EMISSIONSL'édito d'Alexandre TaliercioPodcasts

Vue de la semaine sous inspiration rabelaisienne – Edito 19/06/2020

Ah y’a des semaines comme ça on est content d’être sorti de confinement. On a eu Oscar qui crève la dalle, la Justice qui le houspille, du gazon synthétique posé à Papeete qui donne des sueurs à ces pauvres jardiniers, donc des travailleurs qui se demandent comment ils vont bien pouvoir faire du beurre, une enragée qui enflamme la toile car elle ne digère pas la tarte aux poils : Maeva i te Porinetia, un pays où il n’y a pas que le gazon qui soit maudit. 

Mais non, tout va très très bien, d’autres vous l’assurent. D’ailleurs on n’est plus qu’à quelques semaines d’une réouverture de nos frontières, et à moins de devenir la future nouvelle capitale mondiale du cul verni, pour sûr on n’est pas sortis de l’ornière. Les quelques touristes téméraires qui auront choisi la Polynésie avant la fin de l’épidémie, croyant que sur nos plages ils puissent se la jouer pépère, ne seront pourtant à l’abri d’embuscades arbitraires. On les aura prévenus, au détour d’un cocotier et d’un bungalow, pourra jaillir l’infirmier dégainant son coton-tige pour freiner le fléau.

Que nenni, il serait vain de se vautrer dans le déni, ce qui en conduit sans doute certains à préférer fumer le calumet de la paix pour sonner la récré … à condition qu’il soit bien dosé en THC. Un jour dit-on ceux-là seront reçus par le président de l’Assemblée, peut-être une fois que ses chargés de mission auront eux-mêmes décidé de carburer au chichon. Ils seront alors en mesure de lui dire, que même si malheureusement ça ne fait pas grandir, on prend quand même les choses de plus haut puisque ça fait planer.  Mais d’ici à ce que tout le monde se mette à planter, les cannettes en alu serviront d’engrais.

Néanmoins, sans avoir besoin de se réfugier dans des paradis artificiels, il subsiste quelques bonheurs qui chassent les nuages et vous font retrouver le goût de regarder le Ciel. Quand certains se déchirent ou se fanent, d’autres parviennent à s’épanouir et se construire, habités par la fougue d’une jeunesse qui ne connait pas la panne. Oh, oui, certes, parfois il y en a qui calent lorsqu’ils s’imaginent que le trading en herbe – dans tous les sens du terme – pourrait avoir la vertu de les rendre plus vite plus ventrus. Heureusement, le plus souvent, et même si autour d’eux ils voient un monde s’écrouler, ils trouvent la force d’y croire, de s’accrocher, d’avancer et de le réparer.

C’est pour tous ceux-là qui ne se satisfont pas du statut de génération sacrifiée, qu’il nous faut continuer à lutter pour éclaircir l’abscons où se complaisent les … où se complaisent les … voilà, on se comprend.

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