
Moetai Brotherson espérait le retour au gouvernement national de l’ancien ministre de la Santé, qui devait se déplacer au fenua dans les semaines. Une visite pour signer une importante convention État – Pays et réunir un comité de suivi de la Loi Morin, deux sujets sur lesquels il s’était montré « ouvert » aux demandes polynésiennes. Il a finalement refusé de siéger au sein du du deuxième exécutif de Sébastien Lecornu, présenté ce dimanche, une semaine après la démission du premier.
Ce cardiologue isérois, membre des Républicains, avait été nommé Ministre chargé de la Santé et de l’Accès aux soins au sein du gouvernement Bayrou, en fin d’année dernière. Un mandat de seulement neuf mois pendant lesquels son « ouverture » sur plusieurs dossiers polynésiens avait été salué. Yannick Neuder avait convoqué en avril, pour la première fois depuis quatre ans, le comité de suivi de la loi Morin, au cours de laquelle plusieurs avancées avaient été actées sur le dossier nucléaire : la nomination d’expert pour évaluer la dette CPS, la révision de la liste des maladies radio-induites sur la base d’une étude de l’ONU… Le ministre devait même se déplacer à Papeete en ce mois d’octobre pour tenir une nouvelle commission qui devait permettre de répondre à des questions importantes sur les archives sanitaires ou sur l’opportunité d’une grande étude épidémiologique en Polynésie. Des engagements rappelés jeudi sur notre plateau par la députée Mereana Reid-Arbelot, qui vient de transmettre à l’Assemblée nationale une proposition de réforme de la loi Morin reprenant une partie des conclusions de la commission d’enquête parlementaire sur le nucléaire.
Ce déplacement devait aussi être l’occasion de signer la convention Santé État – Pays, dont la dernière mouture, signée pour la période 2021 – 2023, a déjà été prolongée par deux fois. Moetai Brotherson avait expliqué lors de son récent déplacement à Paris que le ministre s’était montré ouvert sur plusieurs demandes du Pays, notamment la prise en charge par l’État des molécules onéreuses et des évacuations sanitaires d’urgences. « Nous avons eu la désagréable surprise de constater que ces deux points ont été exclus du mandat de négociation donné au nouveau Haut-commissaire, Alexandre Rochatte », précisait-il au micro de Outremers 360°, disant alors espérer que le prochain interlocuteur soit « à nouveau monsieur Neuder ».
Le nom de l’élu de droite ne figurait déjà pas dans la première liste gouvernementale annoncé par Sébastien Lecornu la semaine dernière. Mais Catherine Vautrin avait été reconduite à la tête d’un grand ministère englobant le Travail, la Santé et les Solidarités, et certains espéraient que Yannick Neuder soit de nouveau nommé ministre de la Santé sous sa tutelle les jours suivants. Sauf que cette équipe gouvernementale n’a tenu que 14 heures, jusqu’à la démission de Sébastien Lecornu, finalement renommé Premier ministre par Emmanuel Macron vendredi. Son gouvernement « Lecornu 2 », dont la survie à une censure de l’Assemblée nationale interroge, compte cette fois un nouveau nom de ministre de la Santé : Stéphanie Rist, médecin rhumatologue et députée macroniste. Yannick Neuder a visiblement été approché pour faire partie de l’équipe, mais comme une partie des Républicains, il a refusé de participer à ce gouvernement pour «ne pas rajouter de la division à la division» au sein de sa formation politique.
| La composition complète du gouvernement Lecornu 2 :
Laurent Nuñez, ministre de l’Intérieur Avec notre partenaire RTL |
