création d’un fonds de soutien de 2 millions d’euros, sans en préciser les modalités, les laissant sur leur faim.

« C’est un effet d’annonce, une tentative pour nous endormir et parvenir à leurs fins, c’est-à-dire ne rien donner », a estimé Jean-Claude Resnier, de VTC de France, à l’issue de la réunion. « Ce n’est pas une entreprise américaine qui doit imposer un état de fait dans un Etat de droit », a-t-il ajouté.

« On a demandé une chose, ils ont refusé », a déploré un porte-parole de l’association Capa-VTC, qui a appelé les chauffeurs à « se déconnecter d’Uber », à l’instar de la plupart des associations qui les représentent et participaient aux discussions.

Jean-Luc Albert (Actif-VTC) s’est déclaré « déçu par tout ce mépris », déplorant l’annonce d’un « fonds sans aucune explication ni sur les modalités, ni sur les critères de répartition de ce fonds ».

« S’ils veulent le bras de fer, ils vont l’avoir », a déclaré Fabien Tosolini (CFDT-Transports), appelant lui aussi les chauffeurs à se déconnecter d’Uber mais aussi de l’ensemble des plateformes internet de mise en relation des chauffeurs avec les clients.

« Uber doit quitter la France », a lancé un chauffeur, présent avec une quinzaine de ses homologues devant le secrétariat d’Etat.

– Médiateur –

A l’exception de LeCab, d’autres plateformes – Allocab, Chauffeur-privé, Marcel et Snapcar – réunies au sein de la Fédération française du transport de personnes sur réservation (FFTPR) n’étaient pas présentes aux réunions pour ne « pas interférer dans les discussions qui opposent Uber (aux) chauffeurs », selon Yves Weisselberger, président de la FFTPR.

Alain Vidalies a également appelé les parties à « l’apaisement » et à s’engager « dans un cycle de discussions, sous l’égide d’un médiateur nommé par le gouvernement, sur quatre thématiques: la tarification, les conditions de déconnexion des plateformes pour les chauffeurs (qui peuvent se voir privés d’accès sans préavis, ndlr), la protection sociale et les charges ». Ces négociations sont censées se conclure d’ici le 31 janvier.

LeCab a annoncé dans un communiqué son intention de « s’investir dans les discussions à venir » et « se réjouit de la nomination de Jacques Rapoport » comme médiateur dans ce conflit. Ce dernier, ancien haut responsable à la SNCF, prend ses fonctions mardi, a précisé le gouvernement.

Une proposition de loi du député socialiste Laurent Grandguillaume encadrant les plateformes VTC doit être définitivement adoptée cette semaine par le Parlement. 

Dans le sillage de la loi Thévenoud de 2014, elle a été conçue comme une réponse aux mouvements sociaux déclenchés début 2016 par l’ensemble des conducteurs, taxis, VTC et Loti (transport collectif à la demande), professions différentes qui se disputent des clients identiques.

Le texte précise les obligations des plateformes et les sanctions encourues en cas d’infraction, et leur interdit d’imposer des clauses d’exclusivité aux chauffeurs. Il doit aussi permettre une meilleure visibilité du secteur via un recueil de données auprès de ses acteurs. 

Il prévoit également la mise en place d’un tronc commun d’examen dans les chambres des métiers pour les taxis et VTC, ce qui permettra d’éviter des fraudes constatées, selon M. Grandguillaume.

Manifestation, le 15 décembre 2016 à Paris, de chauffeurs de VTC contre Uber, qui annonce un fonds de soutien de 2 millions d'euros. © AFP

© AFP/Archives ALAIN JOCARD
Manifestation, le 15 décembre 2016 à Paris, de chauffeurs de VTC contre Uber, qui annonce un fonds de soutien de 2 millions d’euros

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