
Cet ancien milieu de terrain français, passé par Montpellier, Valence, Bastia et surtout l’Olympique Lyonnais, où il a ensuite entrainer les jeunes, les féminines, ou l’équipe de futsal , est en discussion depuis plusieurs semaines avec la Fédération Tahitienne de football. Il a même fait un passage par le fenua le mois dernier pour rencontrer des entraineurs de L1. D’après nos informations, il pourrait prendre en février, et jusqu’à Tahiti 2027, les fonctions de sélectionneur des Toa Aito, mais aussi de coordinateur de l’ensemble des sélections tahitiennes de football, qui ont connu une succession de contre-performances ces derniers temps.
Samuel Garcia, désormais concentré sur l’AS Vénus et surtout sur le projet Tahiti United, avait rendu sa casquette en février. Et aucun nouveau coach n’a depuis été annoncé pour le remplacer au poste de sélectionneur des Toa Aito, qu’il tenait depuis 2019. Un nom, toutefois, circule depuis quelques semaines dans les clubs tahitiens, et a même été affiché comme nouvel entraineur de la sélection polynésienne par Le Progrès : celui de Joël Fréchet. Si le grand quotidien lyonnais en parle, c’est que ce tout jeune sexagénaire fait partie de l’histoire de l’OL, dont il était devenu, en 1981, alors pas encore âgé de 16 ans, le plus jeune joueur professionnel.
Joueur pro pendant près de 20 ans, entraineur depuis plus de 25
Né en Isère toute proche, Joël Fréchet avait joué 179 matchs avec l’olympique lyonnais en tant que milieu de terrain, avait été appelé en sélection nationale cadets, puis junior, avant de signer chez plusieurs clubs français de première et deuxième division. SC Bastia, SCO Anger, Montpellier HSC, avec qui il remporte la Coupe de la Ligue, Valence, avant une fin de carrière en amateur en Savoie ou au Stade lavallois, où il commence à entrainer juste avant le tournant des années 2000. En 2005, c’est donc au sifflet qu’il retrouve l’OL, d’abord à la préformation, puis en tant que coach des U19, puis des U16. Il assure, depuis 2022, la direction technique de l’Académie féminine du club, dont les « Lyonnes » sont les actuelles leaders du championnat national. L’ancien joueur, un temps connu pour son coup d’œil et un pied gauche redoutable, et qui avait fait partie à la fin des années 90 de la toute première équipe de France de futsal, est aussi responsable de l’équipe de l’OL de la discipline indoor depuis plusieurs années.
Tahiti 2027 dans le viseur
Un CV qui a tapé dans l’œil de a FTF, dirigé vers l’Isérois, entre autres, par l’ancien sélectionneur des Toa Aito Patrick Jacquemet, lui aussi passé par Valence en tant que joueur dans les années 90. Courant novembre, Joël Fréchet a donc été invité à venir prendre le pouls du football tahitien, et échanger avec des responsables fédéraux et des entraineurs de L1. Rien n’est signé, mais d’après nos informations, le comité exécutif de la FTF a validé le « principe » de ce recrutement, et les négociations avancent, ces derniers jours, sur les aspects contractuels et financiers. Pour la FTF, cette arrivée, pas la première depuis la métropole, puisque l’ancien Gardien de but d’Auxerre Lionel Charbonnier avait été sélectionneur de 2008 à 2009, avant Eddy Ataeta, Ludovic Graugnard puis Samuel Garcia, doit remplir une double mission.
D’abord assurer, dès le mois de février, la sélection et l’entrainement des Toa Aito, qui, après leur élimination en demi-finale du tournoi qualificatif pour la Coupe du Monde 2026 doivent surtout préparer Tahiti 2027. La dernière victoire de l’équipe tahitienne aux Jeux du Pacifique date d’ailleurs de 1995, lors des derniers jeux « à la maison », et la dernière médaille, en argent, date de 2015. La préparation pour les Jeux est bien sûr une priorité, mais elle servira aussi par la même occasion, pour préparer la prochaine OFC Nation’s Cup, en 2028, et les sélections pour le Mondial 2030 dans la foulée.
Des sélections à relever
Mais Joël Fréchet, s’il signe, devra aussi assurer la « coordination des autres sélections » de la FTF, un rôle qui n’a pas été systématiquement confié aux sélectionneurs précédents. Et là aussi, il y a fort à faire. Côté filles, les seniors des Vahine Ura viennent d’échouer à se qualifier pour le deuxième tour du tournoi qualificatif pour la Coupe du Monde féminine 2027, les U19 ont fini 6e du championnat régional en octobre à domicile, les U16 on perdu tous leurs matchs lors du tournoi de l’OFC organisé en août aux Samoa.
Côté garçons, les U16 n’ont pas non plus passé les phases de groupes en août aux Salomon, pas plus que les U19 au championnat OFC de 2024 aux Samoa. Si les TIki Toa ont été confiés à Raimana Li Fung Kuee en octobre, le futur « coordinateur » pourra apporter une vision, et même un renouveau pour ce qui est du futsal, discipline dans laquelle Tahiti n’a pas participé aux derniers tournois régionaux. Si le contrat est signé, il devrait être établi jusqu’à août 2027, après les Jeux du Pacifique.
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« Dans le football, ce qui est important, c’est le renouvellement » Samuel Garcia, ancien sélectionneur des Toa Aito, n’a pas souhaité commenté le choix de ce nouveau sélectionneur tant qu’il n’a pas été finalisé. Mais il se dit heureux de l’annonce d’un vent frais sur les sélections tahitiennes. Et il rappelle les enjeux du poste : « Être sélectionneur, c’est essayer de regrouper les meilleurs joueurs du championnat polynésien pour représenter le pays sur la scène internationale », explique l’entraîneur de la nouvelle équipe professionnelle Tahiti United. Le gros défi à relever finalement, c’est qu’on est des amateurs qui sont alignés sur un calendrier FIFA qui est un calendrier professionnel. Donc le grand défi à chaque fois, c’est bien sûr le défi technique – ça c’est pour tout le monde pareil –, mais aussi d’avoir la capacité de libérer les joueurs pour toutes les fenêtres FIFA pour aller se confronter. » « Content » qu’un nouveau sélectionneur arrive, Samuel Garcia insiste sur l’importance d’un nouveau cycle pour l’équipe de Tahiti. « Dans le football, ce qui est important, c’est le renouvellement avec une nouvelle philosophie, indique le coach. Le prochain sélectionneur, bien sûr que je vais lui souhaiter le meilleur, il pourra aussi compter sur nous pour pouvoir l’accompagner. Surtout que là, on a quelque chose qui se profile, donc je pense que le futur sélectionneur, il aura pour premier objectif les Jeux du Pacifique, donc ça va être quelque chose de merveilleux. Ce que je lui dirais, c’est de se faire son idée, de regarder ce qui a été fait, et surtout de venir bien s’adapter et de bien comprendre le mode de fonctionnement d’un Polynésien. » ©OFC/ FB fédération tahitienne de football |
