L'édito d'Alexandre TaliercioPodcasts

Y’a resto et « resto » … – Edito 03/12/2019

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On voit fleurir ça et là de plus en plus de nouveaux restaurants autour de Tahiti qui pour tirer leur épingle du jeu dans un secteur plutôt concurrentiel misent apparemment beaucoup sur la déco et le cadre pour se démarquer. Des établissements flambants neufs sont même parfois bâtis sur ce qui était jadis un pauvre snack quasi-glauque des temps anciens, à la faveur des nouvelles générations qui en ont hérité. Adieu tôles rouillées apparentes, bâches en plastique décrépies, mobilier aux couleurs d’une marque de boisson esquinté par les milliers de derrières de toutes tailles qui se sont succédés dessus jusqu’à l’usure totale. Ils font place à présent au bois précieux, aux ampoules art déco à LED, à des tables et chaises anti UV et aux commandes passées sur tablette wifi, etc.

Alors évidemment que lorsque l’on va au resto on a envie que l’endroit ait une esthétique sympa, mais ce n’est quand même pas le plus important. Parce qu’on est bien d’accord, vouloir taper la classe pour finir par servir des plats manifestement ni à la hauteur des ambitions du client ni de celles du restaurateur (enfin j’espère) – pour ne pas dire qu’ils sont juste nullissimes – ça ne sert pas à grand-chose. Je préfère encore manger du pâté de foie laissé découvert au frigo et qui a commencé à s’oxyder, étalé sur des SAO gonflés d’humidité : mais en tout cas tranquille chez moi.

Au resto on ne veut pas juste se nourrir, on en attend une expérience qui se traduit par quelque chose de bon dans l’assiette avec une qualité de service convenable (oui ne soyons pas démesurément ambitieux non plus). Ainsi malgré de très nombreux pros qui alignent les bons points et restent des valeurs sûres, on est encore trop souvent confronté à une ribambelle de gens qui semblent se donner du mal pour traîner des casseroles plutôt que de les faire mijoter.

Autant on pouvait s’attendrir sur l’ingénue de service un peu roots que l’on avait sortie de son district et bombardée en salle du jour au lendemain quand le cadre des lieux absolument non ostentatoire se prêtait à l’indulgence sur son indolence, autant là c’est douloureux. Quand on vous fait subir de longues minutes de galère pour prendre une commande sur une tablette qui bug, qu’on oublie de vous mettre des couverts sur la table, de vous donner le menu, que le plat qui avait un nom ronflant s’avère être tout droit sortie d’une cuisine collective sans âme, les fioritures elles passent au second plan.

Et il y a enfin une catégorie de niche en vogue, celle de la gargote moitié en dur moitié food truck, on ne sait pas trop, qui vous accueille encore dans des lieux au charme désuet comme décrit plus haut mais qui pratiquent des prix de restaurant semi gastronomique parce que le gars qui la tient à réussi à se faire mousser sur Facebook et attirer deux ou trois jet-setters qui viennent manger leur steak frites en Porche Cayenne. Va falloir redescendre un peu là …

Dans tous les cas péter plus haut que son derrière fait manifestement digérer tout le monde de travers.

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Répondeur de 6:30, le 03/12/2019

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